Harry Houdini : du fils de rabbin hongrois au plus grand évadé de l'histoire du spectacle

Né Ehrich Weisz le 24 mars 1874 à Budapest, Harry Houdini est devenu l'illusionniste le plus célèbre de son temps grâce à ses numéros d'évasion spectaculaires. Fils d'un rabbin émigré aux États-Unis, il a bâti une carrière entre prestidigitation, cinéma et croisade contre les faux médiums. Un siècle après sa mort, son nom reste synonyme d'exploit impossible.

3 min de lecturePar la rédaction
Harry Houdini : du fils de rabbin hongrois au plus grand évadé de l'histoire du spectacle
Photo : Nipin Niravath / Pexels

Le 24 mars 1874, Ehrich Weisz naît à Budapest, alors dans l'Autriche-Hongrie. Son père, Mayer Samuel Weisz, est rabbin ; sa mère se nomme Cecilia Steiner. La famille compte sept enfants. En 1878, à l'âge de quatre ans, Ehrich émigre aux États-Unis avec sa mère et ses frères pour rejoindre le père, déjà installé depuis deux ans.

Une enfance américaine marquée par la précarité

La famille Weisz s'installe d'abord à Appleton, dans le Wisconsin, où le père officie comme rabbin de la communauté juive réformée de Sion. Après avoir perdu cette charge, il part pour New York avec Ehrich en 1887 ; le reste de la famille les rejoint plus tard. Enfant, Ehrich enchaîne les petits emplois : vendeur de cravates, messager, apprenti serrurier. Il devient aussi champion de cross-country et se produit dès l'âge de neuf ans comme trapéziste sous le nom de « Ehrich, le prince des airs ».

C'est au début des années 1890 qu'il adopte le pseudonyme Houdini, en hommage à l'illusionniste français Jean-Eugène Robert-Houdin. En 1893, il épouse Wilhelmina Béatrice Rahner, dite Bess, qui rejoint son numéro. La même période le voit compagnon de tournée des Trois Keaton, troupe dans laquelle se produit le jeune Buster Keaton.

L'évasion comme signature artistique

Houdini se fait connaître du grand public en 1898, lorsqu'il défie la police de Chicago de le retenir enfermé plus de trente minutes dans une de ses cellules. Il s'en libère en trois minutes, grâce à un passe-partout dissimulé dans son œsophage, une technique apprise auprès d'un avaleur de sabre rencontré sur les foires. Ses numéros les plus célèbres consistent à s'échapper d'une malle remplie d'eau, enchaînée et cadenassée, ou d'un bidon métallique scellé.

Cette maîtrise du secret et de la mise en scène fait rapidement de lui une figure incontournable du spectacle américain, dont la réputation dépasse largement le cercle des magiciens.

Le pourfendeur des médiums

Alors que le spiritisme gagne en popularité, Houdini parcourt le pays pour démasquer les médiums, révélant publiquement les trucs qu'ils utilisent. Il consigne ses enquêtes dans des ouvrages comme Miracle Mongers and their Methods ou A Magician Among the Spirits. Cette activité le place au cœur d'un débat scientifique sur l'authenticité des phénomènes paranormaux, et lui vaut l'amitié, puis la rupture, avec Arthur Conan Doyle, le créateur de Sherlock Holmes. Adepte du spiritisme, Doyle restera convaincu que Houdini possédait lui-même des pouvoirs surnaturels, une thèse qu'il développe dans son livre Les Frontières de l'inconnu.

En 1906, Houdini publie The Unmasking of Robert-Houdin, un livre où il attaque la réputation du magicien français dont il avait pourtant emprunté le nom. La légitimité de cette charge reste discutée parmi les prestidigitateurs, certains y voyant la volonté de Houdini de s'imposer comme le plus grand magicien de tous les temps.

Une incursion dans le cinéma naissant

Houdini élargit son répertoire au cinéma dans les années 1920. En 1920, il tient le rôle principal de Houdini le maître du mystère, série de quinze épisodes qui introduit l'un des premiers robots à l'écran. En 1922, il coscénarise et joue dans L'Homme de l'au-delà, où il incarne un homme resté cent ans dans la glace avant de revenir à la vie.

Une mort brutale à Détroit

Le 22 octobre 1926, au Princess Theatre de Montréal, un étudiant de l'université McGill, Joselyn Gordon Whitehead, frappe violemment Houdini au ventre, sans que celui-ci ait eu le temps de se préparer, alors qu'il avait l'habitude d'inviter le public à tester sa résistance aux coups. Quelques jours plus tard, à Détroit, un médecin lui diagnostique une forte fièvre, mais Houdini refuse d'annuler sa représentation. Le jour d'Halloween, il meurt d'une péritonite consécutive à une rupture de l'appendice. Le lien entre cette rupture et les coups reçus à Montréal reste, selon les sources, un sujet de controverse, Houdini souffrant déjà de douleurs abdominales depuis plusieurs mois.

Un héritage toujours vivant

Selon les sources disponibles, le judaïsme d'Houdini a fait l'objet de plusieurs études, et l'illusionniste est enterré dans un cimetière juif. Il confiait chercher, à travers ses enquêtes sur le spiritisme, un moyen d'entrer en contact avec l'esprit de sa mère, disparue en 1913. Aujourd'hui encore, son nom sert de référence aux magiciens engagés dans le scepticisme scientifique, à l'image de James Randi ou de Gérard Majax. Un siècle après sa disparition, Houdini demeure la figure la plus universellement associée à l'art de l'évasion.

Questions fréquentes

Quel est le vrai nom de Harry Houdini ?
Il est né Ehrich Weisz, le 24 mars 1874 à Budapest, avant d'adopter le pseudonyme Houdini en hommage au magicien français Jean-Eugène Robert-Houdin.
Pourquoi Houdini s'est-il opposé aux médiums spiritualistes ?
Il consacrait une partie de sa carrière à démasquer les supercheries des médiums, tout en espérant secrètement entrer en contact avec l'esprit de sa mère disparue en 1913.
Comment Harry Houdini est-il mort ?
Il est mort le 31 octobre 1926 à Détroit d'une péritonite consécutive à une rupture de l'appendice, quelques jours après avoir reçu des coups violents au ventre à Montréal.

Sources : Wikipédia

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