Un €uro à 2.70 shekel, une perte de 30% du pouvoir d’achat

Pourquoi la hausse du shekel menace-t-elle l’économie en Israël à terme

Rien ne semble enrayer la hausse inexorable du shekel, qui risque de peser sur l’économie du pays en pénalisant tous les secteurs, à l’exception du coût des importations.

Contrairement à toutes les attentes, alors que trois années de guerre ont ralenti l’économie et fortement alourdi les dépenses de défense, l’économie israélienne apparaît, plus forte que jamais. Ce constat relève presque du miracle. Les prévisions annoncent déjà un €uro à 2.70 shekel pour la fin 2027.

Pour les Juifs français dont les revenus sont en euros, la perte de pouvoir d’achat atteint environ 35 % par rapport à il y a un an, lorsque l’euro s’échangeait entre 4,00 et 4,10 shekels. Les appartements, déjà très chers, deviennent inaccessibles, sauf à s’exiler dans des zones encore peu développées. Les retraites fondent comme neige au soleil et pourraient pousser certains à envisager un retour en France.

Mais plus encore, les commandes rien que dans le domaine militaire, qui s’élèvent à plusieurs dizaines de milliards de dollars, voient leur conversion en shekels diminuer de 30 %.

Quelles sont les conséquences de cette hausse du shekel

Le commerce extérieur, dont les prix sont fixés en dollars — notamment dans le domaine de l’armement, pour des montants de plusieurs milliards — subit durement cette baisse de près de 30 % des revenus exprimés en shekels. Enfin, le secteur du tourisme sera fortement affecté par cette hausse des prix, déjà élevés à la base.

Le déficit commercial d’Israël a augmenté à 4,19 milliards de dollars en avril 2026, soit le plus important déficit jamais enregistré pour un mois d’avril, contre 3,58 milliards un an plus tôt. Les importations ont progressé de plus de 18 %, atteignant 9,185 milliards de dollars, leur plus haut niveau depuis neuf mois, soutenues par la hausse des achats de matières premières (+11,8 %), de biens de consommation (+16,3 %) et de combustibles (+72,9 %). Les exportations ont bondi de 19,1 %, à 4,997 milliards de dollars, leur plus haut niveau depuis trois mois, grâce à une augmentation de 24,9 % des expéditions des secteurs de la fabrication, de l’exploitation minière et des carrières hors diamants, qui représentent ensemble environ 96 % des exportations totales.

Le déficit commercial d’Israël s’élargit en avril

Le déficit commercial en Israël a augmenté à 4,19 milliards de dollars en avril 2026, le plus grand déficit jamais enregistré pour un mois d’avril, contre 3,58 milliards un an auparavant. Les importations ont progressé de plus de 18 %, à 9,185 milliards de dollars, leur niveau le plus élevé depuis neuf mois, soutenues par la hausse des achats de matières premières (+11,8 %), de biens de consommation (+16,3 %) et de combustibles (+72,9 %). Les exportations ont bondi de 19,1 %, à 4,997 milliards de dollars, atteignant leur plus haut niveau en trois mois, grâce à une progression de 24,9 % des expéditions des secteurs manufacturier, minier et des carrières hors diamants, qui représentent environ 96 % des exportations totales.

Le solde commercial d’Israël se creuse

Israël a affiché un déficit commercial de 3,11 milliards de dollars en mars 2026, contre 2,8 milliards à la même période de l’année précédente. Il s’agit du déficit le plus important pour un mois de mars depuis 2022, lorsque l’invasion russe de l’Ukraine avait provoqué une forte hausse des importations énergétiques. Les importations ont augmenté de 0,8 % sur un an pour atteindre 8,4 milliards de dollars, en raison notamment de la hausse des achats de combustibles (+24,6 %, à 799 millions de dollars) et de biens d’équipement (+14,1 %, à 1,5 milliard de dollars). Les exportations ont, quant à elles, reculé de 4,3 %, à 5,3 milliards de dollars, affectées par une baisse des ventes de biens manufacturés (-3,1 %, à 5 milliards de dollars).

