Revue de presse des médias et mouvements pro-palestiniens : leurs titres, leurs arguments, avec lien vers l’article original.
Chaque jour, nous décryptons la propagande adverse. Nous lisons ce que ces médias publient sur Israël et le monde juif, et nous le confrontons aux faits.
Ce qu’ils écrivent : leur thèse, résumée fidèlement, citée et attribuée.
Ce que disent les faits : chiffres, dates, démentis et déclarations officielles, chacun avec sa source.
Ce qui n’est pas dit : le contexte qu’ils omettent.
Al Jazeera affirme que le président Isaac Herzog a confié à Gadi Eisenkot, et non à Benjamin Netanyahou, la mission de former le prochain gouvernement israélien. Mais les deux articles du média, publiés à quelques heures d'intervalle le 7 novembre, montrent eux-mêmes qu'aucune majorité n'est acquise et que le processus n'en est qu'à son premier stade.
Europalestine affirme que Donald Trump a annoncé, dans un entretien à Fox News, la cessation de l'aide militaire américaine à Israël d'ici fin 2026. Le site évoque un accord conclu avec Benjamin Netanyahou, mais son propre texte rapporte dans la foulée des démentis et des contradictions qui fragilisent cette annonce.
Al Jazeera et le site Europalestine affirment qu'Israël bloque l'entrée d'abris préfabriqués et de tentes à Gaza, aggravant la détresse des familles déplacées pendant la première tempête de l'hiver. Ces articles s'appuient exclusivement sur des sources palestiniennes et militantes, sans citer aucune réaction israélienne.
Al Jazeera affirme que des « colons » ont saisi huit maisons palestiniennes près de Jéricho en utilisant des munitions réelles et en frappant des habitants, déplaçant des dizaines de personnes. Les documents de référence montrent une opération d'achat organisée et documentée, et une source censée confirmer la violence qui la qualifie elle-même d'« invérifiée ».
Al Jazeera affirme qu'Israël a fermé la mosquée Ibrahimi de Hébron aux fidèles palestiniens pour réserver le site aux « colons » à l'occasion d'une fête juive. Les documents consultés montrent qu'il s'agit d'un rassemblement annuel de pèlerins juifs, encadré par un dispositif sécuritaire de grande ampleur, et non d'une mesure inédite visant exclusivement les Palestiniens.
Al Jazeera et le groupe de défense Adalah affirment que l'arrestation du journaliste Abed Abou Shhadeh vise à museler les voix palestiniennes après son entretien avec Azmi Bishara. Le récit de l'agence elle-même contient pourtant des éléments qui nuancent cette thèse : un soupçon judiciaire précis, une procédure encadrée par un tribunal et des arguments de la défense rapportés par la presse israélienne.
Al Jazeera affirme que l'opposition israélienne attribue à Benjamin Netanyahou l'érosion du soutien américain après la victoire démocrate au Congrès. Les documents de référence israéliens et la propre tribune du vice-président JD Vance montrent une réalité plus nuancée, où la guerre contre l'Iran et l'inflation pèsent au moins autant que la question israélienne.
Al Jazeera présente Adam Hamawy, futur élu démocrate du New Jersey, comme un témoin direct d'un « génocide » israélien à Gaza. Cette qualification, reprise par le candidat lui-même et par une organisation militante, repose dans le texte sur des témoignages personnels, sans référence à une source indépendante. JForum rappelle qu'elle s'inscrit dans une vague plus large de candidats démocrates employant le même terme, qui inquiète Israël quant à l'avenir du soutien bipartisan au Congrès.
Al Jazeera reprend l'accusation de militants des droits humains selon laquelle l'interdiction de Palestine Action par le Royaume-Uni relèverait d'un « misuse of terrorism powers ». Le média passe sous silence l'intervention d'organisations juives britanniques devant la Cour suprême pour défendre cette interdiction, ainsi que l'origine de la proscription.
Al Jazeera et Europalestine décrivent un « siège » de dix jours à Hébron ayant provoqué des destructions massives et le déplacement forcé de 3 300 Palestiniens. Le dossier judiciaire israélien, documenté par le Jerusalem Post, révèle des chiffres contestés, une justification militaire floue et une procédure déjà engagée devant la Cour suprême.
