En pleine célébration des 250 ans d’indépendance américaine, l’ancien président Donald Trump a lancé une invitation pour le moins originale : observer un Chabbath national du coucher du soleil le 15 mai au soir jusqu’à la tombée de la nuit le 16 mai. Cette proposition, faite lors de la proclamation du Mois du patrimoine juif américain, vise à rendre hommage aux apports historiques des Juifs dans la construction des États-Unis, tout en soulignant la tradition juive du repos et de la réflexion.
Trump n’a pas fait les choses à moitié en évoquant la figure emblématique de Haym Salomon, ce financier polonais dont l’histoire ressemble à un scénario hollywoodien tragique : banquier de la Révolution américaine, cofondateur de la première synagogue de Philadelphie, ce héros discret a fini ses jours dans la pauvreté, enterré dans une tombe sans nom. Pour Trump, Salomon incarne la foi inébranlable dans la promesse américaine, un symbole qui, selon lui, mérite d’être célébré par un temps de recueillement national.
Ce geste s’inscrit dans une continuité historique, puisque le Mois du patrimoine juif américain est officiellement reconnu depuis 2006, grâce à une proclamation de George W. Bush, suivie par ses successeurs Barack Obama, Donald Trump et Joe Biden. Dernièrement, une résolution bipartisane a été introduite à la Chambre des représentants pour renforcer cette reconnaissance et surtout pour combattre l’antisémitisme, fléau qui, selon Trump, a augmenté sous son prédécesseur. Il promet que, sous son leadership, la lutte contre la violence antisémite sera vigoureuse, notamment sur les campus universitaires.
Cette initiative ne se limite pas à une célébration symbolique. Elle s’inscrit dans une stratégie plus large portée par le Combat Antisemitism Movement (CAM), qui encourage les municipalités américaines à reconnaître officiellement ce mois. L’an passé, plus de 200 villes ont répondu à cet appel, un effort pour sensibiliser, éduquer et protéger les communautés juives locales. L’action vise aussi à rappeler que plus d’un million de Juifs ont servi dans l’armée américaine depuis la fondation du pays, un engagement souvent méconnu mais primordial dans le récit national.
Toutefois, cette proposition d’un Chabbath national pose une question de taille : dans un pays où la séparation stricte entre Église et État est un principe fondamental, une telle initiative pourrait-elle être perçue comme une intrusion religieuse dans la sphère publique ? Trump mise sur l’aspect culturel et historique pour justifier ce temps de pause, mais l’idée d’un Chabbath national, même symbolique, pourrait susciter débats et controverses. Néanmoins, au-delà de ces discussions, l’appel à un moment de réflexion collective sur les contributions juives à l’Amérique est une occasion rare de renforcer le dialogue interculturel et de combattre les préjugés.
En somme, l’invitation de Donald Trump à observer un Chabbath national pour célébrer 250 ans d’indépendance américaine est un geste qui mêle hommage historique, engagement politique et combat contre l’antisémitisme. Une proposition qui, si elle trouve son écho, pourrait bien donner un nouveau souffle à la reconnaissance des communautés juives et à la lutte contre la haine, dans un pays toujours confronté à ses contradictions identitaires.
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