La France tente de prendre l’initiative sur le plan diplomatique. Paris va « prendre une initiative aux Nations unies » pour proposer un « cadre » en vue d’une mission « totalement neutre et pacifique » pour une future sécurisation du détroit d’Ormuz, a annoncé mardi Emmanuel Macron dans un entretien avec TV5, France 24 et Radio France internationale. Quels sont les contours de cette future mission ? On fait le point.
Pourquoi cette initiative ?
« On doit obtenir la réouverture sans conditions, sans péage d’Ormuz. En démantelant tous les blocus et vraiment en ayant ce dialogue d’exigence à l’égard de l’Iran », a dit le président français depuis Nairobi, à la fin d’un sommet franco-africain. La France et le Royaume-Uni, à la tête d’une coalition maritime de pays non-belligérants, proposent donc une mission multinationale pour sécuriser le détroit d’Ormuz lorsque l’Iran et les Etats-Unis accepteront de lever leur blocus respectif, et en concertation avec ces deux pays.
Le blocage de ce passage maritime stratégique entrave l’exportation d’hydrocarbures du Golfe et fait monter leur prix, impactant l’économie mondiale. « La réouverture d’Ormuz est la priorité absolue », a insisté le président français, elle doit intervenir « avant de traiter les autres sujets par une négociation ».
Quels pays seraient concernés ?
Les ministres britannique et français de la Défense ont coprésidé mardi une réunion en visioconférence avec leurs homologues d’une quarantaine de pays prêts à contribuer à cette mission. Après celle-ci, Londres a annoncé une contribution de 115 millions de livres (133 millions d’euros) afin de financer des drones chasseurs de mines et des systèmes de lutte anti-drones pour cette mission lorsqu’elle deviendra « opérationnelle », selon un communiqué du ministère britannique de la Défense.
L’Australie a déjà annoncé être prête à se joindre à cette mission « neutre et pacifique » pour sécuriser le détroit d’Ormuz, a affirmé mercredi le ministre de la Défense Richard Marles. « L’Australie est prête à soutenir une mission militaire multinationale indépendante et strictement défensive, dirigée par le Royaume-Uni et la France, dès qu’elle sera mise en place », a-t-il déclaré dans un communiqué. Canberra mettra à disposition de cette mission un avion de surveillance Wedgetail E-7A, déjà déployé dans la région pour protéger les Emirats arabes unis des attaques de drones iraniens.
Quelles sont les étapes à venir ?
L’initiative à l’ONU devrait prendre la forme d’un projet de résolution au Conseil de sécurité des Nations unies pour donner un cadre à cette éventuelle mission. Paris veut convaincre Téhéran et Washington de décorréler le sort d’Ormuz du reste du conflit et des négociations avec l’Iran. Parallèlement, Emmanuel Macron estime qu’il faut reprendre le dialogue « sur la question nucléaire et balistique entre l’Iran et les Etats-Unis », mais aussi avec les Européens. « Moi, je soutiens l’idée qu’il faut inclure tous les pays de la région qui sont les principaux touchés par ce qu’on est en train de vivre et qui sont touchés aussi par la déstabilisation que certaines milices peuvent créer dans leur pays », a-t-il ajouté.
Un projet de résolution porté par les Etats-Unis et Bahreïn, qui stipule que l’Iran doit cesser « immédiatement toutes ses attaques et ses menaces » contre les navires et « toute tentative d’empêcher » la liberté de navigation dans le détroit stratégique, est également sur la table, mais menacé par un veto russe.
La source de cet article se trouve sur ce site

