Dans le petit monde de la météo, il y a un truc qui cloche. Comment la température de Paris a-t-elle pu bondir de plusieurs degrés, deux soirs d’avril ? Certes, le printemps est plutôt doux, mais des bons de plusieurs degrés, en fin de journée, pendant une heure, c’est étrange. Bug informatique ou intervention humaine ?
Pour mesurer la température de Paris, la sonde Météo-France située à l’aéroport de Roissy sert de référence. Le 6 avril, à 19 heures, elle relève une température à 21 °C, avant de retomber. Rebelote le 15 avril, où le mercure monte à 22 °C. Un peu inhabituel pour cette heure, et surtout pour une durée aussi courtes. Sur les forums spécialisés, les hypothèses vont bon train : capteur défaillant, erreur de transmission, voire exposition directe au soleil. Mais une autre piste s’impose peu à peu : celle d’une intervention volontaire.
Presque 30.000 euros de gains sur des chances infimes
Ces températures sont des données publiques. Puisqu’elles sont en accès libre, n’importe qui peut s’en servir pour tout un tas d’usages. Parmi eux : Polymarket. La plateforme de paris en ligne à base de cryptomonnaie est désormais tristement célèbre pour les mises qu’elle autorise sur la géopolitique ou la guerre en Ukraine. Le site autorise aussi des paris tout aussi absurde, mais un peu plus innocents, comme la température maximale atteinte à Paris dans la journée par exemple.
Le 6 avril, en fin d’après-midi, le scénario d’une température maximale dépassant les 21 °C est jugé quasi impossible sur Polymarket : les marchés lui attribuent alors moins de 5 % de chances de se produire. Pourtant, quelques minutes avant le pic enregistré, un compte récemment créé prend position. Il mise seulement quelques dizaines de dollars sur cette issue très improbable. Puis, à 19 heures, la température s’emballe brièvement et franchit le seuil décisif. Résultat : le parieur empoche environ 14.000 dollars (environ 12.000 euros).
Le même schéma se reproduit la semaine suivante. Alors que le scénario d’une température atteignant 22 °C est évalué autour de 0,1 % de probabilité, un pari est placé peu avant un nouveau pic soudain. Là encore, la hausse éclair suffit à valider le seuil retenu par la plateforme. Gain estimé : plus de 20.000 dollars (environ 17.000 euros). Les comptes impliqués ont été créés quelques jours seulement avant les événements, avec une activité concentrée sur ces paris très spécifiques. A chaque fois, les mises sont modestes au regard des gains potentiels, mais placées à des moments extrêmement opportuns, juste avant les variations de température.
Une intervention humaine probable
Pour les météorologues contactés dans les médias, de BFM au Figaro, ainsi que des internautes qui surveillent les marchés de Polymarket, la manipulation physique d’un capteur pourrait suffire à fausser une mesure pendant quelques minutes. Il suffirait d’une source de chaleur temporaire, comme un sèche-cheveux, imagine par exemple un utilisateur de X, pour valider le pari. Un scénario davantage plausible qu’un pic ultra-local de l’activité solaire.
Contacté par 20 Minutes, Météo-France ne souhaite pas donner de détails sur l’incident. L’institut confirme juste avoir déposé une plainte pour « altération du fonctionnement d’un système de traitement automatisé » auprès de la brigade de gendarmerie du transport aérien de Roissy. Face à la polémique, la plateforme, elle, a discrètement modifié sa source de données. Désormais, les paris sur la température parisienne s’appuient sur un autre capteur, situé à l’aéroport du Bourget.
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