Suivant l’exigence sans précédent de l’Iran de réclamer des frais de passage aux navires dans le détroit d’Ormuz, l’Indonésie prévoit une mesure similaire dans un autre point de passage stratégique : Malacca. La nation musulmane estime qu’une telle collecte en fera un acteur majeur du commerce mondial.
C14 – Ben Gavish
Une ambition de souveraineté économique
Le ministre indonésien des Finances a annoncé ce mercredi que son pays envisageait de percevoir des taxes sur les navires transitant par le détroit de Malacca. Le ministre a précisé que l’Indonésie souhaite mettre en place un système de redevances en coordination avec les pays voisins, ajoutant que ce projet s’inscrit dans la directive du président local visant à transformer le pays en un acteur incontournable du commerce international.
« Nous sommes situés sur une route clé pour le commerce et l’énergie mondiaux, et pourtant, aucune taxe n’est perçue sur les navires qui empruntent le détroit de Malacca », a déclaré le ministre.
Malgré cette annonce officielle, le ministre a clarifié que le plan en est encore à ses débuts en raison de la difficulté d’obtenir un consensus avec les pays côtiers riverains et des réactions internationales potentielles. Le haut responsable indonésien a ajouté que la mise en œuvre du projet est peu probable dans un avenir proche.
L’opposition de Singapour : « Le précédent d’Ormuz »
À l’opposé, Singapour, située à l’entrée du détroit de Malacca, n’a aucun projet économique concernant l’avenir du passage maritime. Selon le réseau CNBC, le ministre singapourien des Affaires étrangères a déclaré que la guerre au Moyen-Orient avait souligné l’importance des voies navigables critiques : « Le droit de passage est garanti à tous. Nous ne participerons à aucun effort visant à fermer, bloquer ou taxer le passage dans notre région. »
Un carrefour mondial sous haute tension
Le détroit de Malacca, qui relie l’océan Indien à l’océan Pacifique, voit passer environ 50.000 navires par an (soit un quart du trafic maritime mondial). Il est bordé par l’Indonésie, la Malaisie et Singapour.
Ces trois nations bénéficient déjà économiquement de leur statut de centres de ravitaillement, de transport et de stockage pour les navires en transit. Cependant, il semble que l’Indonésie ne renoncera pas facilement à sa volonté de tirer un profit direct du passage dans ses eaux, s’inspirant des tensions actuelles autour du détroit d’Ormuz.
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