Les juges de la Cour suprême ont statué que le ministre des Communications a outrepassé ses pouvoirs légaux en limogeant la présidente du comité de sélection. Réaction cinglante de Karhi : « Une décision qui ne vaut rien, je ne nommerai personne au nom des dictateurs en robe ».
JDN
La confrontation frontale entre le ministre des Communications, le docteur Shlomo Karhi, et le système judiciaire a franchi une nouvelle étape ce soir.
Les juges de la Haute Cour de justice (Bagatz) ont notifié au ministre que sa décision de démettre de ses fonctions la présidente du comité de sélection de la société de radiodiffusion publique (« Kan ») a été prise sans autorité légale. Les juges ont précisé que le ministre a excédé le cadre que lui confère la loi en s’ingérant dans la composition d’un comité censé fonctionner de manière indépendante.
La riposte de Karhi : « Des dictateurs en robe »
La réaction du ministre Karhi ne s’est pas fait attendre et constitue une attaque sans précédent contre les magistrats de la Cour suprême. Le ministre a déclaré qu’il s’agissait d’une « décision sur la glace » (insignifiante) qui ne concorde pas avec le libellé de la loi.
Selon lui, le ministre est en fin de compte le seul habilité à nommer les membres du conseil d’administration de la radiodiffusion publique, et il a l’intention de faire valoir cette autorité tout au long de son mandat au ministère des Communications.
Dans sa réponse virulente, Karhi a invité la Haute Cour à nommer elle-même qui elle souhaite, tout en précisant qu’aucun candidat soutenu par ce qu’il a qualifié de « juge évincée » ou sous l’égide d’une « procureure générale évincée » n’obtiendra de nomination de sa main.
Le ministre a choisi des mots très durs, qualifiant les juges de la Cour suprême de « bande de dictateurs en robe », tout en soulignant que le peuple est le véritable souverain du pays.
Appel aux électeurs
Le ministre Karhi a conclu ses propos en s’adressant aux électeurs, faisant allusion à une campagne politique imminente. Selon lui, le peuple dira son mot contre la politique judiciaire « très bientôt dans l’urne ».
Cet affrontement devrait exacerber les tensions autour du contrôle des institutions de l’audiovisuel public et relancer la polémique sur les limites du pouvoir des ministres face au contrôle judiciaire.
La source de cet article se trouve sur ce site

