Czesław Miłosz : le poète polonais devenu Juste parmi les nations et prix Nobel

Né le 30 juin 1911 à Šeteniai, en Lituanie alors occupée par l'Empire russe, Czesław Miłosz est devenu l'un des plus grands poètes polonais du XXe siècle. Pendant l'occupation allemande de Varsovie, il s'engage en 1942 dans le Żegota, le comité clandestin d'aide aux Juifs, ce qui lui vaudra plus tard le titre de Juste parmi les nations décerné par Yad Vashem. Prix Nobel de littérature en 1980, il incarne aussi le destin des intellectuels d'Europe centrale broyés puis exilés par le totalitarisme.

3 min de lecturePar la rédaction
Czesław Miłosz : le poète polonais devenu Juste parmi les nations et prix Nobel
Photo : Artur Pawłowski · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

Czesław Miłosz naît le 30 juin 1911 à Šeteniai, dans une famille de la noblesse polonaise portant les armoiries Lubicz. Sa région natale, alors intégrée à l'Empire russe, deviendra plus tard la Lituanie indépendante. Après la Première Guerre mondiale, sa famille s'installe à Wilno, ville polonaise devenue depuis Vilnius, où il fait ses études secondaires puis universitaires. Diplômé de droit en 1934, il appartient dès 1931 au cercle littéraire d'avant-garde Żagary, marqué par une tonalité apocalyptique qui annonce, avec le recul, les bouleversements du siècle.

Un engagement clandestin pendant l'occupation de Varsovie

Lorsque l'Armée rouge envahit la Lituanie au début de la Seconde Guerre mondiale, Miłosz rejoint la résistance polonaise à Varsovie. Il continue d'écrire des poèmes dans la clandestinité, assiste à des conférences interdites et traduit Shakespeare pendant l'occupation allemande. C'est dans ce contexte qu'il s'engage, dès 1942, dans les rangs du Żegota, le Comité d'aide aux Juifs qui organisait dans le plus grand secret la survie de Juifs polonais menacés d'extermination. La source disponible ne détaille pas les missions précises confiées à Miłosz ni les risques encourus au jour le jour, mais l'appartenance à ce réseau exposait ses membres à la peine de mort en cas de découverte par les autorités d'occupation.

La reconnaissance de Yad Vashem

C'est en raison de cet engagement au sein du Żegota que le mémorial de Yad Vashem, en Israël, a attribué à Czesław Miłosz le titre de Juste parmi les nations. Cette distinction honore les non-Juifs qui ont pris des risques pour sauver des Juifs pendant la Shoah. Le nombre exact de personnes que Miłosz a personnellement contribué à sauver n'est pas précisé dans les éléments dont nous disposons, ce qui invite à la prudence plutôt qu'à l'exagération.

De Varsovie à l'exil parisien

Après la guerre, Miłosz s'installe à Cracovie avec sa première femme, Janina. Il collabore avec l'ancien pianiste Władysław Szpilman et avec l'écrivain Jerzy Andrzejewski à un scénario évoquant les survivants de l'insurrection de Varsovie de 1944, avant de retirer son nom du générique lorsque le texte est réécrit sous la pression politique. En 1945, son recueil Sauvetage paraît, tandis que le nouveau régime lui confie un poste diplomatique : conseiller culturel à Washington, puis à Paris. En 1951, il rompt avec le pouvoir communiste, s'enfuit de l'ambassade polonaise et trouve refuge à Maisons-Laffitte, auprès de la revue dissidente Kultura. Dès lors, ses œuvres sont interdites en Pologne et il devient un exilé, obtenant l'asile politique en France pendant dix ans.

L'analyse du totalitarisme et les années américaines

Cette période française voit la publication d'ouvrages majeurs, dont La Pensée captive en 1952, qui interroge la place des intellectuels dans les régimes autoritaires et connaît un succès mondial malgré le rejet d'une partie de la gauche française. En 1960, Miłosz part enseigner à l'université de Berkeley, où il reste vingt ans comme titulaire de la chaire de littérature polonaise et russe. Il obtient la citoyenneté américaine en 1970, avant de recevoir le prix Nobel de littérature en 1980, au moment même où le mouvement Solidarność permet enfin la publication de ses poèmes en Pologne.

Le retour en Pologne et l'héritage

Accueilli en Pologne dès 1981, Miłosz doit repartir en exil après le retour de la dictature, puis enseigne à Harvard. Il ne s'installe définitivement à Cracovie qu'en 1993, où il est reçu comme un barde national et décoré en 1994 de l'Ordre de l'Aigle Blanc, la plus haute distinction du pays. Il meurt le 14 août 2004, à 93 ans, et repose dans la crypte des grands hommes de l'église Skałka à Cracovie. Son œuvre, marquée par l'exil, la lucidité face au totalitarisme et un engagement discret mais réel auprès des Juifs persécutés, reste aujourd'hui une référence pour comprendre le sort des intellectuels d'Europe centrale au XXe siècle.

Questions fréquentes

Pourquoi Czesław Miłosz a-t-il reçu le titre de Juste parmi les nations ?
Il a été reconnu par Yad Vashem pour son engagement, dès 1942, dans le Żegota, le comité clandestin polonais d'aide aux Juifs pendant l'occupation allemande de Varsovie.
Combien de personnes Czesław Miłosz a-t-il sauvées ?
Les sources disponibles ne précisent pas un chiffre exact ; elles indiquent seulement son appartenance au réseau Żegota et la reconnaissance de Yad Vashem.
Pourquoi Miłosz a-t-il quitté la Pologne communiste ?
En 1951, alors en poste diplomatique à Paris, il a rompu avec le régime communiste et demandé l'asile politique en France, ce qui a entraîné l'interdiction de ses œuvres en Pologne.

Sources : Wikipédia

Commentaires

    À lire aussi

    Miep Gies, la Juste qui a caché la famille Frank et sauvé son journal
    Les amis d'Israël

    Miep Gies, la Juste qui a caché la famille Frank et sauvé son journal

    Gino Bartali, champion cycliste italien devenu Juste parmi les nations
    Les amis d'Israël

    Gino Bartali, champion cycliste italien devenu Juste parmi les nations