Taux directeur à 3,75 % : ce que la baisse change vraiment pour les acheteurs étrangers
La Banque d'Israël a abaissé le 26 mai son taux directeur à 3,75 %, deuxième baisse de l'année. Si la mesure allège mécaniquement la mashkanta, son effet réel dépend surtout de la devise de l'acheteur, dollar, euro ou shekel. Les derniers chiffres du Ministère des Finances montrent déjà une recomposition nette des acheteurs étrangers en Israël.

Un cycle de baisse désormais installé
Le taux directeur israélien, qui culminait à 4,75 % au plus fort de la lutte contre l'inflation, est passé par paliers à 4,5 %, 4,25 %, 4 % le 5 janvier 2026, puis 3,75 % le 26 mai. La Banque d'Israël justifie cette trajectoire par une inflation revenue à 1,9 % sur un an, dans sa cible, et anticipe au moins deux nouvelles baisses d'ici décembre, ce qui porterait le taux à 3,25-3,5 %.
L'effet chiffré sur la mashkanta
Selon l'Association israélienne des conseillers en hypothèques, sur un prêt de 1 000 000 NIS dont 450 000 NIS en track prime, la seule baisse du 26 mai fait gagner 67 NIS par mois, soit environ 20 000 NIS sur toute la durée du prêt. Cumulé depuis le pic de 4,75 %, le gain mensuel sur cette tranche atteint environ 270 NIS, et plus de 80 000 NIS sur la vie du crédit. L'association rappelle toutefois que les mensualités restent supérieures à ce qu'elles étaient avant le cycle de hausse, alors que les prix des logements ont continué de progresser.
Le taux de change, un facteur souvent plus décisif que le taux d'intérêt
Le shekel s'est apprécié de 8,3 % face au dollar et de 7,2 % face à l'euro depuis la précédente décision de taux ; sur un an, le dollar a perdu 13,6 % face au shekel, contre seulement 4 % pour l'euro. Concrètement, un appartement à Netanya à 2 000 000 NIS coûtait environ 480 000 USD il y a un an ; il revient aujourd'hui à environ 556 000 USD, soit 80 000 dollars de plus, uniquement à cause du change. Cette perte de pouvoir d'achat explique en grande partie pourquoi les acheteurs américains, qui représentaient 60 % des acheteurs étrangers au premier trimestre 2025 (248 appartements), n'en pèsent plus que 49 % au premier trimestre 2026 (238 appartements), selon le Ministère des Finances. À l'inverse, les acheteurs français ont progressé de 55 % sur un an, à 130 transactions, et pèsent désormais 26,7 % du total étranger ; les Britanniques passent de 37 à 57 achats.
Des géographies d'achat qui divergent selon la communauté
Les Américains restent concentrés sur Jérusalem (52,5 % de leurs achats, 125 appartements), avec un prix médian de 5,1 millions NIS (environ 1,42 million USD) et 5,95 millions NIS dans le neuf. Les Français privilégient Netanya (35 transactions), puis Jérusalem et Tel-Aviv à égalité (28 chacune), avec l'apparition de Bat Yam ; leur prix moyen d'achat s'établit à 2,8 millions NIS (environ 778 000 USD). À l'échelle nationale, le prix moyen d'un appartement atteint 2,33 millions NIS (environ 648 000 USD) selon le CBS, contre 4,59 millions NIS à Tel-Aviv, 1,24 million NIS à Beer Sheva ou 1,8 million NIS à Haïfa.
Acheter maintenant ou patienter
Pour un acheteur en shekels ou en euros, le contexte reste globalement favorable : les prix affichent encore -1,2 % sur un an au niveau national, malgré des hausses locales à Haïfa (+6,9 %) et Netanya (+8,2 %). Pour un acheteur en dollars, la décision est plus délicate, la baisse des taux ne compensant pas la dépréciation du billet vert. Dans tous les cas, un stock record de plus de 86 000 logements neufs invendus offre une marge de négociation réelle face aux promoteurs.
Questions fréquentes
- La baisse du taux directeur profite-t-elle à tous les acheteurs étrangers ?
- Non. Elle allège la mashkanta pour les emprunteurs en shekels, mais ne compense pas la perte de pouvoir d'achat des acheteurs en dollars, dont la monnaie s'est dépréciée de 13,6 % face au shekel en un an.
- Quel est le gain concret sur un crédit immobilier après cette baisse ?
- Sur un prêt de 1 000 000 NIS dont 450 000 NIS en track prime, la baisse fait économiser environ 67 NIS par mois, soit 20 000 NIS sur toute la durée du prêt, selon l'Association israélienne des conseillers en hypothèques.
- Pourquoi les achats français progressent-ils alors que les achats américains reculent ?
- L'euro a mieux résisté face au shekel (-4 % sur un an) que le dollar (-13,6 %), ce qui rend les biens israéliens relativement plus abordables pour les acheteurs français, dont les transactions ont augmenté de 55 %.
Sources : immobilier.co.il — blog



