Paris brule, mais « Tout va très bien Madame la marquise »

Violences à Paris après la victoire du PSG : derrière la mobilisation des forces de l’ordre, une vraie faiblesse politique.

Au-delà de la faiblesse chronique des politiques, il y a le déni. Ce déni résulte de l’aveuglement de la classe politique au pouvoir face aux résultats de sa propre politique immigrationniste. La solution adoptée face à ce déni consiste, à chaque fois, à minimiser les choses, à relativiser, à noyer le poisson. 

Pour le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, il n’y a pas de quoi s’affoler : il n’y a pas eu mort d’homme. Paris brûle, mais à part ça, « tout va très bien, Madame la Marquise, tout va très bien, tout va très bien… »

Ce n’est pas ce que pense une majorité de Français, qui voit se banaliser la violence au quotidien, pour un oui, pour un non. Jusqu’où ira-t-on dans ce déni et dans cette mort lente de la France ?

Pour Gabriel Attal — ce « Macron bis » — il faudrait arrêter de parler du déclin de la France. Mais si c’est là la réalité vécue par des millions de compatriotes, la France n’a pas besoin de ce discours lénifiant. Il n’est pas en mesure de voir — ou refuse de voir — les résultats de la politique qu’il a contribué à mener pendant dix ans aux côtés de son mentor Emmanuel Macron et d’Édouard Philippe. Ce courant de centre-gauche, qui a conduit une politique d’immigration massive et non maîtrisée, nous entraîne vers une guerre civile larvée qui ne dit pas son nom.

Les signaux d’alarme sont pourtant là, visibles de tous sauf de ceux qui gouvernent : une insécurité qui gagne des territoires entiers, des quartiers abandonnés à eux-mêmes, une autorité de l’État qui recule faute de volonté politique réelle. On repeint la façade, on change les mots — on ne parle plus d’échec mais de « défi » —, mais le fond, lui, ne change pas. La France souffre, et cette souffrance mérite mieux que le déni ou les leçons de morale de ceux qui n’en assument aucune conséquence.

La victoire historique du PSG a de nouveau été accompagnée de violences, malgré un dispositif sécuritaire parmi les plus importants jamais déployés. Derrière les centaines d’interpellations et la mobilisation massive des forces de l’ordre, les incidents interrogent moins les moyens policiers que les limites de la prévention, de la réponse judiciaire et de la volonté politique face à une délinquance devenue récurrente lors des grands rassemblements populaires.

Ce qu’il faut en retenir :

22 000 policiers et gendarmes, dont 8 000 à Paris, avaient été mobilisés pour encadrer les célébrations de la victoire du PSG et limiter les débordements.

Malgré ce dispositif, des violences, dégradations et affrontements avec les forces de l’ordre ont été recensés à Paris et dans plusieurs villes.

Ces actes relèvent souvent d’une délinquance opportuniste profitant des rassemblements festifs.

Le débat porte désormais sur l’efficacité de la prévention, la responsabilité du pouvoir politique le suivi judiciaire des interpellations et l’adaptation des dispositifs pour les prochains événements.

Atlantico : L’an dernier, 563 interpellations avaient été recensées en France en marge de la victoire du PSG en Ligue des champions. Après le second sacre européen du club de la capitale samedi soir, de nouveaux débordements ont éclaté samedi soir à Paris. Quel bilan tirez-vous, sur le plan sécuritaire, de cette soirée en Île-de-France et à l’échelle nationale après les incidents en marge de la victoire en Ligue des champions du PSG ?

Driss Aït Youssef : La puissance publique s’attendait à un certain nombre de débordements. C’est la raison pour laquelle elle a déployé 22.000 policiers et gendarmes sur l’ensemble du territoire, dont 8.000 rien qu’à Paris. Il s’agit d’un dispositif particulièrement important.

Des violences urbaines, il y en a régulièrement, et de plus en plus, pas seulement en marge des festivités sportives. C’est également le cas lors de manifestations, par exemple le 1ᵉʳ mai ou à d’autres occasions. Ces événements constituent toujours une opportunité pour des casseurs afin de venir commettre des exactions dans l’espace public.

La puissance publique a été réactive en mobilisant un grand nombre d’effectifs. 416 interpellations ont été effectuées en France, dont 283 dans l’agglomération parisienne. Sept policiers ont été blessés après la victoire du PSG en Ligue des champions samedi, selon des informations du ministère de l’Intérieur.

