Après de tristes records en 2025, l’année 2026 commence mal pour nombre d’entreprises, avec un niveau inédit de défaillances de commerce, rapporte le cabinet spécialisé Altares. Près de 19.000 procédures ont été ouvertes devant le tribunal de commerce sur le premier trimestre, soit une hausse de 6,4 % des défaillances. Sur douze mois glissants, ce nombre de défauts est porté à 71.100, précise l’expert de la donnée d’entreprise, soit « un niveau record ».
Alors que ces procédures menacent 75.350 emplois, « du jamais vu depuis la crise de 2009 », quel est le portrait-robot de l’entreprise en difficulté dans notre pays ?
Une petite structure
Les microentreprises de moins de trois salariés représentent 75 % des procédures, avec 14.311 établissements qui ont fait défaut ce trimestre. Un chiffre en hausse de + 11,2 %, par rapport au 1er trimestre 2025. Plus de sept de ces petites structures sur dix ont été directement placées en liquidation judiciaire. « Ces petites entreprises sont principalement des sociétés commerciales, souvent faiblement capitalisées et dont le niveau de trésorerie est insuffisant pour affronter un environnement économique dégradé », précise le cabinet. Elles sont celles qui souffrent le plus des retards de paiement des clients. « Or, dans un climat géopolitique instable, […] rien ne laisse présager une amélioration rapide des comportements de paiement », s’alarme Altares.
De l’autre côté du spectre, les plus grosses défaillances du trimestre ont concerné le verrier Arc (3.500 salariés en France), et l’association médico-sociale Asalée (2.000 infirmières salariées).
Les plus jeunes entreprises le plus souvent liquidées
En volume, les entreprises qui ont entre trois et dix ans connaissent le plus de difficulté. Pas moins de 5.377 structures vieilles de trois à cinq ans sont à la peine, un nombre presque similaire (5.369) aux entreprises vieilles de six à dix ans. Cependant, ce sont les entreprises de moins de trois ans qui sont celles pour qui la liquidation judiciaire est la plus prononcée (78,4 %, 1.961 entreprises).
Le secteur de la construction le plus touché
Le secteur de la construction reste le plus touché au premier trimestre, avec 4.580 entreprises défaillantes, notamment dans le second œuvre (2.321 structures, soit + 9,8 %). Vient ensuite le secteur du commerce : 3.737 entreprises ont ouvert une procédure, dont 2.209 commerces de détail.
Les activités de services aux entreprises impactées
Dans le détail des défaillances par activités, on trouve les services aux entreprises (2.730 défaillances, + 11,7 %), notamment les services administratifs apportés aux entreprises (comptabilité, ingénierie, conseils…). Quant aux activités d’hébergement, de restauration et de débits de boissons, 2.642 entreprises ont été en difficulté au premier trimestre.
Une entreprise située en Nouvelle-Aquitaine
Sur les treize régions métropolitaines, trois subissent le plus cette hausse du niveau des défaillances. La Nouvelle-Aquitaine est la région la plus touchée, avec près de 2.000 défaillances depuis le début de l’année. Viennent ensuite la Bourgogne-Franche-Comté et le Centre-Val-de-Loire.
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Vers une accélération des défaillances avec la guerre au Moyen-Orient ?
Alors que la guerre en Iran, commencée le 28 février, a fait bondir le prix des carburants, le cabinet Altares met en garde sur les répercussions que cette hausse peut avoir en France. Si elle continue, elle va détourner les consommateurs des petits commerces, de l’habillement ou les restaurants, souligne Altares. « Ce premier trimestre n’est donc guère propice au rétablissement de la confiance ni à la relance de l’investissement et de la consommation », estime ainsi Thierry Millon, directeur des études d’Altares.
Pour répondre à la crise, le gouvernement a ouvert lundi un « prêt flash carburant » pour un montant total de 10 millions d’euros. « Plusieurs centaines » d’entreprises l’ont sollicité, a indiqué mardi Nicolas Dufourcq, directeur général de la Banque publique d’investissement (BPI). Ce dispositif, à destination des TPE et PME, permet le prêt sommes de 5.000 à 50.000 euros au taux de 3,80 % sous certaines conditions.
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