Liban : l’offensive du génie militaire israélien

Au sud du Liban, l’offensive méthodique du génie militaire israélien

L’armée israélienne poursuit ses opérations intensives contre les infrastructures du Hezbollah dans le sud du Liban. Au cœur de ce dispositif, les unités du génie de combat jouent un rôle central. Dans un témoignage rare, le commandant du bataillon 603, le lieutenant-colonel « R », décrit une campagne de démantèlement systématique, marquée par la découverte et la destruction d’un réseau dense d’installations militaires dissimulées, souvent au cœur de zones civiles.

Engagé depuis début mars dans cette zone, le bataillon affirme avoir identifié et neutralisé plus de 1 000 sites en l’espace de quelques semaines. Derrière ces chiffres, une réalité plus complexe apparaît : une grande partie des infrastructures visées était intégrée à des habitations ou cachée dans des zones boisées. Dépôts d’armes, roquettes, tunnels, postes d’observation ou engins explosifs improvisés formaient un maillage étendu, fruit d’années de préparation. « Nous pensions en trouver moins, mais les armes étaient innombrables », souligne le commandant, évoquant notamment la persistance de stocks importants, y compris dans les villages proches de la frontière.

Cette campagne s’inscrit dans la continuité des opérations menées précédemment à Gaza, où ces mêmes unités avaient acquis une expertise dans la destruction de tunnels et la neutralisation d’infrastructures souterraines. Mais le terrain libanais impose une adaptation rapide. Relief accidenté, sols instables et zones marécageuses compliquent la progression des blindés et de l’infanterie. Le génie de combat doit alors non seulement détruire, mais aussi ouvrir des axes, construire des routes et assurer la mobilité des forces. Drones, robots et équipements spécialisés sont largement utilisés pour sécuriser les zones et limiter les risques.

Un autre élément marquant réside dans l’absence initiale de combattants du Hezbollah lors des premières phases de l’opération. Une situation jugée surprenante par les unités engagées, qui s’attendaient à une confrontation directe. Cela n’a cependant pas freiné les opérations, menées de manière systématique pour identifier et éliminer chaque point d’appui potentiel. Selon les estimations du commandement, entre 25 % et 50 % du réseau d’armes et d’infrastructures du Hezbollah dans la zone aurait déjà été démantelé.

Pour autant, la mission est loin d’être achevée. Le commandant du bataillon souligne que plusieurs mois supplémentaires seraient nécessaires pour réduire significativement la menace. Cette perspective dépend toutefois d’un facteur déterminant : la légitimité internationale dont pourrait disposer Israël pour prolonger ses opérations. Dans un contexte régional tendu, cet aspect pourrait influencer directement la durée et l’ampleur de l’intervention.

Au-delà des enjeux militaires, ces opérations visent aussi un objectif stratégique plus large : sécuriser durablement le nord d’Israël. Les localités proches de la frontière, régulièrement exposées aux tirs ou aux infiltrations, restent au centre des préoccupations. En neutralisant les capacités du Hezbollah dans ces zones, l’armée cherche à réduire la pression sur les populations civiles et à empêcher une reconstitution rapide des positions ennemies.

Alors que certaines unités commencent à se retirer pour se reposer avant un redéploiement potentiel à Gaza, le rythme des opérations témoigne d’une volonté de maintenir une pression constante. Entre efficacité tactique et contraintes politiques, la campagne en cours illustre la complexité d’un conflit où chaque avancée militaire s’inscrit dans un équilibre fragile, à la fois local et régional.

Jforum.fr

La source de cet article se trouve sur ce site

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

PARTAGER:

spot_imgspot_img
spot_imgspot_img