Élections palestiniennes : Abbas reporte le scrutin à 2027, Paris réclame un revirement
Mahmoud Abbas a reporté au 11 septembre 2027 les élections législatives et présidentielles palestiniennes, initialement prévues fin novembre. La France a exprimé ses regrets et appelé l'Autorité palestinienne à revenir sur sa décision, tandis qu'Israël dénonce des accusations infondées visant à détourner les responsabilités.

Mahmoud Abbas a signé samedi un décret reportant les élections législatives, prévues le 28 novembre, et le scrutin présidentiel associé, au 11 septembre 2027. Le président de l'Autorité palestinienne invoque les obstacles posés par Israël et la situation sécuritaire en Judée et Samarie et à Gaza. La décision, prise après consultation des factions palestiniennes et validée par le Comité exécutif de l'OLP, suscite une vague de critiques, à Ramallah comme dans les capitales occidentales qui ont récemment reconnu un État palestinien.
Un report qui rallume le débat sur les engagements de l'Autorité palestinienne
Ces élections législatives, les premières depuis la victoire du Hamas en janvier 2006, devaient se tenir le 28 novembre, avec un scrutin présidentiel programmé début 2027. Abbas avait déjà annulé un processus similaire en 2021, invoquant alors l'impossibilité d'organiser le vote à Jérusalem-Est. Le nouveau report, fixé à la même date pour les deux scrutins, intervient alors que la France, le Canada, l'Australie et le Royaume-Uni avaient conditionné leur reconnaissance d'un État palestinien, prononcée en septembre 2025, à la tenue d'élections générales. Paris et Ottawa évoquaient un scrutin en 2026, Londres un délai d'un an après un cessez-le-feu, Canberra une promesse sans date précise.
Paris réclame un revirement, Jérusalem dénonce une excuse
Le ministère français des Affaires étrangères a exprimé ses regrets dimanche et appelé l'Autorité palestinienne "à revenir sur sa décision et à organiser des élections législatives et présidentielles dans l'ensemble de la Palestine dans les meilleurs délais". Paris a rappelé que "les principes démocratiques qui sont au fondement même de l'État de Palestine", reconnu par la France, "en dépendent", et a conditionné son soutien à la construction des institutions palestiniennes au respect des engagements pris lors de la reconnaissance.
Le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a rejeté les accusations portées contre Israël par Ramallah, qualifiées de "nouveau mensonge ridicule destiné à échapper à ses responsabilités". Sur le réseau X, l'organisation américaine AIPAC a jugé que "la direction palestinienne a vendu une promesse vide aux Français, aux Britanniques et aux Canadiens, acheteurs empressés", ironisant sur leur embarras. En Israël, le mouvement Regavim et cinq autres organisations, dont le Kohelet Policy Forum, ont demandé à Benjamin Netanyahou la fermeture du consulat général de France à Jérusalem, dénonçant une ingérence française dans la souveraineté israélienne, une semaine après la fermeture du consulat britannique.
Colère à Ramallah, silence sur les sanctions
Côté palestinien, plusieurs candidats et responsables politiques ont dénoncé la décision d'Abbas. Samer Sinijlawi, chef de la liste New Path, a estimé que le report "méprise les espoirs de millions de Palestiniens qui attendaient depuis deux décennies cette occasion démocratique", pointant une manœuvre attribuée au vice-président Hussein al-Sheikh. Mustafa Barghouti, candidat et ancien ministre, a exigé une garantie que le scrutin de septembre 2027 ne soit pas reporté à son tour. Selon le chercheur Avraham Russell Shalev, du Kohelet Policy Forum, "la véritable raison pour laquelle l'Autorité palestinienne ne tient pas d'élections, c'est qu'elle ne veut pas que le Hamas gagne", un mouvement resté populaire selon un sondage récent.
Malgré ces déclarations, aucune sanction ni menace de retrait de reconnaissance n'a pour l'instant été annoncée par la France ou ses partenaires, alors que d'autres engagements pris par Ramallah, comme la fin des paiements aux familles de détenus condamnés pour terrorisme, resteraient également lettre morte.
La suite attendue
Abbas a renvoyé la question à un dialogue national entre factions palestiniennes, sans calendrier précis pour en fixer les modalités. Les capitales occidentales ayant reconnu un État palestinien devront décider si elles maintiennent leur position en l'absence d'élections organisées avant le 11 septembre 2027, date désormais retenue pour le double scrutin législatif et présidentiel.
Questions fréquentes
- Pourquoi Mahmoud Abbas a-t-il reporté les élections palestiniennes ?
- Il invoque les obstacles posés par Israël et la situation sécuritaire en Judée et Samarie et à Gaza, après consultation des factions palestiniennes et validation du Comité exécutif de l'OLP.
- Quand devaient avoir lieu les élections initialement ?
- Le scrutin législatif était prévu le 28 novembre 2026, avec une présidentielle programmée début 2027 ; les deux sont désormais fixés au 11 septembre 2027.
- Quelle est la position d'Israël sur ce report ?
- Le ministre Gideon Saar a qualifié les accusations palestiniennes contre Israël de mensonge ridicule, tandis que des organisations israéliennes réclament la fermeture du consulat de France à Jérusalem.
Dossier Gaza et le Hamas




