L’épargne des Européens, le nouveau trésor que Bruxelles veut mobiliser

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Ursula von der Leyen s’intéresse de très près à l’épargne des Européens pour une raison simple : l’Europe possède énormément d’argent, mais une grande partie finance insuffisamment sa propre croissance. Jeudi à Paris, devant le Medef, la présidente de la Commission a résumé le problème par une formule volontairement provocatrice : quelque 10 000 milliards d’euros appartenant aux ménages européens restent placés sur des dépôts bancaires. Une épargne qu’elle a qualifiée de « paresseuse ».

Le paradoxe européen est spectaculaire. Les ménages épargnent davantage qu’aux États-Unis, mais privilégient le cash, les livrets et les dépôts plutôt que les actions ou les fonds. Selon la BCE, environ un tiers de leurs actifs financiers sont ainsi conservés en liquidités et dépôts, contre environ un dixième outre-Atlantique. Résultat : les Américains financent davantage leurs entreprises par les marchés et ont bénéficié beaucoup plus directement de l’envolée de Wall Street et des géants technologiques.

Pour Bruxelles, l’enjeu est devenu stratégique. L’Europe doit trouver 750 à 800 milliards d’euros d’investissements supplémentaires chaque année d’ici à 2030, selon les estimations reprises du rapport Draghi, pour financer innovation, numérique, énergie, industrie et désormais défense. Les budgets publics ne peuvent absorber seuls une telle somme.

D’où l’Union de l’épargne et des investissements voulue par la Commission. L’idée n’est pas de saisir l’argent des Européens, mais de les inciter à en placer une partie sur les marchés : comptes d’investissement simplifiés, avantages fiscaux, produits accessibles dès de petites sommes et marché financier européen davantage intégré. Le choix des investissements resterait entre les mains des épargnants.

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