«Projet Liberté»: en quoi consiste l’opération de déblocage du Détroit d’Ormuz menée par les Etats-Unis?
Dimanche 3 mai, Donald Trump a annoncé le lancement d’une opération baptisée «Project Freedom» afin d’escorter les navires bloqués depuis deux mois dans le Golfe à cause de la guerre en Iran. Voici ce que l’on sait de cette intervention.
Un «geste humanitaire» et de «bonne volonté». Voici comment Donald Trump a qualifié l’opération «Project Freedom» (projet liberté en français), présentée la nuit dernière dans une publication sur sa plate-forme Truth social.
«Pour le bien de l’Iran, du Moyen-Orient et des Etats-Unis, nous avons informé ces pays que nous guiderions leurs navires en toute sécurité à travers ces voies navigables», a écrit le président américain, évoquant des bâtiments appartenant à des pays «qui ne sont pas impliqués» dans le conflit en cours avec l’Iran, sans plus de précisions.
PLUSIEURS NAVIRES ET 15.000 SOLDATS DÉPLOYÉS
«Des pays du monde entier, qui n’ont rien à voir avec le conflit au Moyen-Orient […] ont demandé aux Etats-Unis si nous pouvions les aider à libérer leurs bateaux qui sont bloqués dans le détroit d’Ormuz», a ajouté Donald Trump.
À partir de ce lundi matin, la marine américaine escortera donc dans ces eaux extrêmement dangereuses un nombre indéterminé de navires marchands. Dans un communiqué, le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a précisé que l’opération impliquerait des destroyers lance-missiles, plus d’une centaine d’aéronefs et 15.000 soldats.
Une opération défensive qui pourrait malgré tout «être traitée par la force» si jamais l’Iran venait à l’entraver, a menacé Donald Trump.
DES DIZAINES DE MILLIERS DE MARINS BLOQUÉS DANS LE GOLFE
Dans la foulée, le président de la commission du Parlement iranien sur la sécurité nationale, Ebrahim Azizi, a averti sur X que «toute intervention américaine dans le nouveau régime maritime du détroit d’Ormuz sera considérée comme une violation du cessez-le-feu».
Depuis le début des hostilités, déclenchées par les Etats-Unis et Israël, l’Iran bloque le détroit d’Ormuz, par lequel transite d’ordinaire un cinquième de la consommation mondiale de pétrole. Washington a répliqué début avril en bloquant à son tour les ports iraniens.
La fermeture du détroit a fait flamber les cours du pétrole, au plus haut depuis 2022 et l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Les prix se sont stabilisés ce lundi matin sur les marchés asiatiques, avec un baril de Brent, la référence mondiale, grappillant 0,39% à 108,59 dollars, bien loin des 126 dollars dépassés jeudi.
Le nombre de navires commerciaux présents dans le Golfe s’élevait à 913 le 29 avril, dont 270 pétroliers et une cinquantaine de navires gaziers, a indiqué jeudi l’entreprise spécialisée dans le suivi maritime AXSMarine. Quelque 20.000 marins seraient concernés, selon un haut responsable de l’agence de sécurité maritime britannique UKMTO.
Au-delà du détroit d’Ormuz, la situation diplomatique entre l’Iran et les Etats-Unis est bloquée depuis le cessez-le-feu du 8 avril, après quasiment 40 jours de frappes israélo-américaines sur l’Iran et de représailles de Téhéran dans la région.
Pour redonner une chance aux discussions, Téhéran a soumis une nouvelle proposition à Washington, qui y a répondu, a indiqué dimanche la diplomatie iranienne. Mais sans avancée majeure pour le moment.

À partir de ce lundi 4 mai, la Marine américaine devrait escorter des navires marchands afin de leur faire traverser le détroit d’Ormuz sans encombre. [AFP PHOTO / US NAVY / NAVCENT PUBLIC AFFAIRS]
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