Max Born, physicien juif et pionnier de l'interprétation probabiliste de la mécanique quantique

Né le 11 décembre 1882 à Breslau, Max Born est l'un des architectes de la mécanique quantique, récompensé par le prix Nobel de physique en 1954. Contraint à l'exil par le régime nazi en raison de ses origines juives, il a poursuivi en Grande-Bretagne une œuvre qui continue d'irriguer la physique contemporaine. Son parcours illustre aussi le destin de nombreux savants juifs allemands chassés par le Troisième Reich.

3 min de lecturePar la rédaction
Max Born, physicien juif et pionnier de l'interprétation probabiliste de la mécanique quantique
Photo : Public domain · Wikimedia Commons

Max Born voit le jour le 11 décembre 1882 à Breslau, dans l'Empire allemand, au sein d'une famille dont le père est professeur de médecine. Orphelin de mère dès l'âge de quatre ans, il grandit dans cet environnement universitaire qui oriente très tôt sa vocation scientifique. Ses origines juives, mentionnées comme telles dans les sources biographiques disponibles, marqueront plus tard son existence lorsque le nazisme le contraindra à l'exil.

Des études entre Breslau, Zurich et Göttingen

Max Born entame ses études de sciences en 1901 à Breslau, avant de les poursuivre à Zurich puis à Heidelberg. Il achève son parcours universitaire à Göttingen, où il soutient en 1906 une thèse consacrée à la stabilité des lignes élastiques dans le plan et dans l'espace. C'est dans cette ville qu'il construira l'essentiel de sa carrière scientifique, aux côtés de figures majeures de la physique du XXe siècle.

Il collabore d'abord avec Hermann Minkowski sur la théorie de la relativité restreinte, puis s'intéresse à la dynamique des atomes dans les cristaux, sujet auquel il consacre un ouvrage publié en 1915. Réformé pour cause d'asthme pendant la Première Guerre mondiale, il passe une partie du conflit à Berlin, où il travaille notamment avec Max Planck et Albert Einstein.

Göttingen, laboratoire de la mécanique quantique

En 1921, Max Born est nommé professeur de physique théorique à Göttingen. Il concentre alors ses recherches sur la physique quantique naissante. Avec Pascual Jordan, il développe la mécanique matricielle initialement introduite par Werner Heisenberg, une avancée décisive dans la formalisation de la théorie quantique. Il devient également un pionnier de la théorie quantique des solides, à travers ce que l'on appelle aujourd'hui les conditions de Born-Von Karman, ainsi que de l'électrodynamique non linéaire, connue sous le nom de théorie de Born-Infeld.

C'est à cette période que Max Born formule sa contribution la plus durable : il est le premier à interpréter le carré du module de la fonction d'onde comme une densité de probabilité de présence. Cette lecture statistique de la mécanique quantique deviendra un pilier de la physique moderne, adopté et enseigné dans le monde entier.

L'exil imposé par le nazisme

Juif, Max Born doit émigrer en Grande-Bretagne à l'avènement du Troisième Reich. Il s'installe d'abord à Cambridge en 1933, avant de devenir professeur à Édimbourg en 1936. Cet exil, partagé par de nombreux scientifiques juifs allemands de sa génération, l'éloigne pendant deux décennies de l'Allemagne où il avait construit sa carrière. Il ne fera son retour en Allemagne qu'en 1953, pour s'établir de nouveau à Göttingen jusqu'à sa mort.

Le prix Nobel et l'engagement pour la paix

La Royal Society lui décerne la médaille Hughes en 1950. Quatre ans plus tard, en 1954, Max Born reçoit la moitié du prix Nobel de physique, l'autre moitié étant remise à Walther Bothe, « pour ses recherches fondamentales en mécanique quantique, particulièrement pour son interprétation statistique de la fonction d'onde ». Cette distinction consacre officiellement l'apport théorique qu'il avait formulé plusieurs décennies plus tôt à Göttingen.

Au-delà de la physique, Max Born s'engage publiquement sur les dangers du nucléaire. Il compte parmi les onze signataires du manifeste Russell-Einstein, texte qui alerte sur les risques des armes nucléaires et appelle les dirigeants du monde à privilégier des solutions pacifiques aux conflits internationaux. Il figure également parmi les scientifiques connus sous le nom des « 18 de Göttingen ».

Un héritage scientifique et familial

Max Born meurt le 5 janvier 1970 à Göttingen ; son épouse disparaît en 1972. Il est le père de Gustav Victor Rudolf Born et le grand-père maternel de la chanteuse et actrice Olivia Newton-John, ainsi que l'arrière-grand-père de Chloe Rose Lattanzi. Cette filiation, souvent rappelée dans les biographies qui lui sont consacrées, témoigne de la façon dont son nom continue de circuler bien au-delà des cercles de la physique théorique.

Son interprétation probabiliste de la fonction d'onde demeure aujourd'hui un fondement enseigné dans toutes les formations en physique quantique. La mécanique matricielle, les conditions de Born-Von Karman et la théorie de Born-Infeld restent des références citées dans la recherche contemporaine, preuve que l'œuvre de Max Born a largement dépassé son époque.

Questions fréquentes

Pourquoi Max Born a-t-il reçu le prix Nobel de physique ?
Il a reçu la moitié du prix Nobel de physique 1954 pour son interprétation statistique de la fonction d'onde, qui donne au carré de son module le sens d'une densité de probabilité de présence.
Pourquoi Max Born a-t-il dû quitter l'Allemagne dans les années 1930 ?
Juif, il a été contraint à l'exil à l'avènement du Troisième Reich, s'installant d'abord à Cambridge en 1933 puis à Édimbourg en 1936, avant de rentrer en Allemagne en 1953.
Quel lien Max Born avait-il avec Olivia Newton-John ?
Max Born était le grand-père maternel de la chanteuse et actrice Olivia Newton-John, et l'arrière-grand-père de Chloe Rose Lattanzi.

Sources : Wikipédia

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