Longtemps attendu en vain au cours d’une édition 2026 pas franchement passionnante, le grand frisson va enfin s’emparer de Roland-Garros, ce jeudi 27 août, lors d’un débat entre sept des prétendants majeurs à la présidence de la République. Marine Tondelier, Gabriel Attal, Jean-Luc Mélenchon, Édouard Philippe, Marine Le Pen, Raphaël Glucksmann et Bruno Retailleau ont rendez-vous à 16h45 sur le court Philippe-Chatrier, où se déroule la Rencontre des Entrepreneurs de France du Medef, comme en 2025. Cette année, le thème de la REF est « le courage ». Pourquoi pas. Reste à accorder l’événement et le lieu où il prend place. Ça tombe bien, 20 Minutes a quelques idées pour donner au débat une ambiance digne de Roland-Garros.
- Une présentation des candidats par Marc Maury avant leur entrée sur le Central.
On ne peut pas vouloir recréer l’ambiance des quinzaines à Roland-Garros sans faire appel à la voix sacrée des lieux pour chauffer le public avant le début des hostilités. Imaginez. « Elle nous vient de Neuilly-sur-Seine. Elle a remporté 11 élections, dont deux aux régionales, quatre aux européennes, deux aux législatives. Finaliste de la présidentielle en 2017 et 2022 elle compte trois condamnations : deux pour diffamation en 2011 et 2023 et une pour détournement de fonds publics dans l’affaire des assistants parlementaires européens en 2025 puis en appel en 2026, elle représente le Rassemblement national, la Française Marine Le Pen ! »
- Autoriser Jean-Luc Mélenchon à intimider ses adversaires en bondissant comme Nadal à la sortie des vestiaires.
Qui de mieux que le candidat LFI pour incarner la grinta de Rafa dans les couloirs du Court Philippe-Chatrier ? Un coup à déstabiliser les petits nouveaux de la nouvelle campagne présidentielle. Attention, Gabriel Attal, à ne pas nous faire une Casper Ruud 2022 – le Norvégien s’était totalement liquéfié contre Rafa en finale après avoir subi le numéro d’intimidation de l’Espagnol.
- Inviter la Tribune Bleue pour foutre le boxon.
Le groupe de supporters de la balle jaune sait y faire avec ses chants et des « Popopopopolololo » à tout-va entre chaque prise de parole pour faire craquer les protagonistes et forcer la présentatrice à demander du silence. « Les candidats sont prêts, merci. » Le summum de l’expérience spectateur à Roland-Garros.
- Des juges de ligne fact-checkeurs
« Encore des juges », soupirera Marine Le Pen. Oui madame, mais Roland-Garros est le dernier bastion des juges de ligne et il serait de bon ton de les honorer jeudi en leur donnant un rôle adapté au débat politique, comme les autoriser à interrompre un candidat surpris en train de raconter des bobards en criant « FAUTE ! ». Ces derniers seraient en droit de contester la décision (au risque de se faire huer par le public).
- Installer les clans de chaque candidat dans les box en bord de court pour qu’ils puissent l’encourager (ou le houspiller).
La réalisation ne manquera pas de repérer les stars qui accompagnent les protagonistes, ni de capturer les regards noirs lancés par les candidats à leurs proches à chaque échange perdu. Le coaching reste en revanche interdit.
- Organiser un mini-tournoi « One Punchline slam »
Chaque concurrent a droit à une seule punchline pour battre son adversaire et avancer au tour suivant. La compétition est ouverte aux amateurs en quête de gloire (David Lisnard, Karim Bouamrane, Florian Philippot, François Ruffin, etc.), et le vainqueur remporte 1.000.000 d’euros issus de l’optimisation fiscale – ça reste un événement Medef.
- Mettre en place un système de double faute en cas de réponse trop éloignée de la question initiale.
Sur le modèle du service au tennis, chaque candidat aura deux tentatives pour bien répondre. En cas de double faute, deux minutes seront déduites sur son temps de parole. Un moyen efficace de lutter contre la langue de bois.
- Instaurer un système d’avertissements puis un point de pénalité pour ceux qui cherchent trop leurs mots.
Pour favoriser le spectacle face aux temps d’attention qui diminuent et assurer la continuité du débat, les bafouillements seraient limités. Une mesure qui pénaliserait grandement Raphaël « heu » Glucksmann.
- Le droit à une pause pipi pour esquiver une question délicate.
Exemple : « Édouard Philippe, maintenez-vous votre position sur la mise à contribution des retraités dans l’effort général de financement du système social français ? » Hop, pause pipi. Joker utilisable une seule fois dans la soirée.
- Ouvrir l’accès aux bars VIP pour que les patrons aillent s’y sustenter
Et accessoirement se désintéresser du débat, laissant les tribunes vides. Ou comment retrouver toutes les sensations d’une demi-finale à double-billeterie en première rotation, Porte d’Auteuil.
- Un Tournoi des légendes avec l’ancienne élite de la politique française.
Au casting Nicolas Sarkozy, Manuel Valls, Jean-Pierre Raffarin, François Bayrou, Jean Castex et Michel Barnier. Les débats seraient animés par Claude Bartolone, comme au bon vieux temps.
- Une cérémonie d’hommage à Emmanuel Macron sur le Chatrier
Les jubilés en vidéo des icônes du jeu étant une spécialité locale, il serait naturel d’organiser une cérémonie pour le président sortant en compilant ses meilleurs moments ( « traverser la rue pour trouver du travail », « les gens qui réussissent et ceux qui ne sont rien », « nous sommes en guerre », « for sure », le discours devant le sous-marin ou encore ses plus belles poignées de main avec Donald Trump). Comme le veut la tradition, la cérémonie serait ponctuée de la remise du fameux trophée « tiramisu » par Gilles Moretton et Amélie Mauresmo.
- Le stand Sandwich au homard tenu par François de Rugy
Devenu incontournable dans les allées de Roland-Garros pendant la quinzaine de tennis (26 euros), le sandwich au homard prendrait une tout autre dimension grâce au plus grand ambassadeur français de ce noble crustacé marin.
- L’interview du vainqueur du débat sur le court à la fin de l’émission par Apolline de Malherbe.
Histoire d’aller au bout du délire. Et puis c’est toujours mieux que Fabrice Santoro.
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