Al Jazeera affirme, en citant l'ONG Euro-Med Human Rights Monitor, qu'Israël empêcherait 1 100 enfants amputés de Gaza d'être soignés à l'étranger. L'article ne repose que sur cette seule organisation, qui va jusqu'à évoquer un génocide, sans qu'aucune réponse israélienne n'y figure.
Europalestine affirme qu'un siège militaire israélien de 11 jours à Hébron a provoqué, selon la municipalité locale, le déplacement de milliers de Palestiniens. Le texte lui-même parle de 4 969 personnes, pas de 4 000 familles, et ne cite aucune source indépendante ni aucune réaction de Tsahal.
Al Jazeera affirme que près de 1 600 Palestiniens ont été tués à Gaza depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu en octobre. Ce chiffre, présenté comme un fait établi, provient exclusivement du ministère de la Santé de Gaza, une administration qui était dirigée par le Hamas. Les textes eux-mêmes révèlent des zones d'ombre que la présentation du bilan passe sous silence.
Le site Europalestine affirme, en citant une enquête du quotidien saoudien Asharq Al-Awsat relayée par le journal algérien Al-Ahrar, que les forces israéliennes auraient appelé leurs victimes à Gaza et au Liban pour leur imposer un choix entre mourir seules ou avec leurs proches. Cette accusation ne s'appuie, dans le texte lui-même, sur aucune déclaration du Shin Bet, de Tsahal ou du gouvernement israélien, ni sur un lien direct vers l'enquête originale.
Al Jazeera affirme que les compagnies pétrolières américaines ont engrangé plus de 130 milliards de dollars de profits pendant la guerre contre l'Iran, pendant que les ménages paient plus cher à la pompe. Cette estimation, reprise de calculs du New York Times, laisse de côté le coût militaire réel du conflit et les négociations en cours qui pourraient en changer la donne.
Al Jazeera affirme qu'Israël a « assiégé » Hébron pendant dix jours, chassant des familles de chez elles et causant des dégâts massifs avant un retrait. Les deux articles du média qatari s'appuient toutefois uniquement sur le gouverneur de Hébron et sur un comité de l'Autorité palestinienne, sans qu'aucun chiffre ne soit vérifié de façon indépendante ni qu'un porte-parole de Tsahal ne soit cité.
Trois articles d'Al Jazeera English décrivent une « guerre des États-Unis et d'Israël contre l'Iran » qui ruinerait l'Asie-Pacifique et menacerait de reprendre après les élections américaines du 3 novembre. Les documents disponibles montrent une situation plus disputée : Donald Trump lui-même conteste la qualification de « guerre » et des négociations avancent à Doha.
Le site Europalestine reprend les propos de Chris Sidoti, membre d'une commission d'enquête de l'ONU, selon qui la mort d'un grand nombre d'enfants à Gaza résulterait d'une stratégie militaire israélienne délibérée. L'article ne cite ni réaction israélienne ni source indépendante vérifiant ces conclusions.
Al Jazeera affirme qu'Israël renforce ses liens avec le Somaliland alors que la Somalie conteste ses motivations, évoquant un intérêt pour la mer Rouge. Les communiqués officiels et les déclarations des deux présidents racontent une histoire plus documentée, construite depuis la reconnaissance mutuelle de décembre 2025.
Al Jazeera affirme que Mohammed Hamad, 14 ans, a été tué le 17 octobre par une frappe israélienne visant délibérément la route menant à son école, à Deir el-Balah. Cette version repose sur le témoignage du père de l'adolescent et sur des chiffres communiqués par le ministère de la Santé de Gaza, une administration que le Hamas contrôlait avant la guerre. Aucune réponse de Tsahal ni élément de vérification indépendante n'est cité dans l'article.
Une campagne publicitaire d'Adidas mettant en scène Shalev Biton, ancien combattant de Tsahal amputé d'une jambe, a déclenché un appel au boycott mondial sous le mot-clé #BoycottAdidas. Des militants pro-palestiniens, rejoints par des personnalités comme l'acteur Javier Bardem, dénoncent un choix « indécent » au regard des amputations subies par des civils à Gaza.