L’entente cordiale ne tenait-elle qu’à deux fils ? Nous le saurons bientôt… Une « rupture de deux fils » a été constatée sur la tapisserie de Bayeux après son transfert à Londres. Mi-juillet, la tapisserie a traversé la Manche au cours d’un trajet à hauts risques pour le chef-d’œuvre de près de 70 mètres de long. Elle a été acheminée au British Museum de Londres où elle doit être exposée au public à partir du 10 septembre.
Ce prêt historique, décidé par le président français Emmanuel Macron, avait été dénoncé par la quasi-intégralité des spécialistes et conservateurs en raison de la fragilité de l’œuvre. Son nom de « tapisserie » est impropre puisqu’il s’agit en réalité d’une broderie du XIe siècle, déjà altérée par le temps et dès lors extrêmement fragile.
1000 ans plus tard…
Peu après l’arrivée de la tapisserie de Bayeux dans la capitale britannique, les premières constatations n’avaient relevé « aucune altération visible » sur l’œuvre. Un constat plus complet, réalisé par la suite par des experts français et britanniques, a confirmé « l’absence de dégradation majeure » tout en relevant de « petites ruptures légères sur deux zones », selon les premières conclusions révélées par le journal La Croix.
Ces deux fils auront donc résisté plus de 1000 ans, aux troupes d’Otton IV, à la guerre de Cent ans, aux incursions perfides des Habsbourg et des Prusses, à deux guerres mondiales, mais pas à ce city break londonien…
« Centimètre par centimètre »
Catherine Pégard, ministre de la Culture, a minimisé l’accroc :
« On a signalé une rupture de deux fils sur 70 m de long d’une tapisserie. Alors c’est vrai qu’elle a été examinée avec une particulière attention, ça a pris beaucoup de temps puisque les experts l’ont examinée centimètre par centimètre. Donc je peux vous dire qu’aujourd’hui, si on dit qu’elle est dans le même état en arrivant à Londres qu’elle était avant de partir de Bayeux, je crois qu’on ne se trompe pas beaucoup. »
La tapisserie doit retourner en France en juillet 2027 pour regagner son musée de Bayeux où elle doit faire l’objet d’une restauration plusieurs fois repoussée. A ce moment-là, des œuvres anglaises – dont le trésor de Sutton Hoo et le jeu d’échecs de l’île de Lewis – prêtées à la France en échange de la tapisserie, retourneront dans leur pays. Restituer ces œuvres dans un état absolument impeccable là où deux fils manqueront au chef-d’œuvre français sera assurément une démonstration de l’élégance à la française, plus éclatante que n’importe quel Crunch remporté haut la main.
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