La guerre qui se prolonge au Moyen-Orient va-t-elle gâcher nos vacances ? Le détroit d’Ormuz toujours bloqué, les prix des carburants restent toujours très élevés pour les automobilistes à la pompe. Très gourmand en kérosène, le secteur aérien subit également de plein fouet la flambée des cours du pétrole depuis plusieurs semaines. Avec déjà des conséquences très concrètes pour les passagers, qui voient les prix des billets s’envoler, faisant plonger les réservations. Encore plus durement impactés que les compagnies traditionnelles, des opérateurs low-cost commencent même à annuler des vols.
C’est le cas de Transavia, la compagnie low-cost du groupe Air France, qui a déjà prévu de réduire la voilure en mai et juin en annulant « moins de 2 % de ses vols » sur la période, selon l’entreprise. Idem pour ses concurrentes Volotea ou Ryanair mais aussi pour la compagne allemande Lufthansa, qui a pris la décision de supprimer 20.000 vols jusqu’en octobre. « Hélas, il est probable que les vacances de beaucoup de gens seront touchées, soit par des annulations de vols, soit par des prix des billets très, très élevés », a prévenu la semaine dernière le commissaire européen à l’Énergie, Dan Jørgensen.
Un réservoir de 184.000 litres pour certains A350
Voilà pour les perspectives, pas franchement réjouissantes. Mais pour mieux comprendre pourquoi une telle pagaille dans le ciel, nous avons voulu savoir combien les avions de ligne consommaient de carburant à chaque vol ? Et à combien s’élevaient la facture pour faire le plein d’un de ces monstres des airs ?
Cela dépend bien sûr du type d’avion et de la durée du vol. Pour des gros-porteurs comme le Boeing 787 assurant des vols long-courriers, la capacité en carburant dépasse les 126.000 litres et peut même aller jusqu’à 184.000 litres pour certains A350. Pour des moyen-courriers, c’est beaucoup moins, avec par exemple une capacité en carburant de 26.000 litres.
De 750 à 1.900 dollars la tonne de kérosène
On ne parle là que du réservoir mais pour la consommation, cela varie aussi. « Un moyen-courrier comme l’A320 consomme environ 2 tonnes à l’heure, soit environ 2.400 litres, précise Gérard Feldzer, consultant en aéronautique. Pour un long-courrier comme l’Airbus A350, on est plus proche des 4,5 tonnes à l’heure, soit plus de 5.000 litres à l’heure. » Pour relier Paris à New York en huit heures environ, un A350 consommera donc pas loin de 40.000 litres de kérosène, pour un coût total de plusieurs dizaines de milliers d’euros.
Notre dossier sur le prix des carburants
Sachant que le prix du kérosène a bondi de 750 dollars la tonne (1.200 litres) avant le conflit à près de 1.900 dollars début avril, on imagine facilement l’impact pour les compagnies aériennes. « Le kérosène représentait environ 25 % du total des coûts d’une compagnie aérienne. Et là, il évolue entre 40 et 45 % », a précisé la semaine dernière sur le plateau de BFM Business Pascal de Izaguirre, PDG de la compagnie aérienne Corsair et président de la Fédération nationale de l’aviation et de ses métiers.
Des détours qui coûtent cher aux compagnies
Outre la flambée des prix des carburants, les compagnies aériennes doivent aussi faire des détours pour éviter certaines zones aériennes devenues impraticables depuis le début du conflit. « Quand on revient d’Asie par exemple, les avions sont contraints de faire des détours d’une à deux heures et cela coûte très cher en carburant, en personnel et en maintenance », poursuit Gérard Feldzer.
Le président d’Aviation Sans Frontières se montre d’ailleurs assez pessimiste pour le transport aérien si la guerre au Moyen-Orient perdure. « Les compagnies perdent beaucoup d’argent en ce moment et elles vont continuer de souffrir tant que le conflit perdure, assure-t-il. Dans ce contexte, les low-cost sont encore plus impactées et elles ne vont pas pouvoir tenir bien longtemps, c’est pour cela qu’elles suspendent certaines lignes et cela risque de se poursuivre. »
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