Déficit commercial : le plus élevé depuis 2022

Le déficit commercial d’Israël s’est creusé à 4,4 milliards de dollars en février 2026, nettement au-dessus des 2,5 milliards enregistrés un an plus tôt. Il s’agit du niveau le plus élevé depuis mai 2022. Les importations ont augmenté de 24,7 % sur un an pour atteindre 8,8 milliards de dollars, soutenues par une hausse spectaculaire des équipements de transport, des navires et des avions (+1 951,9 %), ainsi que des biens d’investissement (+74,9 % hors navires et avions), des biens de consommation (+23,7 %) et des matières premières hors diamants et combustibles (+17,3 %). Dans le même temps, les exportations ont reculé de 3 %, à 4,5 milliards de dollars, leur plus bas niveau depuis cinq mois. Sur les deux premiers mois de l’année, le déficit commercial s’est ainsi élargi à 7,4 milliards de dollars, contre 5,3 milliards sur la même période de l’année précédente.

Point d’attention

La guerre déclenchée par l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023 continue de peser structurellement sur l’économie israélienne. La « guerre des douze jours » menée contre l’Iran en juin 2025 a provoqué une contraction marquée de l’activité au deuxième trimestre 2025. Par ailleurs, depuis août 2025, des droits de douane américains de 15 % s’appliquent aux exportations de biens israéliens vers les États-Unis, remettant en cause l’accord de libre-échange bilatéral en vigueur depuis 1985. Ces deux chocs simultanés constituent un risque avéré pour la croissance et la compétitivité extérieure à court terme.

Une reprise en cours malgré des chocs multiples

L’économie israélienne est entrée dans la guerre d’octobre 2023 avec des fondamentaux solides, ce qui lui a permis d’absorber, au moins dans un premier temps, les dépenses extraordinaires liées à la réponse militaire. Si le PIB a reculé au quatrième trimestre 2023, la croissance a néanmoins atteint 1 % en 2024. Après une poursuite du redressement au premier trimestre 2025 (+3,4 % en rythme annualisé), la guerre des douze jours avec l’Iran en juin a entraîné une récession de 3,5 % au deuxième trimestre. Pour l’ensemble de l’année 2025, la croissance s’est établie à 2,9 %, révisée à la baisse par rapport aux estimations initiales de 3,1 %. Le ministère des Finances table sur un rebond de 4,6 % en 2026, principalement porté par une consommation privée plus soutenue et une reprise de l’investissement.

Finances publiques et position extérieure sous pression

La poursuite de dépenses militaires élevées, notamment après le conflit avec l’Iran en juin 2025, devrait porter le déficit budgétaire entre 4,9 % et 5,1 % du PIB en 2025, malgré des coupes budgétaires dans d’autres secteurs et de bonnes recettes fiscales. Le ratio dette publique/PIB s’est établi à 68,6 % en 2025, contre 67,7 % en 2024, selon le ministère israélien des Finances. Le déficit devrait néanmoins se réduire en 2026 à mesure que la croissance soutiendra les recettes et que les dépenses militaires reflueront vers 6 à 6,5 % du PIB, contre un pic de 9 % en 2024. Sur le plan extérieur, les réserves de change atteignaient environ 230 milliards de dollars en novembre 2025, soit près de 40 % du PIB, constituant un solide amortisseur.

Inflation sous contrôle, marché du travail tendu

L’inflation a atteint en moyenne 2,6 % en 2025, contre 3,2 % en 2024. En janvier 2026, le taux d’inflation annuel est tombé à 1,8 %, son niveau le plus bas depuis juin 2021, restant dans la cible de la Banque d’Israël (1 % à 3 %) pour le sixième mois consécutif. L’extension de la guerre a entraîné le départ de nombreux travailleurs étrangers ou palestiniens, seulement partiellement remplacés. Ce déficit de main-d’œuvre, avec un chômage limité à 3 %, maintient une forte pression sur les salaires. Le retour progressif de l’inflation dans la cible devrait soutenir la confiance des consommateurs et permettre des baisses de taux, réduisant les coûts d’emprunt pour les ménages et les entreprises.