Gérald Pandelon : À cette heure, ce samedi soir, le bilan national n’est pas consolidé ; les premiers éléments font état d’incidents localisés à Paris (Champs-Élysées, Parc des Princes, rue Étienne-Marcel et secteur Faubourg-Montmartre, où une policière a été blessée par un tir de mortier et d’interpellations comptées par vagues successives. Oui, les débordements dépassent la région parisienne : à Clermont, une centaine de jeunes ont attaqué les policiers aux mortiers et bouteilles. Pour mémoire, le précédent de 2025 avait produit un bilan national lourd : deux morts, 559 interpellations dont 491 à Paris, 320 gardes à vue, 692 incendies dont 264 véhicules. Le bilan définitif de cette nuit ne sera connu que dimanche.

Philippe Vénère : De nombreux incidents ont éclaté à l’issue du match en Ile-de-France. Ce type d’événements et de dégradations se multiplient depuis de nombreuses années. Bien au-delà de la victoire du PSG, certains individus qui sont passés à l’acte cherchent n’importe quel autre prétexte pour en découdre avec les forces de l’ordre. Ce ne sont pas des supporters qui dérapent et qui commettent des exactions ; ce sont des individus qui viennent parce qu’ils veulent semer le désordre, parce qu’ils veulent se confronter aux forces de l’ordre.

Évidemment, le discours habituel ne changera pas, mais puisqu’ils recherchent le rapport de force, pourquoi ne serait-il pas possible de le leur opposer ? Je constate que le gouvernement se contente de petites mesures. Certes, beaucoup de membres des forces de l’ordre ont été mobilisés et il est possible que le nombre d’interpellations augmente lorsque nous ferons le bilan demain matin, mais pour quel résultat ? Cela ne produit pas grand-chose et ne permet pas de lutter efficacement contre la délinquance. J’ai connu l’époque d’une loi décriée qui s’appelait la loi anti-casseurs. Toute personne prise dans un attroupement au sein duquel des dégradations avaient été commises était tenue solidairement responsable des réparations.

Drapeaux de l’OLP, centaines de détenus et un policier grièvement blessé lors des célébrations au Paris Saint-Germain.

La victoire de l’équipe de France en Ligue des champions a provoqué des émeutes dans toute la ville, notamment sur les Champs-Élysées. Sept policiers ont été blessés, le ministre de l’Intérieur a apaisé les tensions et les célébrations de la victoire n’ont pas été menacées d’annulation : « Je n’appellerais pas cela du chaos ».

Le Paris Saint-Germain a remporté la Ligue des champions pour la deuxième fois consécutive, mais comme souvent lors des grandes célébrations footballistiques en France ces dernières années, les festivités ont dégénéré en émeutes et affrontements avec les forces de l’ordre. Selon les derniers chiffres, 416 personnes ont été arrêtées en Île-de-France, dont 283 dans la capitale, et sept policiers ont été blessés, dont un grièvement.

Des émeutes avaient déjà éclaté à plusieurs endroits de la ville pendant le match. D’après des images diffusées sur les réseaux sociaux, en seconde période, des supporters ont saccagé un abribus à Paris et des feux d’artifice ont été tirés ailleurs. Après le coup de sifflet final et la victoire du PSG, les émeutes se sont propagées, obligeant la police à mettre en place des barrages routiers pour les contenir dans certains quartiers et empêcher d’autres fêtards de se joindre aux manifestations.

D’autres images ont montré la police utilisant des grenades fumigènes pour disperser des émeutes qui avaient débuté avant la fin du match. Plus tôt, le journal « Le Figaro » avait fait état de plusieurs dizaines d’arrestations et de deux commerces endommagés à Versailles, mais au cours de la nuit, le nombre d’arrestations a continué d’augmenter pour atteindre plusieurs centaines.

Malgré les violences, les autorités n’ont pas l’intention d’annuler les célébrations de la victoire. Des dizaines de milliers de supporters ont suivi le match sur écran géant au Parc de France, et environ 200 000 personnes se sont rassemblées sur les Champs-Élysées pour fêter l’exploit. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Núñez, a balayé les accusations de chaos, déclarant : « Je ne parlerais pas de chaos, mais de rétablissement de l’ordre dans la République. »

Apparemment, la municipalité s’était préparée minutieusement à un tel scénario. Tous les magasins des Champs-Élysées étaient barricadés par des blocs de bois ou d’épaisses barrières de verre afin d’empêcher les pillages, à l’instar des incidents survenus ces dernières années après les victoires des équipes de France et du Maroc en Coupe du monde, ainsi qu’après le précédent sacre du PSG en Ligue des champions, lors duquel 294 personnes avaient été arrêtées durant la nuit des célébrations.

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