«D’ n’est pas un mortel, pour mentir, ni un fils d’Adam, pour qu’Il Se ravise » (Bamidbar 23,19).
On constate très souvent dans la vie qu’on ne peut se fier aux promesses des êtres humains, même celles de chefs d’État ou d’hommes politiques influents, ou encore de puissants hommes aisés, qui souvent, manquent à leur promesse, par manque de volonté ou par incapacité.
Nous devons mettre à profit ces situations pour renforcer la vertu du Bita’hon, la confiance en D’, comme l’explique le rav et auteur du Tiféret Chelomo de Radomsk zatsal, au sujet du roi David qui dit (Tehilim 118,8) : « Mieux vaut s’abriter en l’Éternel que de mettre sa confiance dans les hommes » : il est louable de consolider sa confiance en Hachem en analysant les faits lorsqu’on fait confiance à un homme.
Nous devons donc veiller à nous rappeler que, même si on fait parfois sa part d’efforts obligatoire auprès de chefs d’État ou de personnages influents, l’essentiel de nos efforts doit se concentrer sur la prière adressée au Maître du monde. Il est le Seul à être omnipotent et à tenir toutes Ses promesses. Le roi David l’a affirmé (Tehilim 146,3) : « Ne placez pas votre confiance dans les grands, dans le fils d’Adam, impuissant à secourir. »
On remarque cette attitude chez de nombreux hommes riches. Lorsqu’on l’aborde à la synagogue à la prière du matin pour lui demander de contribuer à une cause de Mitsva urgente, il répond avec enthousiasme que cette cause est valable et digne. Il affirme vouloir aussi y participer, mais regrette de n’avoir pas d’argent liquide sur lui. Il demande alors à son interlocuteur de se rendre dans son bureau plus tard pour récupérer des fonds. Lorsque la personne arrive quelques heures plus tard dans son bureau, l’homme trouve des excuses pour s’esquiver, affirmant qu’il n’a pas la possibilité de contribuer à cette cause, car il se trouve dans une situation difficile, etc.
Comment ce changement radical est-il survenu ? À la synagogue, il semblait enthousiaste pour cette Mitsva, mais quelques heures plus tard, dans son bureau, il ne voulait plus en entendre parler.
La réponse, c’est que chaque homme est constitué de deux parties : une part spirituelle et une seconde, matérielle. Lorsqu’il se trouve à la synagogue, le côté spirituel l’emporte, et de ce fait, lorsqu’on vient lui parler d’une Mitsva, il s’enflamme et désire donner de la Tsedaka. En revanche, lorsqu’on vient le voir dans son bureau, c’est son aspect matériel qui domine, alors qu’il est occupé à gagner de l’argent, et il est alors difficile d’obtenir de sa part des fonds destinés à une Mitsva.
C’est de cette façon que les ouvrages sacrés interprètent ces versets des Tehilim : « Ne placez pas votre confiance dans les grands, dans le fils d’Adam, impuissant à secourir » : ne vous fiez pas à un homme riche qui vous a promis un don à la synagogue, car ce n’est pas lui qui pourra vous secourir. Pourquoi ? Car «Que son souffle se retire de lui, il rentre dans sa poussière » : dès qu’il quitte la synagogue, son aspect spirituel le quitte et il revêt son aspect matériel. Si vous vous demandez comment son avis change en quelques heures, à ce sujet, il est dit : « Le jour même, ses projets sont anéantis » : le jour même, il oublie sa promesse de la synagogue donnée quelques heures plus tôt, en raison de son intérêt présent pour le matériel.
Nous retrouvons ce phénomène également chez les hommes d’État et dirigeants : il leur arrive parfois de donner des arguments pour défendre une certaine logique d’action, et ils comprennent qu’il convient d’agir de la sorte, mais lorsque, par la suite, ils ont un intérêt à adopter une conduite différente pour obtenir un avantage ou un honneur, ils changent d’avis et oublient toutes les promesses.
De plus, on remarque souvent qu’ils changent d’avis, sans obtenir de bienfaits pour eux, car s’il a été décidé du Ciel que le peuple juif devait être visé par un mauvais décret, même si le roi est un homme bon, Hachem transforme son cœur en un cœur mauvais, comme l’affirme le roi Chelomo, que la paix soit sur lui (Michlé 21,1) : «Le cœur du roi est comme un ruisseau dans la main de l’Éternel ; Il le dirige partout où Il veut. »
D’où l’interprétation du verset dans Tehilim (119,161) : « Des grands me persécutent gratuitement » : lorsque des hommes influents nous persécutent sans raison, c’est la preuve que leur cœur est dépendant des décrets du Créateur. De ce fait, nous déduisons que « et mon cœur tremble devant Ta parole » : seules les paroles de Hachem sont à craindre.
Nos ancêtres en Égypte ont vécu cette idée. Au début, les Juifs étaient des dirigeants et des hommes influents, sous la direction vertueuse de Yossef Hatsadik, vice-roi, mais, par la suite, lorsque le décret d’exil leur fut imposé, Hachem transforma le cœur de Pharaon et de ses ministres, comme il est dit (Tehilim 105,25) : « Leur cœur changea jusqu’à prendre son peuple en haine », et c’est uniquement après s’être adressé à Hachem en prières que Hachem orchestra les choses de sorte à faire accepter à Pharaon de les libérer.
Même après que Pharaon ait accepté de les laisser partir, le Saint béni soit-Il fit en sorte qu’il revienne sur sa promesse plusieurs fois. Même lorsqu’il les renvoya d’Égypte, Hachem arrangea les événements de sorte qu’il regrette et se lance à leur poursuite jusqu’à la mer des Joncs.
Tous ces événements étaient destinés à prouver aux Juifs qu’ils ne devaient pas se fier aux promesses des hommes, et se renforcent dans l’idée de ne s’appuyer que sur Hachem au ciel, qui est le Seul à tenir toutes les promesses faites à nos ancêtres en Égypte et dans le désert. Par la vertu de cette confiance, ils sont partis et ont combattu tous les rois des nations et ont mérité d’hériter la terre promise.
C’est l’idée que nous retrouvons dans notre Paracha : Balak envoya Bilam pour déterminer le secret de la force des Bené Israël. À ce sujet, Bilam lui dit au début que l’essentiel est de retenir que : «D’ n’est pas un mortel, pour mentir, ni un fils d’Adam, pour qu’Il se ravise» : seul Hachem ne ment pas et ne regrette pas Ses promesses. Ainsi, on ne déploie pas d’efforts exagérés pour obtenir des promesses auprès des hommes qui mentent et regrettent, en faisant des accords de paix, par exemple. On se contente d’adresser une prière à Hachem et on se repose sur Lui pour tenir Ses promesses de prodiguer des bienfaits à ceux qui suivent Ses lois et s’adressent à Lui.
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