La pression de Trump et l’impasse de Netanyahou : les coulisses du drame secret des pourparlers avec le Liban

La rencontre directe à Washington entre Israël et le Liban n’a pas produit de percée : aucun accord ni calendrier n’a été établi, et les divergences restent profondes. Parallèlement aux combats, les États-Unis tentent de promouvoir un processus diplomatique limité.

Ma’ariv – Anna Barsky 

Deux salles, deux ambiances

Chaque partie est sortie de la salle avec une version adaptée à ses besoins. Jérusalem a choisi de mettre en avant l’atmosphère positive et l’existence même d’un canal direct, suggérant la possibilité d’un règlement plus large à l’avenir. Beyrouth a évoqué des discussions « constructives », tout en recentrant le débat sur l’exigence d’un cessez-le-feu et de mesures immédiates dans le Sud. Plus que des différences de style, il s’agit de deux visions totalement divergentes de l’objectif de cette démarche.

Les objectifs stratégiques d’Israël

Israël est arrivé à Washington avec une intention claire : utiliser le canal diplomatique pour améliorer ses positions face au Hezbollah. Pour l’État hébreu, le débat ne porte pas uniquement sur un cessez-le-feu, mais sur un changement du rapport de force au Liban — la réduction du pouvoir de l’organisation chiite et l’affaiblissement de l’influence iranienne. C’est pourquoi Israël a refusé de s’engager sur une trêve comme préalable aux discussions, tout en maintenant la pression militaire au Sud-Liban et en ne réduisant que partiellement ses frappes à Beyrouth.

La réalité libanaise

Le Liban opère dans une réalité radicalement différente. L’État libanais ne cherche pas à façonner un nouvel ordre régional, mais simplement à arrêter la guerre. Ses exigences — cessez-le-feu, retrait israélien, retour des déplacés et renforcement de l’armée — reflètent un effort pour stabiliser son système interne. En réalité, les deux parties ne sont pas seulement en désaccord sur la solution : elles parlent de deux problèmes différents.

L’ombre du Hezbollah et de l’Iran

Le tableau se complique par l’absence du joueur le plus central : le Hezbollah. Bien que non présent à la table, son influence a pesé sur chaque échange. L’organisation a déjà annoncé qu’elle ne reconnaîtrait aucun accord conclu sans elle. La question n’est donc pas seulement de savoir ce qui sera écrit sur le papier, mais si le gouvernement libanais a la moindre capacité d’imposer quoi que ce soit sur le terrain.

L’Iran est également présent en filigrane. Pour Téhéran, le Hezbollah reste un atout stratégique. Toute tentative de règlement qui ne tiendrait pas compte de son influence se heurterait à une limite nette.

Le rôle de « l’entremetteur » américain

Pour les États-Unis, ce mouvement dépasse largement le cadre du Liban. Washington cherche à stabiliser une région sous haute tension, sur fond de crise avec l’Iran et de perturbations dans le détroit d’Ormuz.

La pression américaine sur Israël pour réduire les frappes n’est pas une faveur faite au Liban, mais une partie d’un effort global pour éviter une dégradation régionale. Pour Donald Trump, ces pourparlers sont un levier supplémentaire pour démontrer sa maîtrise d’une situation qui menace de basculer.

Conclusion : Des combats sous contrôle ?

À ce stade, le scénario le plus probable est la poursuite des discussions parallèlement à des combats d’intensité variable. Des ententes partielles ou un mécanisme de retenue pourraient voir le jour, voire un cessez-le-feu temporaire. Cependant, un accord global — incluant le désarmement du Hezbollah ou une paix formelle — reste lointain. À l’inverse, le risque d’un effondrement du processus est réel : une nouvelle escalade ou une pression interne trop forte au Liban pourraient rapidement vider ce canal diplomatique de sa substance.

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