Irena Sendler, l'assistante sociale polonaise qui a sauvé 2 500 enfants juifs du ghetto de Varsovie
Née le 15 février 1910 à Varsovie, Irena Sendler est une assistante sociale polonaise catholique qui a organisé, pendant l'occupation allemande, un réseau clandestin d'aide aux familles juives. Selon les sources historiques, ce réseau est à l'origine du sauvetage de 2 500 enfants juifs du ghetto de Varsovie. Elle est reconnue Juste parmi les nations par Yad Vashem en 1965.

Une enfance marquée par la proximité avec la communauté juive
Irena Stanisława Krzyżanowska naît le 15 février 1910 à Varsovie, à l'hôpital du Saint-Esprit où travaille son père, Stanisław Krzyżanowski, médecin membre du Parti socialiste polonais. La famille s'installe à Otwock, ville thermale proche de Varsovie où vit une importante communauté juive. Irena y grandit au contact d'enfants juifs et apprend le yiddish. Son père soigne principalement des patients pauvres, juifs et polonais, sans distinction. Il meurt du typhus en 1917, contracté en soignant des malades pendant une épidémie, cinq jours avant les sept ans de sa fille.
Une jeune femme confrontée à l'antisémitisme universitaire
Étudiante en droit puis en lettres à l'université de Varsovie, Irena Sendler s'engage très tôt contre les discriminations visant les étudiants juifs. Elle participe à des manifestations contre les « bancs ghetto », qui obligent les étudiants juifs à s'asseoir à part, et gratte la mention « aryenne » figurant sur sa propre carte d'étudiante. Ce geste lui vaut d'être exclue de l'université pendant trois ans. Formée à l'action sociale auprès de la pédagogue Helena Radlińska, elle intègre ensuite les services sociaux de la ville de Varsovie.
L'organisation d'un réseau clandestin d'aide aux familles juives
Après l'invasion allemande de septembre 1939 et la chute de Varsovie, Irena Sendler participe d'abord à l'aide aux réfugiés et aux victimes des bombardements, en dirigeant une soupe populaire. Lorsque la Résistance polonaise se structure, elle devient agent de liaison, un rôle qui l'expose directement à la traque menée par la Gestapo contre les opposants. Sur une idée de Helena Radlińska, elle est chargée de mettre en place une cellule clandestine destinée à venir en aide aux familles juives, exclues de l'aide sociale officielle.
Avec quatre anciennes élèves de Radlińska, Irena Sendler falsifie des dossiers administratifs pour permettre à des familles juives de bénéficier d'une aide qui leur est normalement interdite. Pour dissuader les autorités allemandes de vérifier ces dossiers, les femmes du réseau leur attribuent de fausses maladies contagieuses, comme le typhus. Dès l'automne 1940, selon les faits rapportés, des milliers de familles reçoivent ainsi une aide détournée des circuits officiels, avant même la création formelle de l'organisation Żegota.
Le sauvetage de 2 500 enfants juifs du ghetto de Varsovie
C'est dans ce contexte, et alors que les Allemands isolent la population juive de Varsovie dans une zone représentant 4 % de la superficie de la ville, qu'Irena Sendler engage l'action pour laquelle elle est aujourd'hui reconnue : le sauvetage de 2 500 enfants juifs du ghetto de Varsovie. L'historienne américaine Debórah Dwork la décrit comme « l'inspiration et le moteur de tout le réseau qui aurait sauvé ces 2 500 enfants juifs ». Cette action clandestine, menée sous le pseudonyme de Jolanta, s'inscrit dans le prolongement direct de son travail antérieur au sein des services sociaux et du réseau d'entraide qu'elle avait déjà mis en place.
Juste parmi les nations et reconnaissance tardive
Irena Sendler est déclarée Juste parmi les nations par Yad Vashem en 1965, une distinction attribuée aux non-juifs ayant pris des risques pour sauver des Juifs pendant la Shoah. Elle reste à Varsovie après la guerre et y meurt le 12 mai 2008. Son parcours, longtemps resté discret hors de Pologne, est aujourd'hui documenté par des historiens et cité comme l'un des exemples marquants de résistance civile à l'extermination des Juifs d'Europe.
Un héritage encore présent
Le cas d'Irena Sendler illustre la manière dont des compétences ordinaires, ici celles d'une assistante sociale, ont pu être mises au service d'un sauvetage de grande ampleur. Son action rappelle aussi le rôle joué par des réseaux de femmes, souvent peu visibles dans les récits historiques classiques de la résistance armée. Son nom figure aujourd'hui parmi les Justes parmi les nations honorés par Yad Vashem, aux côtés de plusieurs milliers d'autres sauveteurs reconnus pour avoir agi au péril de leur vie.
Questions fréquentes
- Combien d'enfants Irena Sendler a-t-elle sauvés ?
- Selon les sources historiques, le réseau clandestin qu'elle a animé est à l'origine du sauvetage de 2 500 enfants juifs du ghetto de Varsovie.
- Quand Irena Sendler a-t-elle été reconnue Juste parmi les nations ?
- Elle a été déclarée Juste parmi les nations par Yad Vashem en 1965.
- Quel était le métier d'Irena Sendler avant la guerre ?
- Elle travaillait comme assistante sociale aux services sociaux de la ville de Varsovie, après des études de droit puis de pédagogie et d'action sociale.
Sources : Wikipédia





