Un nouveau test sanguin pour le diagnostic du cancer du poumon

Un nouveau test sanguin pour le diagnostic du cancer du poumon développé à l’Université de Tel-Aviv

Le Prof. Yuval Ebenstein de l’École de chimie et du Département de génie biomédical de Tel Aviv University – Global TAU a mis au point un test sanguin simple, rapide et peu coûteux capable de diagnostiquer le cancer du poumon sans séquençage génétique. La nouvelle méthode, qui identifie une « empreinte digitale » biologique dans le sang caractéristique des cellules cancéreuses en analysant l’ADN libre provenant de ces cellules, s’est avérée d’une précision supérieure à 90%.

L’étude, réalisée en collaboration avec des chercheurs du Centre médical Bnai Zion, du Centre médical Sheba, de l’Université Bar-Ilan et de la startup JaxBio Technologies, a été publiée dans la revue Nature Precision Oncology.

Le cancer du poumon est la première cause de décès au monde parmi les maladies cancéreuses. Aujourd’hui, le diagnostic précoce repose principalement sur des examens au scanner, qui produisent cependant un taux élevé de résultats suspects qui s’avèrent finalement bénins, conduisant parfois à des biopsies et des chirurgies inutiles. Par ailleurs, les tests de « biopsie liquide » reposent généralement sur le séquençage de l’ADN, un processus coûteux, complexe et nécessitant des infrastructures informatiques avancées.

La nouvelle méthode repose sur extraction de l’ADN libre de l’échantillon de sang. Les chercheurs le marquent ensuite avec une substance fluorescente et le fixent sur une puce à ADN qu’ils ont développée. La puce est scannée par un scanner optique et les motifs lumineux obtenus sont analysés. On peut ainsi identifier rapidement la « signature digitale » biologique du cancer.

Elle a été testée au cours d’une étude comprenant 103 participants : 51 atteints d’un cancer du poumon et 52 sujets sains. Le modèle a permis de déterminer une signature composée de 170 segments génomiques. Testée en aveugle sur un groupe de validation distinct, cette signature a démontré sa capacité à distinguer les patients atteints d’un cancer du poumon des sujets sains avec une sensibilité de 93,1 %, et de 90,3 % pour les patients aux stades 2 à 4 de la maladie.
Les chercheurs ont de plus réussi à distinguer les deux principaux sous-types de cancer du poumon – l’adénocarcinome et le carcinome épidermoïde – sur la base de leur empreinte ADN spécifique.

Au-delà du diagnostic, ils ont également examiné la possibilité d’utiliser ce test pour suivre la réaction des patients au traitement. Parmi les patients testés, on a constaté que les changements de l’« empreinte digitale » biologique de l’ADN correspondaient aux résultats des tests d’imagerie : chez les patients ayant réagi au traitement, on a pu observer une évolution de la « signature » biologique vers le profil des sujets sains, alors que chez les patients n’ayant pas réagi au traitement, aucun changement significatif n’a été constaté. Les chercheurs soulignent cependant que des études à grande échelle sont nécessaires pour confirmer la capacité de suivi de la méthode.

Selon eux, le principal avantage de cette technologie réside dans sa simplicité, son faible coût et sa rapidité. Le test peut actuellement être réalisé en deux à trois jours, pour un coût d’environ 60 dollars par échantillon. Ils espèrent qu’à l’avenir, il servira d’outil complémentaire aux examens d’imagerie, contribuera au diagnostic précoce du cancer du poumon et permettra un suivi plus efficace de l’efficacité du traitement.

« Notre objectif est de rendre les analyses sanguines pour le diagnostic du cancer plus accessibles, plus simples et moins coûteuses, sans compromettre leur précision », conclut le Prof. Ebenstein. « Nous avons développé une nouvelle approche qui ne nécessite pas de séquençage génétique, mais identifie l’« empreinte digitale » biologique de la tumeur grâce à une technologie pouvant être mise en œuvre dans les laboratoires d’analyses médicales classiques. Il s’agit d’une avancée significative vers la mise au point d’un outil complémentaire aux examens d’imagerie, capable d’aider les médecins dans le diagnostic et le suivi de l’efficacité du traitement ».

JForum.fr avec les amis de l’Université de Tel-Aviv

La rédaction de JForum, retirera d’office tout commentaire antisémite, raciste, diffamatoire ou injurieux, ou qui contrevient à la morale juive.

La source de cet article se trouve sur ce site

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

PARTAGER:

spot_imgspot_img
spot_imgspot_img