Lettre de mise en demeure virulente à Roni Kuban : « Démissionnez de vos fonctions et présentez vos excuses aux étudiants de la Tora »

L’organisation « Emet LeYa’akov BeIsrael » exige de l’homme de médias Aharon (Roni) Kuban qu’il se retire de toute fonction publique et présente ses excuses suite à ses propos contre les orthodoxes (‘Harédim). La lettre précise que s’il ne répond pas à ces exigences, des poursuites judiciaires et des actions publiques seront engagées contre lui.

JDN – Yisrael Zeev Leventhal

L’organisation « Emet LeYa’akov BeIsrael » a envoyé une lettre de mise en demeure particulièrement virulente à l’homme de médias Aharon (Roni) Kuban, exigeant fermement sa démission immédiate de tout rôle public, « de toute émission de télévision, de radio ou de tribune financée directement ou indirectement par les fonds publics. Vous n’avez aucun droit moral ou légal de toucher un seul shekel de l’argent public pour inciter à nuire à ce même public ».

De plus, il lui est demandé de publier « une mise au point et des excuses publiques d’une force sans précédent, dans lesquelles vous vous excuserez personnellement et collectivement auprès des étudiants de la Tora et de la communauté orthodoxe pour avoir encouragé la violence et les avoir dépeints sous un jour monstrueux, déformé et provocateur ».

À l’origine de cette lettre se trouvent les propos tenus par Kuban lors d’une émission sur la radio publique Kan Reshet Bet, au cours de laquelle il a déclaré : « Amenez-nous un ‘Harédi pour qu’on le frappe [qu’on lui tape dessus] ensemble ». Selon l’organisation, cette déclaration dépasse largement les limites de la critique légitime et constitue un appel à la violence contre la communauté orthodoxe.

Dans ce document de trois pages, l’organisation critique de manière acerbe le service militaire de Kuban au sein de la radio de l’armée (Galei Tzahal), affirmant qu’il n’a aucune légitimité morale pour critiquer ceux qui étudient la Tora.

« Vous êtes la définition classique du ‘planqué rémunéré’ [insoumis payé]. Vous avez servi à Galei Tzahal en tant que correspondant culturel. Quel est le rapport entre vous et la sécurité d’Israël ? Quel est le rapport entre vous et une culture digne et juive ? Aucun. Pendant que des soldats de combat risquaient et risquent encore leur vie dans la boue, le feu et le danger quotidien sans contrepartie digne, vous avez profité du système militaire pour apprendre votre métier, vous construire un réseau et acquérir une profession prestigieuse — le tout sous couvert de service militaire, tout en recevant un salaire, des droits et des budgets de la part du contribuable jusqu’à ce jour », peut-on lire dans la lettre incendiaire de l’organisation.

Il est également affirmé : « L’utilisation de studios climatisés comme tremplin économique personnel est une forme d’esquive institutionnalisée sous les drapeaux et par le prélèvement mensuel des fonds publics. Votre condescendance envers les autres est une honte morale de premier ordre ».

Par ailleurs, l’organisation avance des arguments personnels et idéologiques contre Kuban : « Vos parents ont émigré de l’Union soviétique, un endroit où le régime communiste sombre faisait aux Juifs exactement, mais alors exactement, ce que l’on tente de faire ici aujourd’hui. Là-bas, on jetait les Juifs en prison et en exil en Sibérie uniquement parce qu’ils étudiaient la Tora d’Israël, possédaient une Bible ou respectaient le Chabbath. Là-bas, tout comme vous, on encourageait à frapper les Juifs.

Il est effrayant de voir que votre famille a immigré ici pour que le fils de ceux qui ont fui les persécutions antireligieuses recrée cette même méthode communiste malveillante. Vous représentez aujourd’hui la dépossession des droits des étudiants de la Tora, le souhait de les voir anéantis et emprisonnés, et leur transformation en ennemis de la nation pour les frapper sans raison. »

La lettre poursuit avec des termes très durs : « Vous avez adopté une culture obscure qui prône de frapper et de s’en prendre à un Juif simplement parce qu’il est différent de vous et qu’il s’attache à sa foi. Et ce, face à un public qui étudie et accomplit 9 années consécutives et intensives d’études de la Bible et de ses commentateurs — cette sainte étude qui a maintenu et préservé le peuple d’Israël en vie depuis environ 3 000 ans.

Ce n’est pas pour reproduire ces persécutions que vos parents ont immigré en Terre d’Israël. Vous avez atteint un niveau culturel si bas, qui sape les fondements mêmes de notre existence ici, que même dans la Russie d’aujourd’hui, il ne reste aucune trace de cette culture antireligieuse et destructrice que vous vous obstinez à représenter et à raviver sur la scène publique. »

Plus loin, la lettre soutient que Kuban propage « la haine, le racisme et une culture de la violence », et que ses propos blessent la communauté des étudiants de la Tora. L’organisation fait également un lien entre ses déclarations et des dynamiques publiques plus larges concernant le traitement des étudiants de Yechiva et du public orthodoxe.

En conclusion, l’organisation pose une série d’exigences, notamment la démission immédiate de Kuban de tout poste public ou organisme financé par l’État, la publication d’excuses publiques envers la communauté orthodoxe et les étudiants de la Tora, et la cessation de tout propos incitant à la violence. Il est précisé que si ces exigences ne sont pas satisfaites, l’organisation a l’intention de déposer des plaintes auprès des instances déontologiques et de saisir les autorités pour incitation à la violence et au racisme.

La lettre se termine par un message sans équivoque adressé à Roni Kuban : « Vous feriez bien d’intégrer les lois de l’Histoire : de nombreuses cultures, bien plus puissantes et destructrices que vous et vos amis, ont régné sur le monde et ont cherché à effacer les étudiants de la Tora », écrit l’organisation ‘Emet LeYa’akov BeIsrael’. « Les empires d’Égypte, de Babylone, de Grèce, de Rome, et oui — même l’empire de la Russie communiste — ont été effacés, ont disparu et sont devenus de la poussière de l’Histoire. La culture malveillante, haineuse et diviseuse que vous représentez est vouée à être effacée et à disparaître exactement de la même manière. Nous étions là, nous sommes là maintenant, et c’est nous qui resterons ici pour l’éternité — grâce à la sainte Tora que vous tentez de bafouer. »

La lettre est signée au nom de l’organisation « Emet LeYa’akov BeIsrael » et des « Représentants unis du public des étudiants de la Tora de l’État d’Israël ».

Des copies de cette lettre ont également été envoyées à la Société de radiodiffusion publique (Kan), à l’Unité de lutte contre le racisme du ministère de la Justice, au Conseil de la presse et des médias en Israël, ainsi qu’au Médiateur du public auprès du Bureau du Contrôleur de l’État.

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