Tsahal annonce une nouvelle branche dédiée à l'intelligence artificielle et aux drones
Le chef d'état-major de Tsahal, le général Eyal Zamir, a annoncé la création d'une nouvelle branche militaire consacrée aux systèmes sans pilote et à l'intelligence artificielle. Cette unité, dont l'ouverture est prévue pour Hanouka, doit superviser des robots maritimes, terrestres et aériens capables d'opérer aux côtés des soldats ou de façon autonome.

Le général Eyal Zamir a indiqué, mardi, avoir finalisé la création d'une branche militaire entièrement dédiée aux systèmes sans pilote et à l'intelligence artificielle. Selon un communiqué de Tsahal cité par JNS, le chef d'état-major s'exprimait lors de la cérémonie de remise des diplômes du 153e cours d'officiers de marine, à la base navale de Haïfa. Il a qualifié cette évolution de « transformation d'une génération », affirmant que l'armée israélienne entendait devenir un acteur de référence mondial dans ce domaine.
Une transformation annoncée pour Hanouka
D'après Zamir, la nouvelle branche développera des systèmes robotiques maritimes, terrestres et aériens capables d'opérer en appui de forces humaines ou de mener des missions de façon indépendante. « La vision deviendra bientôt réalité », a-t-il déclaré, précisant avoir ordonné que la branche soit officiellement inaugurée pendant Hanouka, soit en décembre. Aucun détail supplémentaire sur son organisation interne ou ses effectifs n'a été communiqué à ce stade.
Le chef d'état-major a profité de cette allocution pour évoquer un autre chantier de modernisation de la marine israélienne : l'arrivée prochaine à Haïfa de l'INS Drakon, sixième sous-marin de la flotte, parti du chantier naval TKMS de Kiel, en Allemagne, le 2 septembre. Ce navire doit, selon lui, symboliser la transformation de la marine en « une force stratégique puissante capable d'atteindre toute menace au Moyen-Orient et au-delà ».
L'industrie de défense accélère sur les essaims de drones
Cette annonce intervient alors que l'industrie israélienne présente déjà des solutions concrètes dans ce domaine. Le Jerusalem Post a visité, la semaine où l'annonce a été faite, les installations de FUSE, une filiale d'Elbit Systems née de la fusion d'au moins quatre entités, qui a dévoilé une gamme de drones et de robots terrestres conçus pour opérer en essaims massifs. Selon la vision présentée par FUSE, quelques soldats pourraient à terme diriger simultanément des dizaines, voire des centaines de drones et de véhicules autonomes, certains en forme de chars, d'autres de chiens ou de chauves-souris, pour défendre une frontière ou investir un quartier urbain.
Eyal Dahan, directeur général de FUSE, a expliqué au Jerusalem Post que « l'efficacité au combat dépendra de plus en plus de la capacité à intégrer et coordonner en temps réel de grands nombres de systèmes autonomes au sein des forces de manœuvre existantes ». Il a présenté Dominion-X, un système d'exploitation fondé sur l'IA qui permet une coordination centralisée d'essaims aériens et terrestres, y compris dans des environnements privés de signal GPS. Selon FUSE, ses technologies cumulent plus d'un million d'heures de vol opérationnel et cent mille heures d'opérations terrestres autonomes, avec des livraisons dans plusieurs pays, principalement en Israël, aux États-Unis et en Europe.
Le maintien d'une décision humaine mise en avant
Interrogés par le Jerusalem Post, des responsables d'Elbit ont insisté sur le fait que ces essaims de robots et de drones ne remplaceront pas entièrement les soldats. Dahan a précisé qu'en défense, moins de personnel pourrait être nécessaire pour superviser les systèmes autonomes, alors qu'en attaque, davantage de soldats pourraient au contraire être mobilisés selon la mission. Sur le plan éthique, ces mêmes responsables ont affirmé qu'un humain doit toujours valider les décisions de ciblage, afin de limiter les risques pour les civils, quelle que soit la sophistication des capteurs embarqués.
Cette annonce s'inscrit dans une course mondiale à la production de masse de drones. L'Ukraine a annoncé en juillet avoir atteint un rythme de production de dix millions de drones tactiques par an, avec l'objectif de le doubler, tandis que la Chine et les États-Unis développent également des capacités de fabrication à grande échelle, selon les informations rapportées par le Jerusalem Post.
Un contexte de préparation renforcée
Cette annonce survient quelques jours après un exercice surprise baptisé « Breaking Dawn 2.0 », mené dimanche pour tester la préparation de Tsahal face à un scénario multi-fronts soudain, à l'approche des fêtes de Tichri. Selon JNS, cet exercice national non annoncé a mobilisé commandements régionaux, directions et branches sans préavis, testant les réponses à des infiltrations terrestres, aériennes et maritimes, à des tirs de projectiles, à des incidents à victimes multiples et à des scénarios d'enlèvement. Des forces de réserve, dont des bataillons et des unités spéciales, ont également été activées. Tsahal a indiqué qu'un bilan approfondi de cet exercice serait mené.
La création de cette branche dédiée à l'IA et aux systèmes sans pilote s'ajoute donc à un ensemble de chantiers de modernisation, entre renouvellement de la flotte sous-marine et intensification des exercices de préparation. Les prochaines semaines, jusqu'à l'inauguration prévue pour Hanouka, devraient permettre de préciser le périmètre exact de cette nouvelle structure et son articulation avec les industries de défense israéliennes déjà engagées sur ces technologies.
Questions fréquentes
- Quand la nouvelle branche de Tsahal sera-t-elle opérationnelle ?
- Le général Eyal Zamir a ordonné son inauguration pour la période de Hanouka, soit en décembre, selon un communiqué de Tsahal.
- Quels types de systèmes cette branche va-t-elle superviser ?
- Des systèmes robotiques maritimes, terrestres et aériens, capables d'opérer en appui de soldats ou de manière autonome, selon les déclarations de Zamir.
- L'humain reste-t-il impliqué dans les décisions de ciblage ?
- Oui, selon des responsables d'Elbit, un humain doit valider les décisions de ciblage même lorsque les systèmes sont pilotés par intelligence artificielle.
Sources : The Jerusalem Post, JNS



