Le Shin Bet lance un programme d'études islamiques pour combler les failles du 7 octobre
Le Shin Bet prépare un nouveau programme d'études islamiques, à l'initiative de son directeur David Zini, pour corriger les lacunes de compréhension de l'idéologie du Hamas mises en évidence après le 7 octobre. Ce cursus viendra compléter l'institut d'arabe déjà existant au sein de l'agence de sécurité intérieure.

Le Shin Bet s'apprête à créer un programme d'études islamiques destiné à ses agents, selon des informations du Jerusalem Post. L'initiative, portée par le directeur de l'agence David Zini, répond directement aux conclusions des enquêtes internes sur les défaillances de renseignement du 7 octobre, en particulier l'incapacité à saisir en profondeur l'idéologie du Hamas et les ressorts de l'extrémisme religieux.
Un constat d'échec sur la compréhension de l'islam
Les investigations menées au sein de la communauté du renseignement israélien pointent un défaut structurel : une méconnaissance de l'islam, de ses courants et de ses interprétations, ainsi que de la culture palestinienne, notamment à Gaza. Ce défaut a pesé lourd alors même que les services disposaient, avant l'attaque, d'un volume considérable de renseignements de qualité sur les intentions du Hamas. Les analystes n'ont pas su relier cette information à la radicalisation croissante du mouvement depuis la libération de Yahya Sinwar, ni à l'héritage idéologique du cheikh Ahmed Yassin au sein de l'organisation.
Un responsable du renseignement a confié à Walla qu'Israël avait sous-estimé l'ampleur de la haine et de l'extrémisme du Hamas. « Nous n'avions pas compris à quel point le Hamas nous haïssait, à quel point il refusait tout compromis, à quel point il était prêt à justifier des atrocités comme le viol et l'enlèvement d'enfants », a-t-il déclaré, rappelant que la légitimation des attentats-suicides, il y a plus de quarante ans, annonçait déjà cette trajectoire.
Selon les mêmes sources, la montée en puissance du renseignement technique — interception des appels, des communications radio, des messages WhatsApp et des courriels — a progressivement réduit l'intérêt porté à l'expertise islamique au sein du Shin Bet. Les centres spécialisés dans l'étude de l'islam radical se sont étiolés, affaiblissant à terme la connaissance fine de l'ennemi.
Un programme piloté par David Zini
Le nouveau cursus s'ajoutera à l'institut d'arabe du Shin Bet, déjà réputé pour ses standards professionnels élevés et qui forme occasionnellement du personnel de Tsahal. Il réunira des enseignants, des experts thématiques ainsi que des responsables en poste ou retraités pour dispenser un enseignement approfondi sur l'islam. David Zini a également décidé d'y intégrer un volet de recherche, avec des contenus adaptés aux défis opérationnels propres à chaque terrain d'action de l'agence.
L'objectif affiché est de renforcer la compréhension de la religion et de ses différentes lectures chez des agents issus de métiers très divers, afin d'éviter que le fossé entre le discours quotidien des organisations terroristes et les convictions profondes inculquées à leurs cadres dès l'enfance ne soit à nouveau négligé.
La suite : recrutement et conditions de travail
Parallèlement à ce chantier professionnel, David Zini mène un effort pour améliorer les conditions d'emploi au sein du Shin Bet, dégradées depuis dix ans malgré la complexité croissante des missions. Des discussions avec le ministère des Finances sont attendues après les élections, notamment sur les salaires, afin d'attirer une nouvelle génération de recrues qualifiées vers l'agence.
Questions fréquentes
- Pourquoi le Shin Bet crée-t-il ce programme d'études islamiques ?
- Les enquêtes sur le 7 octobre ont révélé une méconnaissance de l'idéologie du Hamas et des courants de l'islam radical, malgré un renseignement technique abondant avant l'attaque.
- Qui dirige cette initiative au sein du Shin Bet ?
- Le directeur de l'agence, David Zini, qui pilote à la fois le nouveau cursus islamique et un effort parallèle pour améliorer les conditions de travail du personnel.
- Ce programme remplace-t-il l'institut d'arabe du Shin Bet ?
- Non, il viendra s'ajouter à cet institut déjà existant, qui forme le personnel à la langue arabe et conserve des standards professionnels élevés.
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