Ce 14 juillet, il y avait le défilé sur les Champs Elysées, un match à Dallas que l’on oubliera vite, les incendies en forêt de Fontainebleau et… les « pixels de suivi » dans nos boîtes mail. Comme beaucoup, vous avez sans soute reçu ces dernières 24 heures différents e-mails évoquant ces fameux pixels et vous alertant sur leur utilisation dans les correspondances de certains de vos contacts. De quoi s’agit-il ? Et pourquoi nous en parle-t-on depuis ces derniers jours ? 20 Minutes répond à vos questions.
Des mails d’alerte arrivés massivement
Si vous avez une boîte mail, il ne vous a pas échappé que différents courriels reçus ces derniers jours se ressemblaient dans leur formulation. Chez nous, sont successivement tombés ceux d’Oral-B, Leboncoin ; Génération Numérique ou encore Ibexa qui s’étaient visiblement passé le mot pour atterrir dans notre boîte mail en escadrille. « Nous souhaitons vous informer que les newsletters de nos publications comportent actuellement un dispositif permettant de mesurer l’ouverture des messages » ; « Nous utilisons des pixels de suivi dans nos e-mails promotionnels » ; « Nous souhaitons vous informer de l’utilisation de ces dispositifs dans les e-mails que nous vous adressons », avons-nous pu lire successivement. Mais c’est quoi ces fameux pixels ?
Des données pour l’expéditeur
Les « pixels de suivi » (également appelés « pixels espions »), ne sont pas brusquement tombés du ciel ces dernières heures. Il s’agit de minuscules images invisibles à l’œil nu (de la taille de 1 pixel par 1 pixel) intégrées dans certains mails, généralement des messages promotionnels. Lorsque le mail est ouvert par la personne à laquelle il s’adresse, ce pixel envoie en retour à son expéditeur (un serveur distant) des informations : le moment de la journée où le mail a été effectivement ouvert ; le type d’appareil sur lequel il a été ouvert (smartphone, ordinateur, tablette) ; sa localisation approximative. Pour l’entreprise émettrice, l’utilisation de ce tracker invisible permet de juger de la pertinence de ses campagnes et de les adapter en conséquence. Oui, c’est légal. Et ce n’est pas récent.
Une pratique désormais encadrée
Apparus dans les années 1990 avec l’essor du marketing par courrier électronique, ils n’ont depuis cessé de se développer. Sans le savoir, et depuis de nombreuses années, vous fournissez ainsi des données à certains de vos correspondants. Ce qui change aujourd’hui, c’est qu’en France, la CNIL s’en est mêlée. Ainsi, la Commission nationale de l’informatique et des libertés a publié au printemps à l’intention des professionnels des recommandations à propos des pixels de suivi. But : améliorer la transparence sur la question vis-à-vis du public.
Nos articles sur les «Données personnelles»
Publiée le 14 avril, cette recommandation précise : « Les opérations peuvent continuer à être mises en œuvre, sous réserve de l’envoi d’une information claire et accessible aux destinataires ». Un délai de trois mois était ainsi imposé, délai au-delà duquel le consentement de tout nouvel internaute recevant un e-mail contenant un pixel de suivi doit être recueilli. Attention, la CNIL n’impose pas de consentement rétroactif. L’usage de pixels de suivi devient donc aujourd’hui une pratique encadrée de façon réglementaire.
Bonne nouvelle : il vous possible de « débrancher » ces fameux pixels de suivi en cliquant sur un lien proposé en bas des messages reçus ces derniers jours. Souci de confidentialité brandi comme un étendard, Apple avait déjà pris de son côté les choses en main. La firme à la pomme propose ainsi aux utilisateurs de ses appareils sa fonctionnalité « Protéger votre activité dans Mail », empêchant les expéditeurs d’e-mails (dont Apple) de recueillir des données quant à votre activité mails.
La source de cet article se trouve sur ce site

