L’Iran baisse le ton face à Israël, et il y a une raison à cela.
Ces derniers jours, le calme relatif a modifié le ton de Téhéran envers Israël, avec une diminution des attaques verbales contre Jérusalem. Israël est perçu comme un ennemi plus central et déterminé, ce qui, aux yeux de Téhéran, pourrait influencer les calculs du régime en cas de future confrontation.
par Beni Sabti
Un point intéressant qui a retenu mon attention ces derniers jours, durant la période d’accalmie sur le front iranien, est le changement de ton et de discours tenus par Téhéran à l’égard d’Israël, ce qui pourrait révéler une réalité plus profonde. Durant cette période, les Iraniens ont perçu Israël comme un ennemi plus déterminé et plus dangereux, et ont donc modéré leurs attaques verbales contre Jérusalem tout en concentrant leurs critiques sur les États-Unis.
J’ai l’impression que l’Iran pourrait reconsidérer sa position quant à une éventuelle attaque contre Israël lors de la prochaine confrontation. Je ne dis pas que cela n’arrivera pas, mais c’est assurément une tendance qui attire l’attention. Par le passé, l’Iran adoptait une attitude inverse : une franchise brutale envers Israël et une certaine courtoisie envers Trump, dans le but de maintenir des relations plus ouvertes et plus amicales avec les États-Unis.
Cette fois-ci, comme indiqué, la situation est différente. Ils semblent nous percevoir comme l’ennemi le plus « problématique » et le plus déterminé, et les États-Unis comme un front plus commode, compte tenu de leurs autres intérêts nationaux. Les Iraniens tentent d’établir cette distinction et de nous écarter pour le moment, car nous nous sommes donné pour mission de renverser le régime, d’aller jusqu’au bout et de l’éradiquer, tandis que de leur point de vue, une confrontation avec Trump se résume, tout au plus, à une nouvelle escalade des violences, semblable à ce qui se passe avec le Hezbollah, mais sans menace pour leur existence même. S’ils survivent, alors, à leurs yeux, la victoire est déjà acquise.
Les éliminations doivent être envisagées
Il convient de rappeler que le temps presse à Téhéran et à Washington. L’Iran maintient un état d’alerte maximale et est prêt à investir des milliards dans la survie du régime. Cette période joue même en sa faveur : le régime étant en danger, il justifie une ligne dure, l’absence de réponses à la population et une approche intransigeante qui ne répond pas aux besoins fondamentaux des civils. Aux États-Unis, en revanche, le temps presse pour le président Donald Trump. Le Congrès fait pression et exige des explications, et la Coupe du monde devrait bientôt commencer.
Si je pouvais souffler un mot au président, et contrairement aux débats animés sur le ciblage des infrastructures énergétiques ou civiles, je lui suggérerais de privilégier une approche plus simple : après les éliminations massives de chefs militaires et de commandants, l’Iran ne dispose plus que d’un cercle restreint de six ou sept hauts responsables sans véritable successeur. Leur élimination créerait un vide difficile à combler, susceptible de faire basculer l’issue du conflit.
Car au final, qui tire les ficelles ? Les hommes, pas les missiles. Je n’ai jamais vu un missile se tirer tout seul. Laisser en vie le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, c’est comme choisir entre Mohammed Deif et Yahya Sinwar : deux cartes en or.
Faire grève dans les centrales électriques, alors que l’Iran est déjà privé d’électricité, ou dans les barrages, alors que le pays manque d’eau, n’est pas forcément pertinent. Une fois les plus hauts dirigeants iraniens remplacés, il sera peut-être possible de promouvoir d’anciens responsables à des postes de pouvoir, car la population aspire au changement tout en restant anxieuse.
Une victoire à court terme pour l’Iran se traduirait par une diversion de l’attention américaine. Si Trump acceptait que l’Iran contrôle le détroit d’Ormuz, en instaurant des droits de passage et en ouvrant le passage à sa guise, cela serait perçu comme une reconnaissance de sa souveraineté et une victoire significative. Le départ physique des Américains de la région du Golfe serait, de leur point de vue, un véritable miracle qui assurerait la survie du régime.
Un pétrolier dans le détroit d’Ormuz. Photo : AP
J’ai du mal à comprendre pourquoi la prise de l’île de Kharg est devenue si compliquée pour les Américains. Il se peut que l’inquiétude provienne de l’utilisation par l’Iran de missiles mer-mer. Le régime iranien ne semble pas se soucier de mettre en danger ses propres soldats tout en endommageant des installations stratégiques. L’essentiel est de frapper l’ennemi, même si cela doit entraîner la destruction de tout.
Un nouveau-ancien leader
Les informations selon lesquelles Israël et les États-Unis auraient planifié l’ arrivée au pouvoir de l’ancien président iranien Mahmoud Ahmadinejad sont truffées d’incohérences. Trop de détails sont illogiques et ne tiennent pas la route.
Le retour d’Ahmadinejad au pouvoir signifierait un retour au Téhéran de 2005, à un régime dirigé par un leader antisémite, antilibéral et antioccidental. Sa nomination équivaudrait à faire renaître l’État islamique sous une autre forme.
Toute cette affaire paraît tout simplement invraisemblable. Qui sont exactement ces associés, et comment la communication avec eux s’est-elle déroulée ? En Iran, on sait que tous les anciens dirigeants représentent une menace potentielle, et même leurs gardes du corps appartiennent à l’élite du Corps des gardiens de la révolution islamique ; le moindre de leurs mouvements est donc surveillé. Il semble que quelqu’un ait tenté d’appliquer le modèle vénézuélien à cette affaire, sans toutefois examiner la réalité en profondeur.
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