Un rapport de l’agence Bloomberg révèle que le gouvernement irakien exploite actuellement un cordon ombilical logistique comprenant des milliers de camions-citernes qui font route vers la Syrie et la Jordanie afin de contourner la menace iranienne en mer. En parallèle, l’installation d’un oléoduc terrestre permanent bénéficiant du soutien américain est à l’étude.
JDN
Le gouvernement irakien a décidé de ne plus dépendre du bon vouloir de l’Iran dans le détroit d’Ormuz et promeut actuellement une vaste opération économique et logistique susceptible de redessiner le visage du Moyen-Orient.
Une enquête de l’agence de presse « Bloomberg » publiée aujourd’hui (dimanche) montre comment Bagdad contourne la menace maritime en activant un immense réseau de transport terrestre transitant par les pays voisins.
Selon les données, l’Irak exploite aujourd’hui des convois de milliers de camions transportant chacun environ vingt tonnes de carburant, au terme d’un voyage de plusieurs jours qui s’achève par le déchargement de la marchandise dans les ports de Syrie et de Jordanie.
Les résultats sur le terrain sont immédiatement visibles. Rien qu’au cours du mois de juin dernier, la Syrie – qui n’exportait aucun carburant auparavant – est devenue un centre d’exportation régional majeur et a capté près de trente pour cent de l’ensemble des exportations de carburant au Moyen-Orient.
L’objectif initial de cette démarche est de maintenir la continuité du fonctionnement des raffineries en Irak. Toutefois, sa portée politique réside dans l’affaiblissement direct de la capacité de chantage qu’exerce Téhéran sur les routes commerciales maritimes.
Parallèlement à l’exploitation des camions de transport, le gouvernement de Bagdad étudie des solutions à long terme et discute de la possibilité de réhabiliter l’oléoduc historique reliant Kirkouk à Banias, une initiative qui bénéficie du soutien officiel des États-Unis.
Les experts économiques estiment que l’Irak a tiré les leçons des dernières crises et a adopté une stratégie permanente de diversification des routes, de sorte que même si les tensions maritimes s’apaisent, ce nouveau corridor terrestre devrait rester un ancrage stable.
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