La hausse du prix des carburants nous fera-t-elle préférer le train ? Avec le litre d’essence qui dépasse désormais les 2 euros en raison du blocage du détroit d’Ormuz, lequel fait flamber le cours du pétrole, les Français délaissent-ils la voiture pour se rabattre vers le rail, notamment à l’occasion des ponts du mois de mai ?
Interrogée par 20 Minutes, la direction de SNCF Voyages reconnaît constater une fréquentation à la hausse ces dernières semaines, sans en tirer des conclusions hâtives.
Des hausses dans tous les compartiments
Lors des dernières vacances de printemps, « au total, près de 14 millions de billets ont été vendus, toutes zones confondues, en légère hausse par rapport à l’année dernière ». Les principales destinations ont été Bordeaux, Lyon, Lille, Nantes et Rennes. Pour le week-end du 1er-Mai, « plus d’1,5 million de passagers ont voyagé dans nos 2.700 TGV et Intercités » et « plus de 25 % des trains étaient complets », ajoute la SNCF.
Pour TGV-Intercités, « nous enregistrons une légère hausse, sans doute multifactorielle : cette période est toujours une période où les trains sont très remplis (vacances de printemps des trois zones, week-end de Pâques, ponts de mai). »
Le chiffre le plus marquant est peut-être celui qui concerne les trains régionaux TER, notamment utilisés pour les déplacements du quotidien. Sur l’ensemble de la France, le TER a enregistré « + 12 % de ventes de billets occasionnels (hors abonnés) » en avril. « A titre d’exemple, la hausse entre avril 2024 et 2025 avait été de + 6 % », pointe la SNCF.
« Les marges de manœuvre pour augmenter notre offre sont très réduites »
S’il est possible que la hausse du prix du carburant participe à cette hausse, « de manière générale, la fréquentation des trains de SNCF Voyageurs est en constante progression depuis 2019 », souligne-t-on à la direction de la compagnie. « Le marché de la grande vitesse en France et en Europe a enregistré un nouveau record en 2025 avec 168 millions de clients, soit une augmentation de 3,5 % par rapport à 2024, rappelle la SNCF. Depuis 2019, TGV a gagné près d’1 voyageur sur 5 en plus, soit + 18 %. » Les trains régionaux connaissent également « une croissance soutenue » et ont progressé de 3 % en 2025, « soit près de 50 % de voyageurs en plus depuis 2019. »
Interrogé par 20 Minutes début avril, Jérôme Laffon, directeur de Ouigo à la SNCF, expliquait que « la demande de trains de la part des voyageurs a augmenté après le Covid, et va peut-être encore s’accélérer avec le contexte géopolitique », mais que « les marges de manœuvre pour augmenter notre offre sont très réduites en raison d’une utilisation déjà intensive, pour ne pas dire maximale, de nos trains. »
« Trop tôt » pour dresser des tendances estivales
La SNCF assure en effet « maximiser les roulements » de ses TGV « et leur composition (trains doubles) », en particulier « pendant les congés ». Elle dit aussi « renforcer » – quand elle le peut – ses lignes existantes. « Par exemple, nouveauté en 2026 : TGV Inoui met à disposition 200.000 places supplémentaires vers Marseille et Nice au printemps et à l’automne, en complément du renfort estival. Quelque 60.000 places supplémentaires seront aussi disponibles pendant l’été pour des trajets vers les Alpes, entre Paris et Annecy. »
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Concernant cet été, justement, il est en revanche « beaucoup trop tôt pour dresser des tendances », affirme la SNCF. Mais « nous avons déjà prévu d’utiliser toutes nos rames au profit de nos clients », assure Jérôme Laffon.
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