Norvège – France : Buteur et passeur, Ousmane Dembélé et Kylian Mbappé, les copains d’abord

De notre envoyé spécial à Boston,

Les programmateurs musicaux des stades américains ont du goût. A chaque match de l’équipe de France à la Coupe du monde, on a droit à une petite playlist bien représentative de notre pays. Du Charles Aznavour, du Daft Punk, du Théodora… Il y en a pour tous les goûts. Pour le 16e de finale du Mondial à New York, où les Bleus vont affronter la Suède (mardi), après leur victoire face à la Norvège vendredi (4-1), on leur conseille de rajouter un petit Les Copains d’abord du lyriciste sétois Georges Brassens.

Au-delà d’être un classique de la chanson française, ce tube représente également à la perfection l’équipe de France, dont chaque membre ne cesse de répéter que le « groupe vit vraiment super bien » durant cette aventure aux Etats-Unis. Elle illustre également la relation entre Ousmane Dembélé et Kylian Mbappé, qui ont fait feu de tout bois face à la Norvège (4-1), vendredi soir. Un triplé pour le Ballon d’or, deux passes décisives pour l’attaquant du Real.

Le duo n’a pas mis longtemps avant de torturer les pauvres norvégiens, qui avaient décidé d’affronter les Bleus avec leur unité B, les mécréants. Punis d’entrée par une sublime passe de plus de trente mètres depuis le rond central du Kyks pour un enchaînement crochet du gauche, frappe du droit de Dembouz pleine d’autorité (7e). Bis repetita treize minutes plus tard, avec protection de balle parfaite de Mbappé, passe pour Dembélé qui rentre sur son pied gauche et adresse une merveille d’enroulé. Emballez, c’est pesé.

Mbappé et Dembélé, défense mutuelle

Mais il ne fallait pas compter sur un Dembélé extatique en zone mixte, qui n’avait qu’en bouche – il l’a répété une dizaine de fois en deux minutes – qu’il fallait « rester concentré ». On n’en saura pas vraiment plus sur les émotions du Ballon d’or, qui avait sans doute une revanche à prendre face aux journalistes français, qui lui ont bien chatouillé les chevilles depuis le début de la préparation, notamment après le match du Sénégal, où il avait été transparent.

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Une rencontre après laquelle son grand pote Kylian Mbappé était venu devant les médias avec bouclier et armure pour défendre celui avec qui il a joué une saison au PSG. « J’ai revu le match deux fois, il a été le meilleur des quatre attaquants en première mi-temps. C’est lui qui a le mieux fluidifié notre jeu », clamait le Parisien, avant d’en remettre une couche.

« Il est très serein. Il est le Ballon d’Or en titre. Il a toute la confiance de l’équipe et du staff technique, c’est un joueur très important pour nous. Il est en sélection depuis de nombreuses années, il connaît parfaitement le système, il n’y a aucun problème et je suis sûr qu’il continuera sur sa lancée. N’oublions pas qu’il était également blessé en fin de saison. »

« Ousmane est un joueur unique et spécial »

On ne sait pas si les paroles du capitaine des Bleus avaient eu un écho particulier dans la tête de Dembélé, il n’empêche que, six jours plus tard, à Philadelphie face à l’Irak, le Parisien était apparu transformé, notamment par le fait de jouer sur le côté droit. Des dribbles (même avec un peu de déchet), des accélérations, des combinaisons et, pour finir en beauté, une passe décisive et un but. De quoi lancer à la perfection ce Mondial.

Et, évidemment Mbappé était venu devant les médias dire tout le bien qu’il pensait de son coéquipier, qui venait de marquer son premier but en Coupe du monde en seize matchs : « C’est important pour lui de marquer un but, toute l’équipe voulait qu’il marque. C’est un joueur qui est essentiel, et quand il joue comme ça, ça sera tout bénef et l’équipe sera encore meilleure. Chez nous, il y a une volonté qu’Ousmane se sente bien, se sente à l’aise. C’est un joueur unique et spécial. »

La joie d'Ousmane Dembélé et Kylian Mbappé.
La joie d’Ousmane Dembélé et Kylian Mbappé. - Mark Stockwell/AP/SIPA

Qui sait montrer aussi les crocs quand il faut défendre son pote. Attaqué de partout après une deuxième partie de saison cahin-caha avec le Real Madrid, le kid de Bondy avait trouvé un pare-feu de qualité en la personne du n° 10 du PSG. « Les critiques envers lui sont très, très injustes, certains abusent un peu, avait-il dit dans Marca. Il ne faut pas s’acharner sur lui. Qu’il fasse ses lacets ou non, qu’il remonte ses chaussettes ou non… C’est beaucoup trop, ça reste un être humain. En équipe de France, il est très bien avec nous, c’est un leadeur. »

Pas de guerre d’ego

Avec quatre buts chacun dans cette Coupe du monde, les deux joueurs montrent qu’ils peuvent bien jouer ensemble en équipe de France, alors que certains militaient pour que Dembouz évolue à la place de Mbappé en pointe. Quelle indignité ! Les deux doivent être ensemble sur le terrain, un point c’est tout. Et il n’y avait qu’à voir la joie des deux joueurs au moment où Dembélé a marqué face à la Norvège, pour comprendre que cette bromance peut porter la France.

Cette bromance ne date pas de leur année commune passée à Paris. « C’est mon ami, assurait Mbappé à France Football en juillet 2018. On a à peu près le même âge, les mêmes centres d’intérêt. Je l’avais soutenu lors de ses débuts compliqués à Barcelone. Et quand, moi, à mon tour, j’ai connu un petit passage difficile à Paris, il m’a beaucoup appelé. On a des liens forts. »

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Dans un monde où les guerres d’ego sont nombreuses, les deux joueurs ne se sont jamais montés l’un contre l’autre, même quand Dembélé est devenu Ballon d’or alors que le trophée était prédestiné à son pote. Mbappé est même allé jusqu’à faire du lobbying pour son pote. « Je l’ai soutenu dès le début. Pour moi, c’était tout naturel de le soutenir », avait-il assuré dans « Telefoot », mettant un terme aux rumeurs selon lesquelles il y aurait une petite jalousie.

Les critiques, Dembélé et Mbappé semblent devoir vivre avec ad vitam eternam. Mais, tant qu’ils resteront liés, pas grand-chose ne semble pouvoir les perturber. Et c’est Brassens qui résumait bien la chose : « N’en déplaise aux jeteurs de sort […], son capitaine et ses matelots n’étaient pas des enfants de salauds, mais des amis franco de port. Des copains d’abord. »

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