Entre la dénatalité, une immigration galopante et une démographie atone, dont le moteur est justement la population immigrée, la France va changer de visage, à la grande satisfaction de la gauche, qui espère ainsi rester influente politiquement, jusqu’au jour où cette population immigrée la mettra au placard, si ce n’est au cimetière.
Cette gauche a besoin du déni pour ne pas perdre sa seule arme politique, tandis que la droite est prise dans le piège des réformes sociétales, qui ont contribué à la destruction de la famille et à l’effacement du rôle de la femme comme mère.
La France des années 2030, c’est aujourd’hui : il n’y a plus besoin d’attendre les années 2050.
Se projeter dans le monde de 2050 et après permet de tirer quelques précieuses leçons pour la France actuelle, et de contredire de grandes illusions, à gauche comme à droite.
Vertige. C’est le mot qu’on s’est répété en préparant ce dossier sur les projections démographiques pour les décennies à venir. Au même titre que le réchauffement climatique, le plongeon de la natalité et la dépopulation seront l’une des évolutions majeures du XXIe siècle. Là aussi, faire l’autruche sur le plan politique sera désastreux, d’autant que des pays pionniers, comme le Japon ou l’Italie, sont là pour nous éclairer sur les conséquences, moroses, d’un vieillissement accéléré.
Forte de son statut de championne européenne de la fécondité, France s’est longtemps cru immunisée. Mais notre indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) est de 1,53 enfant par femme, là où en 2010, il dépassait encore 2. L’année dernière, notre pays a connu un tournant en enregistrant plus de décès que de naissances, une première depuis 1945. Le nombre de naissances a encore reculé sur les six premiers mois de 2026. Comme le résume Maxime Sbaihi, directeur stratégique du Club Landoy et auteur du remarquable Les Balançoires vides (L’Observatoire), « la France est un pays de vieux qui se prend encore pour un pays de jeunes. Nous devons sortir de cette fiction. »
La manifestation la plus évidente du déni démographique, c’est de faire croire que nous pourrions préserver, sans trop d’efforts, le modèle social conçu à la Libération, à une époque où les 65 ans ou plus représentaient 10 % de la population française. Aujourd’hui, on en est à 22 %, et d’ici à 2070, ce sera 32 % selon l’Insee. Il est ainsi ubuesque d’entendre Jean-Luc Mélenchon assurer qu’il rétablira l’âge de départ à la retraite à 60 ans, Marine Le Pen entretenir le flou entre 60 ou 62 ans ou le Parti socialiste toujours défendre le totem des 62 ans.
Selon les prévisions d’Eurostat, l’Union européenne compte 3 actifs pour chaque habitant de 65 ans ou plus. En 2100, elle risque de n’en avoir plus qu’1,5. Le problème est global, mais nos voisins allemands sont sortis du déni. Suite aux recommandations d’une commission d’experts indépendants, le gouvernement Merz a lancé l’amorce d’une ambitieuse réforme de son système de retraites qui, outre un report de l’âge de départ à 67 ans, prévoit une indexation sur l’espérance de vie après 2031.

Le pire n’est jamais certain
A gauche, un autre symptôme récurent du déni est de considérer que la fermeture des écoles ou la réduction du nombre d’enseignants serait le simple fruit des « politiques d’austérité », alors qu’elles sont la première conséquence de la baisse des naissances. D’ici 2035, selon le scénario de référence de la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) du ministère de l’Éducation nationale, il y aura 1,7 million d’élèves de moins dans le primaire et secondaire.
Mais la droite française n’est pas épargnée par le donquichottisme démographique. Pour l’instant, personne n’a trouvé de remède à la chute des naissances. De la Hongrie, longtemps sous la coupe de Viktor Orban, à la Chine de Xi Jinping, les politiques natalistes d’inspiration conservatrices se montrent inefficaces. On souhaite ainsi bonne chance à Bruno Retailleau, qui promet de sortir la France de « l’hiver démographique » grâce à un revenu familial de près de 1 000 euros par mois pour le troisième enfant. Édouard Philippe s’est lui montré plus lucide en rappelant qu’ »on ne fait pas des enfants pour l’État, ce sont des décisions intimes ».
Autre constat non partisan : les pays riches, à l’exception d’Israël, sont tous largement passés sous le seuil de renouvellement des générations (2,1 enfants par femme), et alors que le modèle de deux enfants ou moins est devenu la norme, il serait illusoire d’espérer redépasser cette barre. L’immigration est la seule variable qui permette aux États de ne pas décliner, comme c’est déjà le cas du Japon et de la Chine. Mais elle n’a rien d’une solution miracle. Selon le scénario central de l’Insee, même le solde migratoire ne permettra plus à la France de compenser son déficit naturel ce qui devrait entraîner une diminution de notre population à partir de 2037.
Si la situation est inédite, le pire n’est jamais certain. En 1968, le biologiste Paul Ehrlich, dans La Bombe P, prédisait que l’explosion de la population mondiale conduirait à des famines gigantesques. Toujours vénéré par la mouvance décroissante, ce prophète néomalthusien plaidait alors pour des stérilisations forcées. En dépit du passage de l’humanité de 3,7 à plus de 8 milliards d’individus, nous avons assisté à une réduction spectaculaire de l’extrême pauvreté et de la malnutrition. Aujourd’hui, face au spectre inverse de la dépopulation, prenons donc garde à ne pas succomber aux discours radicaux comme aux solutions simplistes.
Thomas Mahler – L’EXPRESS
La rédaction de JForum, retirera d’office tout commentaire antisémite, raciste, diffamatoire ou injurieux, ou qui contrevient à la morale juive.
La source de cet article se trouve sur ce site

