Madame Bloch,
Je souhaite réagir aux déclarations que vous avez récemment tenues dans le cadre du débat public entourant la mémoire de votre grand-père, Marc Bloch.
Permettez-moi de rappeler une évidence : si Marc Bloch demeure naturellement une figure de votre histoire familiale, il appartient désormais avant tout à l’Histoire de France. Son engagement dans la Résistance, son courage face à la barbarie nazie et le sacrifice ultime qu’il a consenti ont fait de lui un patrimoine moral et intellectuel de toute la Nation.
Personne ne peut prétendre détenir le monopole de sa mémoire ni s’arroger le droit exclusif d’interpréter son héritage.
C’est pourquoi je considère qu’assimiler une grande partie des français au nazisme constitue une erreur historique majeure. Le débat politique peut être vif, mais il doit rester fondé sur la rigueur des faits et le respect de la mémoire de ceux qui ont combattu le véritable totalitarisme nazi.
Plus profondément encore, je suis frappé par le contraste entre l’héritage de Marc Bloch et votre proximités politiques avec LFI qui plus est son Président Jean Luc Melenchon avec qui vous vous être permis de prendre une photo, celui là même qui le 7 Octobre à déclarer que ce qui s’était passé était un acte de résistance repris par l’ensemble des membres de la France Insoumise ou adopter des positions ambiguës à l’égard de mouvements hostiles à Israël.
À mes yeux, Marc Bloch incarnait le combat contre toutes les formes de fanatisme, d’antisémitisme et de totalitarisme. Il défendait une certaine idée de la France, de la liberté et de la dignité humaine.
Il aurait combattu aujourd’hui ceux que vous ralliez.
Son nom repose aujourd’hui au Panthéon, aux côtés de grandes figures telles que Jean Moulin, Missak Manouchian, Marie Curie ou Simone Veil. Cette reconnaissance nationale dépasse les clivages partisans et rappelle ce que la France doit à ceux qui ont combattu pour sa liberté.
L’héritage de Marc Bloch mérite mieux que les récupérations politiques, comme vous l’avez fait. Il mérite le respect, la mesure et la fidélité aux valeurs qu’il a défendues jusqu’à son dernier souffle.
Les Juifs de France, comme l’ensemble des Français attachés à la liberté, n’ont de leçons à recevoir de personne, encore moins de vous , qui vous affichez avec ce qui est le plus méprisable en France » l’Antisémitisme » lorsqu’il s’agit de combattre l’antisémitisme, le fanatisme et toutes les formes de haine.
Am Israël Haï.
Alain SAYADA
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