Paraguay – France : « On sait faire la guerre »… Comment les Bleus ont réussi à ne pas péter les plombs face l’Albirroja

De notre envoyé spécial à Philadelphie,

Les habitués du Lincoln Financial Field ne devaient pas être déçus. Habitués à voir des tampons à la pelle en NFL avec leur équipe des Eagles, les supporteurs américains en ont eu pour leur argent, samedi, lors du huitième de finale de Coupe du monde entre la France et le Paraguay. Pas de casque et de protections, cette fois, mais, dixit Bradley Barcola, des tacles sur le tibia, des coups de coude…

On était prévenus. Cinq jours après avoir sorti l’Allemagne d’une manière assez similaire, bien que moins violente, les Paraguayens ont usé de leur qualité première face aux Bleus : la garra guarani ou « faire la guerre », comme l’a rappelé Rayan Cherki après la qualification des Tricolores pour les quarts de finale du Mondial. Non, l’Albirroja n’était pas venue pour jouer au foot, elle espérait juste faire vriller les Français avec ce « jeu » basé sur l’agressivité et le don de soi.

Au Paraguay, « le ballon passe, pas le joueur »

Avec un bloc très bas, les hommes de Gustavo Alfaro ont, pendant longtemps, merveilleusement défendu, même s’il fallait passer par des gestes déloyaux pour contrer les véloces et techniques attaquants français, comme ce coup de coude de Matias Galarza sur Kylian Mbappé, non sanctionné par l’arbitre. Une façon un peu spéciale de voir le voir le football qui nous a été présenté par le gardien Orlando Gill, encore auteur de grosses parades, après la rencontre :

« C’est le football, si on n’est pas habitués à ça, qu’est-ce qu’on peut y faire ? Le Paraguay est comme ça, une sélection rude, qui est au-dessus au niveau physique. Dès les premières minutes de jeu, il fallait se montrer sur le terrain, être dur sur l’homme et que si le ballon passait, le joueur non. »

Ça, on l’a bien vu, car plusieurs fois, le joueur français n’est effectivement pas passé. Si, au début de la rencontre, ce « folklore » amusait pas mal, il a fini par énerver. Enormément. Et même si les joueurs français ont montré quelques signes d’agacement, se plaignant beaucoup à l’arbitre qui ne sifflait rien, ils ont quand même réussi à rester dans leur match. Le fruit d’un travail spécial qui les avait préparés à affronter une telle situation.

Kylian Mbappe face à Juan José Caceres.
Kylian Mbappe face à Juan José Caceres. - HMB Media/ Marco Bader/Sipa USA/SIPA

« On était préparés à ça, ça fait quelques jours que le coach nous expliquait que la qualité principale du Paraguay, c’était de faire la guerre, de faire sortir les joueurs adverses de leur match, a indiqué Rayan Cherki en zone mixte. On était prêts, on avait envie de rappeler à tout le monde que nous aussi, on savait faire la guerre. »

« S’il faut mettre les mains dans la merde… »

« On a montré qu’on n’était pas seulement une équipe qui savait jouer un football offensif, a développé Mbappé sur M6. S’il faut mettre les mains dans la merde, on va mettre les mains dans la merde. Ils pensaient qu’on allait venir jouer en smoking, qu’on allait juste venir faire des belles actions et des une deux. Nous, on sait aussi faire le sale football. On a gagné et même là-dedans, on a été meilleurs qu’eux. »

Car en plus de répondre au défi physique des Paraguayens, dont la simple coupe de cheveux et la gueule carrée pouvait suffire à vous faire vos moyens, les Bleus ont réussi à rester zen, à l’image de Bradley Barcola dont les chevilles sont passées au rayon-x paraguayen. « Avec tous les coups que j’ai reçus, il ne fallait pas que je réponde, que je rentre dans ce jeu-là, illustrait BB. C’était très compliqué, mais c’était une bonne expérience. » Peu importent les coups, les provocations incessantes, rien ne pouvait dévier les Bleus de leur trajectoire.

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Pas même avec ce début d’échauffourée provoquée, évidemment, par l’Albirroja lors de la pause hydratation de la seconde période. Un petit attroupement s’est fait, les Paraguayens venant directement se chauffer avec Mbappé. Mais tout a fini par se calmer et les Bleus ont retrouvé leur sang-froid, après une intervention salvatrice de Didier Deschamps.

« On menait et il ne fallait pas entrer dans le jeu du Paraguay, sinon on ne peut pas s’en sortir, a raconté le sélectionneur en conférence de presse après match. Il ne fallait surtout pas faire de gestes ou quoi que ce soit. J’ai monté le ton car on pouvait exciter le Paraguay encore plus, et on n’avait pas besoin de ça. Ce n’est pas facile mais on l’a fait, on a gardé nos nerfs et c’est l’essentiel. »

Des joueurs en agents de sécu pour Mbappé

Ils ont fait mieux que ça, pour rendre un peu plus fou leurs adversaires : ils ont répondu au cartel d’Asuncion par des sourires et ça a eu le don de les agacer un peu plus. Comme lorsque Ousmane Dembélé s’est mué en ange gardien du point de penalty pour ne pas que les Sud-Américains le transforment en champ de patate ou lorsque Kylian Mbappé a récupéré une faute sur le côté et a ri à la gueule de Matias Galarza et Juan José Caceres, qui lui avait chatouillé le tibia quelques minutes avant.

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Stratégie risquée quand même, quand on sait que les joueurs de l’Albirroja, pour ne pas être déshonorés peuvent venir vous faire une malléole en moins de temps qu’il ne faut pour le dire à la fin du match. Mais, là aussi, Didier Deschamps avait prévu son coup. « J’ai demandé aux deux joueurs les plus costauds sur le banc qu’ils aillent tout de suite le (Mbappé) protéger à la fin parce qu’on ne sait jamais. » Et, ça, les Paraguayens ne l’avaient pas vu venir.

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