L’espoir, la vraie richesse
Le Chemin de Vie
Dans l’accablement où nous plonge le quotidien, toutes ces foudres déchirant le voile bleu du ciel, toutes ces blessures trouant la terre, et cette angoisse poignant les cœurs, un verset des Tehilim תהילים éclaire le chemin. Le mot chemin est une autre façon de nommer la vie.
André Chouraqui traduisait le premier mot du livre des Psaumes, qui est aussi le premier du psaume 119, ashré – אשרי –, comme une injonction à se mettre en marche : En avant ! disait-il, traduisait-il. Et ce chant du départ répondait à la joie, qui est bien aussi le sens de cet ashré אשרי aïsh האיש = « heureux l’homme », qui fut celle aussi du premier Hébreu de notre histoire, Abraham, homme libre des chaînes et des idoles, répondant à cette injonction lekh lekha – לך־לך –, qu’on peut lire et comprendre aussi comme un « Va Va », puisque c’est le même mot qui est répété en hébreu. Abraham est l’homme qui marche – que non pas le Juif errant. C’est pourquoi le judaïsme, qui en est issu, est avant tout une dynamique, une force qui va.
La terre de la Grande Promesse Abrahamique
Et donc nous avançons avec Abraham et sa promesse, aussi prolixe et foisonnante que les étoiles dans la nuit – kekokhavim כּכּוכבים balaïla בּלילה – ; et je dis donc que cette Hatikva התקוה qui ne cesse de bercer nos chants est aussi une définition du judaïsme. Le verset qui sous-tend cette réflexion de Yom Rishon, encore inondé des effluves chabbatiques, est mêlé au flot du plus long des psaumes, le 119 :
Sas שׂשׂ anokhi אנכי al על imratékha אמרתך
Kemotsé כּמוצא shalal שלל rav רב
Que l’on peut traduire par :
Je me réjouis de tes promesses
en homme au riche trésor.
Une terre comme un Trésor entre les mains de découvreurs
Shalal – שלל – a couramment le sens de butin ou de profusion, et, lorsqu’on cherche ce mot dans le dictionnaire, il advient qu’il donne en exemple illustrateur cette même phrase : Sas kémotsé shalal rav, traduit par « se réjouir comme qui découvre un trésor ». Mais dans ce verset c’est le mot promesses qui est mis en valeur puisque désigné dans la phrase comme le sujet de la proposition. Et ce mot que nous traduisons par promesse n’est autre que la verbalisation de imrah – אמרה –, la parole. Et qu’est-ce que la parole divine sinon la promesse ? À laquelle on ne peut répondre que par le ineni – הנני – d’Abraham. On est là dans le domaine de la foi, de la emouna – אמונה –, ce mot qui, en hébreu, signifie foi et confiance. C’est pourquoi la parole de ce verset du psalmiste nourrit l’espérance. Une espérance qui, en toute situation de dénuement ou de détresse, est bien la vraie richesse.
Machia’h משיח akhchav עכשו est le vœu pieux que, ces jours-ci, ces journées dramatiques, l’on entend ici et là.
Avroum Bar Shoshan
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