L’armée de défense israélienne a annoncé le 3 septembre avoir sécurisé le massif d’Ali al-Taher, un point stratégique majeur dans le sud du Liban tenu par le Hezbollah. Cette opération, menée par la 36ᵉ division, a permis de neutraliser deux réseaux souterrains utilisés par les combattants du Hezbollah pour mener des attaques. Le site, qui comprenait des centres de commandement, des dépôts d’armes et des installations de vie souterraines, était un pilier de l’infrastructure militaire construite sur plusieurs décennies avec le soutien financier et logistique de l’Iran. L’IDF a indiqué que cette victoire affaiblit considérablement la capacité du Hezbollah à lancer des attaques terroristes depuis cette zone.
Le massif d’Ali al-Taher, situé à environ 10 kilomètres de la frontière israélienne, a été l’objet de combats intenses et prolongés. Malgré un cessez-le-feu récent, la zone a subi de nombreuses frappes israéliennes visant à détruire les installations souterraines. Ce site, nommé d’après un érudit chiite dont le sanctuaire se trouve au sommet, représentait un enjeu symbolique et stratégique. La prise de contrôle de cette position souligne la difficulté pour le Hezbollah de maintenir des défenses statiques face à une armée israélienne qui privilégie désormais des opérations longues et méthodiques, à l’image des conflits de la Première Guerre mondiale.
Cette campagne s’inscrit dans une dynamique plus large où Israël cherche à créer une zone tampon sécuritaire dans le sud du Liban, similaire à celle établie dans les années 1980. Le Hezbollah, soutenu par l’Iran, avait investi dans un réseau complexe de tunnels et de fortifications souterraines, assimilé à une « ligne Maginot » moderne. Toutefois, cette stratégie statique s’est révélée vulnérable face à la persévérance et à la supériorité technologique de l’IDF. Le conflit, qui dure depuis plus de mille jours depuis les attaques initiales du Hezbollah en octobre, montre que la guerre dans cette région se joue désormais sur des terrains restreints, village par village, plutôt que par des mouvements rapides et étendus.
Si la chute d’Ali al-Taher représente une avancée significative pour Israël, les conséquences à moyen terme restent incertaines. Le Hezbollah n’a pas confirmé la perte de cette position, et la profondeur du territoire libanais offre une marge de manœuvre importante au groupe armé. Cette victoire pourrait néanmoins renforcer la posture défensive d’Israël et modifier l’équilibre des forces dans la région. La question demeure de savoir si cette zone deviendra une nouvelle « Security Zone » permanente, renforçant la doctrine israélienne de contrôle des zones frontalières pour prévenir les attaques terroristes.
La prise du massif d’Ali al-Taher par l’IDF marque un tournant dans le conflit israélo-libanais. Elle démontre la capacité d’Israël à démanteler des infrastructures souterraines complexes et à affaiblir le Hezbollah malgré un contexte de guerre prolongée et fragmentée. Toutefois, la stabilité à long terme de cette avancée dépendra de la capacité d’Israël à maintenir une présence sécuritaire efficace dans une région historiquement instable et profondément marquée par les influences iraniennes.
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