Tom Barrack l’envoyé de Trump est la marionnette d’Erdogan

Les critiques à l’encontre de Barrack ne se limitent pas aux cercles politiques. Le New York Sun, journal conservateur, a publié un éditorial particulièrement virulent dans lequel Sinan Cidi, spécialiste de la Turquie, décrit l’ambassadeur comme « un homme qui n’a pas peur de son destin ». L’éditorial va jusqu’à affirmer que Barrack se comporte parfois « moins comme un ambassadeur que comme un homme de confiance d’Erdogan à Washington ».

L’origine de la crise réside dans les déclarations de Barrack concernant le plateau du Golan. L’ambassadeur a récemment affirmé qu’Israël « occupe toujours le Golan » en violation des résolutions de l’ONU, ce qui contredit directement la décision historique du président Trump en mars 2019, par laquelle il a officiellement reconnu la souveraineté d’Israël sur le plateau du Golan.

Le ministre de la Défense, Israël Katz, a rapidement réagi aux propos de l’ambassadeur. Dans une déclaration inhabituelle publiée samedi, M. Katz a clairement indiqué que les propos de M. Barrack étaient « entièrement inexacts » et contredisaient directement la position du président américain lui-même. Cette déclaration faisait suite à l’attaque israélienne contre la base d’Abou al-Douhur, dans le nord de la Syrie.

Netanyahu et Erdogan Photo : Shutterstock )

La lutte pour la Syrie et la menace iranienne

Au-delà des échanges diplomatiques, une profonde lutte géopolitique se joue quant à la configuration du Moyen-Orient. Tandis que l’ambassadeur Barrack affirme qu’Ankara ne souhaite pas de confrontation militaire et qualifie l’activité israélienne à Abou al-Douhur d’« escalade inutile », en Israël, la réalité est perçue tout autrement.

Ces derniers mois, la Turquie est devenue un allié clé du régime de Damas, Ankara contribuant à la formation de l’armée syrienne et à la reconstruction des infrastructures. Jérusalem craint une présence militaire turque permanente qui modifierait l’équilibre des forces régional, notamment en raison du déploiement de systèmes radar susceptibles de restreindre considérablement la liberté d’action de l’armée de l’air.

L’ambassadeur Barrack a lui-même reconnu que la Syrie constitue une voie aérienne essentielle pour Israël, « offrant une vue dégagée sur l’Iran ». Par conséquent, empêcher l’implantation militaire étrangère dans la région représente un intérêt primordial pour Israël, afin de lui permettre de contrer la menace iranienne.

Le consul général d’Israël à New York, Ofir Akunis, a évoqué cette semaine l’opération en Syrie en des termes concis : « Nous disposons d’excellents renseignements. Nous continuerons à protéger les citoyens d’Israël contre notre ennemi. » M. Akunis a également félicité l’administration Trump pour sa décision d’imposer des sanctions à l’Iran , soulignant le lien entre la lutte contre l’influence turque en Syrie et la lutte contre l’Iran.

Escalade diplomatique et juridique

Les tensions entre Jérusalem et Ankara ne se limitent pas au domaine sécuritaire. Cette semaine, le ministère turc de la Justice a officiellement demandé à Interpol d’émettre une notice rouge contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et d’autres hauts responsables israéliens pour génocide et crimes contre l’humanité.

Le ministre turc de la Justice, Akin Gurlek, a confirmé que cette mesure faisait suite aux mandats d’arrêt émis dans le pays le 14 juillet. Une enquête est en cours dans cette affaire contre 35 accusés israéliens, suite aux actions des forces navales pour stopper la flottille internationale de militants en Méditerranée.

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