Un tronçon de l'aqueduc hasmonéen de 2 000 ans mis au jour à Jérusalem

L'Autorité des antiquités d'Israël a annoncé la mise au jour d'un tronçon de 300 mètres de l'aqueduc inférieur de Jérusalem, construit à l'époque hasmonéenne, près du kibboutz Ramat Rachel. Ce système alimentait autrefois le Mont du Temple en eau depuis la région de Gush Etzion, via les Bassins de Salomon. La découverte intervient sur un terrain destiné à un nouveau quartier de la capitale.

2 min de lecturePar la rédaction
Un tronçon de l'aqueduc hasmonéen de 2 000 ans mis au jour à Jérusalem
Photo : Illustration générée par IA

L'Autorité des antiquités d'Israël (IAA) a annoncé dimanche la découverte d'un tronçon de 300 mètres de l'aqueduc inférieur de Jérusalem, au sud du kibboutz Ramat Rachel. Cette portion appartient à un vaste système hydraulique construit, selon les archéologues, à l'époque des rois hasmonéens, il y a environ 2 000 ans. L'excavation, financée par l'Autorité israélienne des terres (ILA), se situe sur une zone prévue pour l'implantation d'un nouveau quartier dans le sud de la capitale.

Un aqueduc hasmonéen pensé pour la gravité

L'aqueduc reliait les Bassins de Salomon, au sud de Bethléem, au Mont du Temple, sur un parcours d'environ 21 kilomètres. Les directeurs de fouilles Benyamin Storchan et Gil Freid expliquent que l'eau circulait uniquement par gravité, avec une dénivellation d'à peine un mètre par kilomètre. Les architectes hasmonéens avaient installé des points d'accès le long du canal pour permettre le nettoyage et l'entretien régulier. Selon eux, « le système était si bien conçu qu'il est resté en usage intermittent jusqu'à il y a une centaine d'années ».

Le tronçon mis au jour révèle plusieurs phases de transformation. À l'origine, l'eau circulait dans un canal maçonné et enduit de plâtre. Environ 500 ans plus tard, durant la période ottomane, des tuyaux en céramique ont été insérés dans le canal d'origine, et la paroi extérieure a été recouverte d'un enduit dans lequel de petits galets ont été pressés, créant une finition distinctive. Pour Amit Re'em, archéologue du district de Jérusalem à l'IAA, il s'agit d'« une prouesse d'ingénierie » : « Même aujourd'hui, avec toute notre technologie moderne, construire un tel système exigerait une planification considérable. »

Les réactions des autorités israéliennes

Yehuda Eliyahu, directeur par intérim de l'ILA, estime que cette découverte « rappelle que nous poursuivons une chaîne glorieuse de générations de bâtisseurs ». Il affirme que l'intégration de l'aqueduc à l'entrée du futur quartier offrira aux résidents et visiteurs « un lien direct avec l'histoire riche de Jérusalem et avec le lien profond du peuple d'Israël avec sa capitale éternelle ». Le ministre du Patrimoine Amichai Eliyahu a salué de son côté « une direction qui savait penser à long terme, pour élargir la capacité de Jérusalem à accueillir résidents, pèlerins et vie publique autour du Temple ».

La suite : un parc continu jusqu'à la Vieille Ville

L'IAA et l'ILA prévoient de préserver l'aqueduc et de l'intégrer à l'entrée principale du futur quartier, rendant les vestiges accessibles au public. Amit Re'em indique que l'Autorité des antiquités souhaite développer, avec la municipalité de Jérusalem, un parc continu permettant de longer l'aqueduc à pied depuis le sud de la ville jusqu'à la Vieille Ville. La recherche sur cet aqueduc doit être présentée cette semaine lors de la 19e conférence « New Studies in the Archaeology of Jerusalem and Its Region », organisée à Jérusalem et à Tel-Aviv par l'IAA, l'Université de Tel-Aviv, l'Université hébraïque et l'Institut Tagliyot.

Questions fréquentes

Où a été découvert l'aqueduc hasmonéen ?
Un tronçon de 300 mètres a été mis au jour au sud du kibboutz Ramat Rachel, dans une zone prévue pour un nouveau quartier de Jérusalem.
Quel était le rôle de cet aqueduc ?
Il acheminait l'eau des Bassins de Salomon, près de Bethléem, jusqu'au Mont du Temple à Jérusalem, sur environ 21 kilomètres, uniquement par gravité.
Que va-t-il advenir des vestiges ?
L'Autorité des antiquités et l'Autorité des terres prévoient de les intégrer à l'entrée du futur quartier et de créer un parc accessible au public jusqu'à la Vieille Ville.

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