Trump redéfinit Gaza sans l’accord d’Israël

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Trump redéfinit Gaza sans l’accord d’Israël

L’annonce par Donald Trump de la création d’un Conseil pour la paix à Gaza a provoqué une réaction immédiate et inhabituelle du gouvernement israélien. Selon un communiqué officiel publié samedi, la composition de cette nouvelle instance contredirait la politique israélienne et aurait été décidée sans concertation préalable avec Jérusalem. Une situation qui met en lumière des divergences stratégiques sensibles entre alliés, alors même que la mise en œuvre du plan américain pour Gaza entre dans une phase décisive.

Face à cette annonce, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a demandé à son ministre des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar, de saisir directement le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Objectif : clarifier la position de Washington et faire part des lignes rouges israéliennes concernant la gouvernance future de Gaza.

Une composition jugée problématique à Jérusalem
Le point de crispation principal concerne l’invitation adressée au président turc Recep Tayyip Erdogan à rejoindre le Conseil pour la paix. Pour Israël, cette éventualité est inacceptable. Les autorités israéliennes considèrent Ankara comme un acteur hostile sur le dossier gazaoui, en raison de ses positions politiques, de son soutien affiché au Hamas et de ses critiques répétées contre les opérations militaires israéliennes.

Cette question aurait déjà été abordée lors de discussions confidentielles menées ces dernières semaines entre de hauts responsables israéliens et l’administration Trump. Israël aurait alors clairement exprimé son opposition à toute implication turque, y compris sur le plan sécuritaire. Jérusalem avait notamment opposé son veto à la présence de troupes turques au sein de la future Force internationale de stabilisation appelée à être déployée dans la bande de Gaza lors de la phase suivante du plan américain.

Le Conseil de paix, pilier du plan Trump
Malgré ces réserves, la Maison Blanche a confirmé vendredi la composition initiale du Conseil pour la paix de Gaza, présenté comme l’organe central chargé de superviser la reconstruction de l’enclave et le désarmement du Hamas. Parmi les membres fondateurs figurent Marco Rubio, l’envoyé spécial américain Steve Witkoff, Jared Kushner, déjà impliqué dans les accords d’Abraham, ainsi que l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair.

S’y ajoutent plusieurs figures issues du monde économique et institutionnel international : l’investisseur américain Marc Rowan, le président de la Banque mondiale Ajay Banga, et le conseiller adjoint à la sécurité nationale Robert Gabriel. Leur rôle est de mobiliser des financements, d’attirer des investisseurs et de structurer les projets de reconstruction à grande échelle.

Une dimension internationale assumée
Le Conseil de paix se veut également une plateforme diplomatique élargie. Le président argentin Javier Milei a officiellement accepté l’invitation de Trump à y siéger. Par ailleurs, selon plusieurs informations concordantes, le Premier ministre canadien Mark Carney et le président égyptien Abdel Fattah El-Sisi auraient également été sollicités.

Cette internationalisation assumée du Conseil vise à donner une légitimité politique et financière au plan américain, tout en répartissant les responsabilités entre plusieurs États partenaires. Mais elle soulève aussi des interrogations sur la cohérence stratégique de l’ensemble, notamment du point de vue israélien.

Une tension maîtrisée mais réelle
Si aucun désaccord public majeur n’avait jusqu’ici émergé entre Washington et Jérusalem sur le dossier gazaoui, cette annonce révèle des divergences profondes sur la méthode et sur les acteurs jugés légitimes pour façonner l’avenir de Gaza. Pour Israël, la gouvernance post-conflit ne peut inclure des puissances perçues comme adverses. Pour l’administration Trump, au contraire, l’implication d’acteurs régionaux et internationaux est présentée comme une condition nécessaire à la stabilité et à la reconstruction durable de l’enclave.

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