Ce que l’on sait de la découverte de plusieurs tonnes de «matières nucléaires» en Syrie
«Quelques tonnes de matières nucléaires» ont été retrouvées sur deux sites en Syrie cet été. Les matières, ne présentent aucun risque et seraient placées sous «supervision internationale», a annoncé le directeur de l’AIEA.
Une annonce préoccupante. Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a annoncé mardi 18 août, la découverte en Syrie de «quelques tonnes de matières nucléaires», sur un site signalé en juillet par les autorités syriennes.
Les inspecteurs ont visité deux sites, l’un à Deir Ezzor et «un second lieu lié au matériau nucléaire récemment identifié par la Syrie», selon un communiqué conjoint.
«Nous parlons de quelques tonnes de matières nucléaires susceptibles d’être utilisées à mauvais escient», a déclaré Rafael Grossi lors d’une conférence de presse conjointe avec le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, à Damas. Les matières seraient placées sous «supervision internationale».
Une installation nucléaire secrète
D’après des «évaluations techniques», ces matériaux ne «présentent aucun risque», a assuré le ministre syrien. Ces matières «resteront gardées en Syrie, tout en étant soumises au système de supervision de l’agence».
Sur ce site, «des travaux approfondis d’excavation et d’exploration sont actuellement en cours», a déclaré Rafael Grossi. «C’est très important car cela confirme l’évaluation de longue date de l’AIEA selon laquelle une installation nucléaire était en train d’être construite, en secret», a-t-il ajouté.
L’AIEA avait annoncé l’année dernière avoir découvert des particules d’uranium sur le site lors d’une inspection en 2024.
Un lieu surveillé par Israël
La visite a eu lieu après que le média américain Axios a rapporté, la semaine dernière, des propos de responsables américains et israéliens indiquant que Washington et l’AIEA avaient conclu un accord prévoyant le retrait par l’agence de matières nucléaires entreposées sur un site clandestin en Syrie, après avoir «trouvé des terrains d’entente avec la Syrie et Israël».
Selon Axios, Israël surveillait de près un lieu baptisé «Site 99», que les autorités israéliennes présentent comme le site où le gouvernement Assad entreposait des matières nucléaires liées au projet de Deir Ezzor et avait menacé de le bombarder.
Israël a reconnu en 2018 avoir bombardé ce site onze ans plus tôt, affirmant avoir visé un réacteur nucléaire en construction.
JForum.fr avec CNEWS
«Nous parlons de quelques tonnes de matières nucléaires», a déclaré Rafael Grossi. [Izz Aldien Alqasem / ANADOLU / Anadolu via AFP]
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