En catimini : Tsahal retire 20 « camions fantômes » de la bande de Gaza.
Des camions sont laissés sur place et récupérés par des chauffeurs locaux, pour la plupart liés au Hamas, qui perçoivent une commission sur le trafic.
Des responsables de Tsahal décrivent une nouvelle méthode de contrebande utilisant divers moyens aériens, maritimes et terrestres, très difficile à détecter.
lors d’une opération militaire menée dans la nuit de dimanche à lundi, Tsahal a intercepté une vingtaine de camions de contrebande en provenance de la bande de Gaza et les a conduits en territoire israélien. Cette opération, menée par la Division Gaza en coopération avec d’autres services de sécurité, a consisté à saisir les camions à l’intérieur de la bande de Gaza avant de les acheminer vers Israël. Il s’agit là d’un des nombreux mécanismes de contrebande utilisés pour faire entrer des camions chargés de marchandises illicites dans la bande de Gaza, avec la complicité de soldats israéliens et d’entrepreneurs civils. Les chauffeurs déposent les camions à un point de rendez-vous convenu, puis un chauffeur local, généralement lié au Hamas, les récupère.
Une source militaire a indiqué qu’après les récentes révélations concernant la contrebande vers la bande de Gaza, celle-ci avait temporairement diminué. Cependant, ce trafic a désormais repris, et la source a également fait état d’une recrudescence de la contrebande vers Gaza via de gros drones. Selon cette même source, certaines activités de contrebande, comme le trafic de cigarettes, de drogues, d’appareils électroniques et même d’armes, génèrent des revenus dépassant le milliard de shekels. Une part importante de cet argent est reversée au Hamas.

Lors d’une conversation avec plusieurs sources de Tsahal, il est apparu qu’au cours de l’année écoulée, depuis la stabilisation des combats à Gaza, la carte de la contrebande vers la bande de Gaza a évolué. Ces mêmes sources ont indiqué qu’on observe un passage des méthodes traditionnelles à des modèles sophistiqués et plus difficiles à détecter, selon les termes d’un officier du Commandement Sud. Contrairement au passé, où ils s’appuyaient sur des infrastructures permanentes, les réseaux de contrebande opèrent aujourd’hui selon une structure flexible et dynamique, conçue pour exploiter les failles logistiques et technologiques.
La contrebande en provenance du Sinaï met à l’épreuve la Marine
L’un des développements les plus notables est le recours accru à la voie maritime. Un haut responsable militaire estime que les trafiquants du Sinaï ont repris leurs activités de déversement en mer de conteneurs scellés renfermant divers équipements, notamment des « composants à double usage ». Ces articles sont utilisés par des civils et des organisations terroristes. Les conteneurs sont conçus pour flotter longtemps et être emportés par les courants vers les côtes de la bande de Gaza. Ce trafic se déroule généralement de nuit et utilise parfois des moyens de diversion, comme des drones, pour entraver la marine. Selon ce même responsable, la majeure partie de ce trafic maritime passe inaperçue.
De plus, les cas d’exploitation des mécanismes de transit officiels se multiplient. Plus de 100 000 camions humanitaires sont entrés dans la bande de Gaza, ouvrant la voie à de nombreuses filières de contrebande. Des organisations criminelles et terroristes, en collaboration avec le Hamas, y font entrer des marchandises de contrebande dissimulées à bord de ces camions. Par ailleurs, des camions clandestins, non autorisés à entrer dans la bande de Gaza, y sont acheminés. Les marchandises de contrebande sont laissées sur place et récupérées par le Hamas.
D’après nos sources au sein de l’armée, les trafiquants impliqués sont membres des milices qui, selon les informations recueillies, combattent en coordination avec Tsahal. « Une grande partie des membres de ces milices étaient des criminels locaux qui ont désormais accès à des armes et à beaucoup d’argent », a déclaré un officier supérieur. « Ce sont des gens qui haïssent le Hamas, qui a assassiné des membres de leur famille. Mais cela ne les empêche pas de faire affaire avec eux. Beaucoup de gens ici voient pour la première fois des sommes astronomiques en dollars, et cela les aveugle. Ici aussi. »
Le nouveau modèle : la contrebande « multicanale »
Un cas inhabituel révélé début 2026 a illustré l’audace croissante de ces méthodes. Selon un acte d’accusation récemment déposé, un officier de Tsahal et plusieurs civils étaient impliqués dans un trafic de marchandises vers la bande de Gaza à l’aide de camions. D’après l’acte d’accusation, un chauffeur faisait entrer le camion par un point de passage frontalier, puis le laissait à l’intérieur de la bande avant de retourner en Israël. Une fois sorti, le camion était récupéré par les autorités locales. Cette méthode permet de contourner la phase de sortie contrôlée. « Une fois le camion resté à l’intérieur de la bande, il est plus difficile de retracer la chaîne logistique », a déclaré une source proche du dossier.
L’évaluation au sein de Tsahal et des instances de défense israéliennes conclut qu’il n’existe actuellement pas de filière de contrebande unique, mais plutôt de multiples circuits fonctionnant en parallèle. Ce modèle, appelé « répartition des ressources et des risques », permet aux organisations opérant dans la bande de Gaza de poursuivre leurs activités et de maintenir leurs approvisionnements même lorsqu’une des filières est découverte ou bloquée.
L’armée israélienne et le Shin Bet s’efforcent de renforcer la surveillance des passages frontaliers et investissent dans des moyens de détection maritimes de pointe. Ils mènent également des enquêtes et des opérations de contre-espionnage fondées sur le renseignement afin de démanteler les réseaux de contrebande. Cependant, le système reconnaît qu’il s’agit d’une lutte sans fin qui, pour l’instant, n’a pas permis d’obtenir de résultats. « Chaque faille comblée est immédiatement remplacée par une nouvelle voie, et cette course contre la montre n’est pas près de se terminer. »
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