L’impossible paix tant que l’AP récompense le terrorisme antijuif

Le fait que l’Autorité palestinienne continue de financer des terroristes, malgré ses promesses d’y mettre fin, révèle une stratégie de tromperie à l’égard des gouvernements occidentaux et une culture politique qui continue de récompenser la violence antijuive.

Le véritable obstacle à la paix n’est pas seulement les différends diplomatiques concernant les frontières ou les procédures, mais la haine des Juifs profondément enracinée dans une société où le meurtre de Juifs peut rapporter argent, honneur et avancement politique.
Tant que la haine antijuive et la glorification de la violence ne seront pas combattues à la racine, les cessez-le-feu, les programmes d’aide et les initiatives de paix resteront du théâtre plutôt que de véritables voies vers la paix.

Depuis des années, la communauté internationale s’efforce de maintenir une distinction entre le Hamas et l’Autorité palestinienne. Le Hamas est présenté comme une force ouvertement terroriste, tandis que l’Autorité palestinienne est perçue comme un partenaire modéré et légitime pour la paix. Mais cette distinction devient de plus en plus difficile à maintenir lorsque l’Autorité palestinienne, qui prétend œuvrer pour la coexistence, continue de récompenser ceux qui assassinent des Juifs, induit en erreur les gouvernements occidentaux à ce sujet et promeut des terroristes condamnés à des postes d’influence.

Un nouveau rapport obtenu par le Washington Free Beacon indique que le département d’État américain a formellement établi que l’Autorité palestinienne avait versé des salaires à des terroristes condamnés, libérés des prisons israéliennes dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu à Gaza d’octobre 2025. Cette découverte à elle seule aurait dû susciter une importante couverture médiatique internationale. Or, elle est passée étonnamment inaperçue.

Ces conclusions couvrent la période d’août 2025 à janvier 2026. Autrement dit, tout en se présentant sur la scène internationale comme réformatrice, pragmatique et digne de soutien diplomatique , l’Autorité palestinienne récompensait en réalité le terrorisme. Elle incitait ses citoyens à assassiner des Juifs et constitue l’une des raisons les plus évidentes pour lesquelles la paix reste hors de portée.

Promesses faites, paiements poursuivis

Ce qui rend la situation encore plus scandaleuse, c’est que l’Autorité palestinienne s’était engagée, semble-t-il, à mettre fin à cette pratique. L’accord de cessez-le-feu négocié sous la présidence de Donald Trump comprenait des engagements de Mahmoud Abbas quant à la mise en œuvre de réformes visant à abolir le système de « rémunération pour meurtre ». Or, le récent rapport du Département d’État au Congrès a clairement démontré qu’Abbas et son gouvernement n’ont tenu aucun engagement concret.

L’histoire semble encore plus grave. Selon le rapport, l’Autorité palestinienne a transféré ces paiements par le biais d’un organisme d’aide sociale nouvellement créé, apparemment pour les dissimuler aux gouvernements occidentaux. Si cela s’avère exact, le problème n’était pas seulement la poursuite de cette politique, mais aussi les efforts déployés pour la masquer. Ce n’est pas une réforme, c’est de la tromperie par le biais de la bureaucratie.

De plus, et cela devrait aller de soi, un dirigeant véritablement soucieux de la paix supprime toute incitation au terrorisme car il comprend le poison moral et politique qu’il engendre. En revanche, un dirigeant soucieux de préserver sa légitimité à l’étranger tout en évitant les conséquences se contente de changer d’étiquette, de réorienter les fonds et d’espérer que personne ne pose trop de questions.

Cette duplicité s’inscrit dans une longue tradition. En février 2025, le journaliste Lahav Harkov révélait qu’Abbas avait indiqué que les versements aux terroristes et à leurs familles se poursuivraient même si l’Autorité palestinienne se retrouvait quasiment sans ressources, malgré les annonces publiques affirmant la fin de cette politique. En bref, le message était clair bien avant les dernières conclusions américaines : rassurer le public occidental, assurer la continuité pour le public palestinien. Le rapport actuel apparaît donc moins comme une révélation que comme la confirmation d’une pratique établie.

