Réussite ou capitulation israélienne ? De profonds désaccords en Israël autour du cessez-le-feu

Les accords Trump pour un cessez-le-feu mutuel suscitent une profonde controverse en Israël. Netanyahou souligne que l’équation a été clarifiée auprès du président américain, tandis que les analystes sont divisés sur la question de savoir s’il s’agit d’un accomplissement stratégique ou d’une soumission aux pressions de l’administration et d’une immunité accordée au Hezbollah dans la Dahieh.

JDN

La publication des accords dramatiques par le président des États-Unis, Donald Trump, a suscité hier soir une vague d’interprétations, d’analyses et de désaccords au sein des cercles de sécurité et des médias en Israël.

Alors que certains analystes voient dans cet accord un accomplissement stratégique imposant des conditions plus restrictives au Hezbollah, d’autres y voient une capitulation totale face à l’administration américaine et mettent en garde contre la retenue et l’octroi d’une immunité aux commandants de l’organisation à Beyrouth.

Le Premier ministre Netanyahou a publié un communiqué ce soir : « Je me suis entretenu ce soir avec le président Trump et je lui ai dit que si le Hezbollah ne cessait pas d’attaquer nos villes et nos citoyens, Israël frapperait des cibles terroristes à Beyrouth. Notre position reste inchangée. »

Les coulisses de la médiation

De nouveaux détails révélés ce soir présentent le parcours de la médiation qui a conduit au blocage de l’attaque dans la Dahieh.

Une source diplomatique qatarie a déclaré à la chaîne Al Jazeera que le Qatar avait pris contact avec la partie américaine dès dimanche dernier pour pousser à une désescalade dans le sud du Liban, et avait relancé les contacts aujourd’hui à la lumière des avertissements israéliens. Selon cette source, Washington a informé le Qatar immédiatement après l’appel Trump-Netanyahou que les frappes sur la Dahieh étaient annulées.

Parallèlement, la présidence libanaise et l’ambassade du Liban à Washington détaillent le déroulement des événements. À la suite d’un appel téléphonique entre le président libanais, le général Joseph Aoun, et le secrétaire d’État américain Antony Blinken (Note : le texte hébreu mentionne Marco Rubio), une confirmation officielle a été reçue indiquant que le Hezbollah acceptait la proposition américaine de cessation mutuelle des attaques.

Par la suite, le président Trump s’est entretenu avec l’ambassadrice du Liban aux États-Unis, Nada Mhanna (Note : le texte hébreu mentionne Neda Moawad), et l’a informée qu’il avait obtenu l’accord de Netanyahou pour le règlement, et celle-ci a transmis les détails au président Aoun, qui en a informé le Hezbollah. Selon les prévisions, les négociations se poursuivront mardi et mercredi.

Les analyses : un succès stratégique…

Fin des faits, place aux interprétations. Certains affirment qu’il s’agit d’un bon accord pour Israël. Le Hezbollah s’est engagé à ne pas attaquer Israël avec des roquettes, Israël s’est engagé à ne pas attaquer à Beyrouth, et les combats dans le sud du Liban se poursuivront.

Selon eux, Israël continue de neutraliser le Hezbollah dans le sud du Liban, tandis que le Hezbollah retient ses tirs en échange du calme dans la Dahieh – un endroit qu’Israël n’attaque de toute façon pas en temps normal. Ils ont ajouté que les menaces de frappes se sont révélées être le point faible de l’organisation, et que l’acceptation de ces conditions montre que le Hezbollah et l’Iran ne sont pas en position de force.

Une autre analyse indique que la nouvelle équation améliore le positionnement d’Israël. Le Hezbollah est soumis à des conditions beaucoup plus restrictives puisqu’il doit cesser complètement ses activités contre Israël, tandis que les forces israéliennes restent sur le terrain dans le sud du Liban et continuent de neutraliser les menaces. De plus, il est soutenu que l’Iran, qui menaçait d’élargir la campagne au détroit de Bab al-Mandeb, est « descendu de son arbre » et s’est résigné à la situation, ce qui crée une déconnexion souhaitée entre les différents fronts.

… Ou une capitulation face au terrorisme ?

À l’inverse, d’autres analystes dressent un tableau opposé et critiquent sévèrement ces accords. Selon eux, en fin de compte, l’État Israël fait preuve de retenue – de manière consciente et déclarée – face aux centaines d’attaques menées contre les localités du Nord ces dernières semaines sous couvert d’un simulacre de « cessez-le-feu ».

Ces analystes soulignent que cette concession revient à accorder une immunité totale aux commandants du Hezbollah à Beyrouth et dans la Dahieh, même lorsque ceux-ci continueront d’ordonner des attaques de roquettes, de missiles antichars et d’engins explosifs contre les forces de Tsahal.

Le seul point positif, selon eux, est que le Hezbollah cessera ses tirs vers les localités, mais la zone de sécurité dans le sud du Liban continuera d’être le terrain où les forces israéliennes et les terroristes de l’organisation se traqueront mutuellement, et cette fois avec l’approbation américaine et le consentement israélien.

Le ministre Ben Gvir a également réagi au cessez-le-feu imposé à Israël : « Monsieur le Premier ministre, vous avez dit qu’un Premier ministre fort dit au président des États-Unis « oui » quand c’est possible, et « non » quand c’est nécessaire. C’est le moment de dire « non » à notre ami, le président Trump. C’est maintenant le moment de faire ce qui est requis et nécessaire pour frapper le Hezbollah, délier les mains de nos combattants et ramener la sécurité dans le Nord. »

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