Pourquoi La France a honoré Alfred Dreyfus ce dimanche 12 juillet ?
Emmanuel Macron a présidé à Paris la première Journée nationale de commémoration de la reconnaissance de l’innocence d’Alfred Dreyfus, à l’occasion du 120e anniversaire de sa réhabilitation, en rendant hommage au capitaine, à ses défenseurs et à ceux qui poursuivent aujourd’hui la lutte contre l’antisémitisme.
Un anniversaire important. Emmanuel Macron a rendu hommage au capitaine Alfred Dreyfus ce dimanche à l’occasion de la première journée nationale consacrée à la reconnaissance de son innocence par la Cour de cassation en 1906.
« Le dreyfusisme nous rappelle que l’antisémitisme, quelles qu’en soient la racine ou les explications prétendues, est l’ennemi de la République. Or, nous savons que les vieux démons de l’antisémitisme n’ont jamais totalement disparu de notre pays. Nous le savons parce que les actes antisémites, loin de s’éteindre, continuent de frapper des personnes en raison de ce qu’elles sont », a déclaré le chef de l’État. Emmanuel Macron a également appelé les municipalités à apposer le nom des Justes sur chaque lieu où des Juifs furent cachés ou sauvés pendant la Seconde Guerre mondiale, tandis qu’une statue d’Alfred Dreyfus a été installée.
Il aura donc fallu attendre 2026 pour qu’un président de la République se rende à la Cour de cassation afin de rappeler solennellement que l’antisémitisme est « l’ennemi de la République ».
La journée du 12 juillet n’a pas été choisie au hasard puisqu’elle marque le 120e anniversaire de cette décision de la Cour de cassation. Ainsi, Emmanuel Macron a décidé d’instaurer une journée nationale pour commémorer «la victoire de la justice et de la vérité contre la haine et l’antisémitisme».
Le chef de l’État a pris la parole juste à côté de la Cour de Cassation, sur l’île de la Cité à Paris, où une statue représentant le capitaine Dreyfus dégradé dans la cour de l’Ecole militaire en 1895 sera désormais érigée.
Cette statue, commandée au sculpteur Tim par François Mitterrand et Jack Lang en 1984-85, a connu «divers emplacements qui ne satisfaisaient personne» avant que le choix ne se porte sur ce lieu, conformément «aux vœux de la famille, partagés par la mairie de Paris et le président de la République», a précisé l’Élysée.
Charles Dreyfus, 98 ans, petit-fils et dernière personne vivante à avoir connu Alfred Dreyfus, décédé en 1935, s’exprimera en premier, avant le maire de Paris Emmanuel Grégoire et le chef de l’Etat, a ajouté l’Élysée.
Plus de quatre ans de bagne en Guyane
Ce fut aussi une journée dédiée aux «dreyfusards», c’est-à-dire «tous ceux qui ont œuvré pour la reconnaissance de son innocence», du colonel Marie-Georges Picquart à Emile Zola et Anatole France, a relevé la présidence.
Pour rappel, l’Affaire Dreyfus, qui a profondément déchiré l’opinion française pendant plus d’une décennie sur fond d’antisémitisme et de conspiration politico-militaire, a éclaté en 1894 quand Albert Dreyfus a été accusé de haute trahison et espionnage au profit de l’Allemagne.
De son arrestation au 12 juillet 1906, date de l’arrêt mettant fin judiciairement à l’Affaire, Alfred Dreyfus aura connu deux procès, l’emprisonnement et plus de quatre ans de bagne sur l’île du Diable en Guyane.
Après sa réhabilitation, Alfred Dreyfus, réintégré comme commandant, demanda une revalorisation de carrière tenant compte de ses années perdues au bagne, sans obtenir gain de cause, et quitta l’armée en 1907, avant de servir à nouveau pendant la Première Guerre mondiale.
Malgré les appels à la panthéonisation d’Alfred Dreyfus à l’occasion de ce 120e anniversaire, tout comme celui des 90 ans de sa mort, le 12 juillet 1935, Emmanuel Macron n’a pas accédé à la demande.
Toutefois, cette cérémonie «s’inscrit» dans «l’élévation d’Alfred Dreyfus au grade de général de brigade» votée par le Parlement l’année dernière, a souligné l’Elysée.
JForum.fr avec CNEWS et causeur
reconnu innocent il y a 120 ans, le 12 juillet 1906. [Bridgeman Images / Bridgeman Images via AFP]
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