L’économie technologique comme moteur structurel

La résilience de l’économie israélienne repose en grande partie sur son écosystème technologique. En 2025, le secteur technologique israélien a enregistré une hausse historique des opérations de sortie : la valeur totale des fusions-acquisitions et introductions en bourse a atteint 58,8 milliards de dollars, soit une progression de 340 % par rapport aux 13,4 milliards enregistrés en 2024. Les droits de douane américains concernent principalement les biens, alors que les principales exportations israéliennes vers les États-Unis sont des logiciels et des services technologiques, largement exemptés de ces taxes. L’impact sur l’économie devrait donc rester relativement limité, d’autant que plus de 50 % des exportations israéliennes proviennent désormais des services.

Impact des droits de douane américains

Le droit de douane de 15 % imposé par les États-Unis sur les importations en provenance d’Israël est désormais en vigueur. Selon le président de l’Association des fabricants israéliens, cette mesure pourrait coûter entre 2 et 4 milliards de dollars aux exportations israéliennes. Elle remet en cause l’accord de libre-échange signé en 1985 entre les deux pays, qui exemptait jusqu’ici la majorité des échanges de tarifs douaniers. Des négociations sont néanmoins en cours afin de réduire ce taux.

Points de vigilance

Les exportations israéliennes restent principalement destinées à l’Union européenne, premier partenaire commercial du pays, qui absorbe 28,8 % des exportations (17,4 milliards de dollars), légèrement devant les États-Unis (28,5 %, soit 17,2 milliards de dollars). Des reculs significatifs des exportations ont été enregistrés vers la Turquie — en raison du boycott commercial depuis mai 2024 — mais aussi vers la Russie, le Royaume-Uni, la Corée du Sud et le Canada.

Les exportations de services ont atteint 83,4 milliards de dollars en 2024 et représentent désormais plus de la moitié des exportations israéliennes. Elles sont principalement composées de services aux entreprises (86 % du total). Israël se classe ainsi au troisième rang des pays de l’OCDE pour la part des services aux entreprises dans ses exportations totales.

Relations commerciales franco-israéliennes

La baisse des échanges commerciaux entre la France et Israël observée en 2022 et 2023 s’est poursuivie en 2024. Le volume total des échanges a atteint 3,1 milliards d’euros en 2024, contre 3,3 milliards en 2023 et 3,6 milliards en 2022. Les exportations françaises vers Israël se sont élevées à 1,7 milliard d’euros en 2024, en recul de 7,4 % sur un an. L’excédent commercial français avec Israël a atteint 328 millions d’euros, en baisse de 17,5 % par rapport à 2023. Israël représentait la 42e destination des exportations françaises en 2024 (0,3 % du total), tandis que la France était le 10e fournisseur d’Israël selon les statistiques douanières israéliennes.

Les représentants locaux des marques françaises de parfums et cosmétiques (Dior, L’Oréal, L’Occitane…) indiquent avoir réalisé des chiffres d’affaires records en 2024. Ils attribuent ces performances à la suspension d’une grande partie des vols internationaux et à un effet de substitution des achats habituellement réalisés à l’étranger. La hausse des exportations françaises de matériels électriques s’explique notamment par l’accélération du développement des capacités de production d’électricité, notamment renouvelable, secteur dans lequel EDF Renewables joue un rôle clé dans le solaire. En revanche, le recul des ventes de véhicules reste préoccupant, malgré une stabilité des immatriculations (272 000 véhicules en 2024 contre 270 000 en 2023).

Contexte politique : élections législatives à l’automne 2026

Les élections législatives israéliennes de 2026 devront se tenir avant le 27 octobre afin de renouveler les 120 membres de la Knesset. La coalition dirigée par Benjamin Netanyahu a adopté de justesse le budget 2026 avant la date limite du 31 mars, évitant ainsi la dissolution automatique du Parlement et des élections anticipées.

Les principaux thèmes de campagne devraient être :

  • la sécurité et les responsabilités liées au 7 octobre ;
  • l’avenir de Gaza ;
  • la démocratie et les questions de corruption ;
  • le partage du service militaire, notamment l’exemption des Haredim ;
  • la reprise économique dans un contexte de coût de la vie élevé et de finances publiques sous tension.

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