Royaume-Uni : Le Premier ministre Keir Starmer annonce sa démission

Les rumeurs s’étaient intensifiées ces derniers jours, c’est désormais officiel. Moins de deux ans après son arrivée au pouvoir, le Premier ministre travailliste Keir Starmer a annoncé lundi sa démission après des mois de pression, précisant qu’il resterait en poste jusqu’à la désignation de son successeur à la tête du Labour.

« Toutes les décisions que j’ai prises ont eu pour objectif de faire passer en premier le pays que j’aime. C’est pourquoi je vais démissionner de mon poste de président du Parti travailliste », a déclaré, la voix étranglée par l’émotion, le chef du gouvernement lors d’un bref discours devant la porte du 10, Downing Street.

« Nouveau chef »

L’impopulaire chef du gouvernement résistait depuis des mois à des appels à démissionner. Mais sa position est devenue intenable après l’élection jeudi au Parlement de son rival au sein du Labour, Andy Burnham, désormais en position de briguer la direction du Parti travailliste et de Downing Street.

« J’ai parlé à Sa Majesté le roi ce matin pour l’informer de ma décision. Je demanderai au Comité exécutif national du Parti travailliste d’établir un calendrier prévoyant l’ouverture des candidatures le 9 juillet, et leur clôture avant la fin de la pause estivale », le 1er septembre, a précisé le dirigeant de 63 ans devant les caméras.

« En cas d’élection interne, cela garantira qu’un nouveau chef soit en place avant la reprise des travaux du Parlement en septembre […] Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour assurer une passation de pouvoir dans les règles », a-t-il ajouté.

Nigel Farage, chef du parti anti-immigration Reform UK, en tête des sondages nationaux depuis des mois, a appelé dans la foulée à de nouvelles élections législatives. Le Labour garde une large majorité au Parlement et des législatives ne sont pas prévues avant 2029.

Aveu d’échec

Pour Keir Starmer, cet aveu d’échec survient moins de deux ans après la large victoire de son parti lors des élections législatives de juillet 2024, mettant fin à 14 années de gouvernements conservateurs. Il a vanté lundi son bilan sur l’économie, l’accès à la santé ou le soutien à l’Ukraine. Mais il a ajouté avoir entendu le message de son parti.

« La question que mon parti se pose aujourd’hui est de savoir si je suis le mieux placé pour nous mener aux prochaines élections législatives. J’ai pris connaissance de la réponse de mon groupe parlementaire à cette question et j’accepte cette réponse », a-t-il déclaré.

Andy Burnham, populaire maire du Grand Manchester et grand favori pour lui succéder, doit être officiellement investi député lundi vers 14h30 locales. Une étape indispensable pour prétendre à la direction du parti travailliste et prendre la tête du gouvernement.

Avec ce départ, le Royaume-Uni s’apprête à connaître son septième Premier ministre en dix ans, une instabilité sans précédent dans l’histoire moderne de ce pays.

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