Un répit pour les habitants du Nord sous les bombes, une amélioration du renseignement et de la réponse aux tirs du Hezbollah, le maintien des positions de Tsahal sur les territoires conquis et une pression accrue des Libanais sur le Hezbollah : ce ne sont là que quelques-uns des avantages du cessez-le-feu imposé à Israël. L’inconvénient reste l’incertitude quant à la reprise des combats. En attendant, Jérusalem a les yeux rivés sur les négociations au Pakistan, qui pourraient sceller le sort de la campagne au Liban.
Ynet – Ron Ben Yishai
La stratégie de Donald Trump
Le président Trump a imposé ce cessez-le-feu au Premier ministre Netanyahou. La raison est claire : le président américain ne veut pas que les combats au Liban fassent obstacle à un accord avec l’Iran, alors que Téhéran, Washington et le médiateur pakistanais tentent de définir un cadre pour mettre fin à la guerre.
À première vue, cette trêve ne semble pas favoriser Israël dans sa volonté d’imposer le désarmement du Hezbollah. Toutefois, l’issue des négociations avec l’Iran étant incertaine, il n’est pas dit que ce cessez-le-feu durera plus de dix jours. Israël dépend désormais du bon vouloir du président américain, capable de nous empêcher de « finir le travail », comme ce fut le cas lors de l’opération « Am KeLavi » (Peuple comme un Lion) où les avions de Tsahal furent stoppés en route vers l’Iran.
Les avantages tactiques pour Israël
Pourtant, d’un point de vue purement israélien, cette pause présente des avantages non négligeables :
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Répit pour le front intérieur : Les habitants du Nord, sous un feu nourri depuis plus d’un mois, peuvent enfin souffler. Cela permet au gouvernement de déployer en urgence des infrastructures de protection (abris mobiles) qui faisaient défaut.
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Logistique et régénération : Pour Tsahal, c’est l’occasion de libérer des réservistes, de remettre en état les tanks et blindés, et de reconstituer les stocks de munitions.
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Le siège de Bint Jbeil : Tsahal encercle actuellement la ville stratégique de Bint Jbeil. Si les Américains n’obligent pas Israël à laisser sortir les terroristes, dix jours de siège total pourraient paradoxalement faciliter la prise de la ville à la reprise des combats.
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Supériorité du renseignement : Tsahal va exploiter ces dix jours pour une collecte intensive de renseignements sur tout le Liban. L’armée de l’air pourra affiner ses méthodes pour contrer plus efficacement les lancements de roquettes et de drones à l’avenir.
Les risques à surveiller
L’expérience montre que le Hezbollah tentera aussi de se réorganiser et d’échapper à la surveillance israélienne. Le danger principal réside dans l’infiltration de commandos, de missiles antichars et de mortiers vers le Sud-Liban. Ces équipements, petits et mobiles, pourraient être positionnés dangereusement près des forces israéliennes stationnées à moins de 10 km de la frontière.
Le levier politique au Liban
Le cessez-le-feu pourrait augmenter la pression de la population libanaise (y compris la communauté chiite) sur les dirigeants du Hezbollah et d’Amal (Nabih Berri et Naïm Qassem) pour ne pas reprendre les hostilités. Tant que les bombes tombaient, le Hezbollah pouvait prétendre « protéger le Liban » ; pendant la trêve, les civils qui souhaitent retrouver ce qu’il reste de leurs foyers exigeront la paix.
Conclusion
Si Trump parvient à un accord solide avec les Iraniens, le Hezbollah pourrait se retrouver isolé, sans financement ni soutien de Téhéran, et être contraint d’accepter un désarmement progressif. En attendant, Tsahal maintient ses positions et se prépare à toutes les éventualités : soit une simple pause de dix jours, soit une prolongation durable du calme.
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