Du financement des terroristes à leur promotion

Même les incitations financières minimisent l’ampleur du problème. Selon des informations publiées par Palestinian Media Watch, le Fatah aurait laissé entendre que des terroristes emprisonnés depuis plus de vingt ans pourraient être promus à des postes de direction. Certains devraient participer à la prochaine huitième conférence du Fatah , un organe essentiel à l’élaboration de la future politique de l’Autorité palestinienne.

Il ne s’agit pas d’un détail insignifiant, mais d’une affirmation de valeurs. Un mouvement qui prépare sa population à la paix marginalise ceux qui sont liés à la violence et valorise ceux qui promeuvent la coexistence, la construction d’institutions et la responsabilité civique. Il ne considère pas les longues peines de prison pour des infractions terroristes comme un gage de réussite. Lorsque des terroristes sont non seulement rémunérés, mais aussi promus, le message est sans équivoque : la violence n’est pas seulement tolérée, elle est glorifiée et politiquement récompensée.

C’est là que beaucoup de commentaires dominants se trompent. Ils se focalisent sans cesse sur les frontières, les négociations et les formules diplomatiques. Ces questions ont leur importance, certes, mais elles ne constituent pas l’obstacle principal. Le problème de fond réside dans une culture politique qui glorifie la violence contre les Juifs. Les avantages financiers, le prestige social et les perspectives d’accès au pouvoir ne sont pas la cause de cette culture, mais bien son expression la plus manifeste.

Le scandale a été à peine rapporté

Ce qui est presque aussi révélateur que cette politique elle-même, c’est le peu de couverture médiatique dont elle a fait l’objet. Si l’on découvrait qu’Israël rémunérait des civils ayant assassiné des Palestiniens, l’affaire ferait la une des journaux pendant des semaines. On assisterait à des débats d’urgence, à des condamnations et à d’innombrables commentaires sur l’impossibilité de la paix dans de telles conditions. Et à juste titre.

Mais lorsque l’Autorité palestinienne rémunère les assassins de Juifs, dissimule ces paiements, manque à ses engagements de réforme et promeut des terroristes condamnés, l’affaire est souvent étouffée ou tout simplement ignorée. Ce silence sélectif est important car il contribue à perpétuer des récits fallacieux sur les véritables obstacles à la paix. Trop d’analystes parlent sans cesse des causes profondes sans examiner l’une des plus évidentes : une culture politique où la violence antijuive est récompensée au lieu d’être condamnée.

Un rapport du Centre de Jérusalem pour la sécurité et les affaires étrangères détaille également le soutien apporté par des responsables palestiniens aux campagnes de pression internationale contre Israël, leur appui au mouvement BDS et leurs efforts pour saper la normalisation régionale par le biais des accords d’Abraham . Ce n’est pas là l’attitude d’une direction préparant son peuple à la coexistence. C’est l’attitude d’une direction toujours déterminée à vaincre l’État juif, mais par d’autres moyens.

La paix exige des compromis, de l’honnêteté et une préparation délibérée des sociétés à vivre ensemble. Or, là où l’antisémitisme persiste et où le meurtre de Juifs procure des avantages financiers, une reconnaissance publique et des opportunités d’accéder au pouvoir, cette préparation fait défaut. Tant que cela ne changera pas, tout le reste ne sera que mise en scène. L’obstacle fondamental n’est pas territorial. Il s’agit d’une culture qui légitime et encourage encore la violence contre les Juifs.

Fondateur du mouvement moderne de la fierté juive, Ben M. Freeman est l’auteur de nombreux ouvrages. Son œuvre, à la fois pédagogique, inspirante et émancipatrice, porte sur l’identité juive et l’antisémitisme, tant historique que contemporain. Spécialiste de la Shoah depuis plus de quinze ans, Ben s’est fait connaître lors de la crise antisémite du parti travailliste de Corbyn au Royaume-Uni et est rapidement devenu l’une des figures de proue de la pensée juive et de la lutte contre l’antisémitisme au sein de sa génération.

JForum.fr avec HonestReporting 

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