Ni Deux états, ni Un état, mais Quoi alors?

Hardal : Oui. Le droit au retour des réfugiés palestiniens est l’un des enjeux fondamentaux – politiques, moraux et émotionnels – de la question palestinienne. Toute solution qui tente d’ignorer cette question est vouée à l’échec. Et nous parlons ici de près de la moitié du peuple palestinien.

NDLR : Le « droit au retour », tel qu’il est invoqué dans ce contexte, n’existe nulle part comme principe général applicable à tous les déplacements de population.

Ainsi, lors de la partition des Indes en 1947, on estime qu’environ huit millions de musulmans ont quitté l’Inde pour se réfugier au Pakistan. Cet exode massif s’inscrivait dans un transfert de population global de près de 13 à 14 millions de personnes entre les deux pays.

La Seconde Guerre mondiale a, quant à elle, provoqué les plus vastes déplacements de population de l’histoire européenne, estimés à plus de 20 millions de personnes. Ces transferts massifs comprennent notamment l’exode et l’expulsion de quelque 12 millions d’Allemands vers l’ouest, les déportations et le travail forcé organisés par le régime nazi, ainsi que les déplacements de populations ukrainiennes et polonaises.

Enfin, les expulsions massives de Juifs, tant des pays arabes que de plusieurs pays européens, n’ont jamais donné lieu à un quelconque droit, ni en droit international ni en droit interne, au retour dans leurs pays d’origine.

Présenter le « droit au retour » comme un principe juridique universel relève, selon cette analyse, d’une construction politique destinée à poursuivre un objectif constant : remettre en cause l’existence d’Israël par le biais de la démographie.

Au demeurant, cet argument a longtemps été avancé par une partie de la gauche israélienne, s’appuyant sur de prétendues études scientifiques qui ont, TOUTES été démenties par les faits. Depuis la création de l’État d’Israël en 1948, la population totale est passée de 806 000 habitants à plus de 10,2 millions. La population juive est passée d’environ 650 000 à plus de 7,7 millions d’habitants, tandis que la population arabe est passée d’environ 160 000 à plus de 2,1 millions. Le taux de la population Juive est restée invariable.

En clair, ces projections se sont révélées erronées et ont servi à défendre un argument qui, ne reposait pas sur la réalité démographique, mais visait à convaincre les Juifs d’accepter des concessions jugées injustifiées.

Nous n’avons pas beaucoup parlé des aspects de reconnaissance et de réconciliation historique entre les deux peuples, qui sont pourtant deux principes importants sur lesquels reposent notre paradigme et notre programme politique.

Cette vision politique — avant même d’aborder plus en détail le droit au retour du peuple palestinien — nécessite de véritables récits nationaux transformateurs pour les deux peuples.

Pouvez-vous nous en dire plus sur ce que cela signifie et sur ce que seraient ces récits ?

Hardal : Oui. Je commencerai par nous, les Palestiniens. Je pense qu’il est temps pour nous tous de reconnaître l’histoire et la mémoire collectives du peuple juif qui façonnent leurs peurs, leurs insécurités, etc.

Cela ne signifie en aucun cas légitimer les atrocités commises contre le peuple palestinien ces 80 dernières années. Mais nous devons comprendre ce peuple, et il s’agit là d’aspects psychologiques profonds de tout conflit qu’il nous faut prendre en compte.

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