L’axe iranien tente de se reconstituer

L’axe iranien teste une nouvelle équation dangereuse.

L’intervention immédiate des Houthis lors des récents échanges de tirs révèle une réalité intolérable. À Téhéran, ils se sont mobilisés sans relâche pour sauver le Hezbollah. Au lieu de réactions symboliques, il serait préférable de se concentrer sur l’objectif principal: éliminer les dirigeants de cette organisation terroriste et œuvrer à un accord efficace avec le gouvernement libanais.

par Shachar Kleiman 

Deux missiles tirés lundi par les Houthis ont mis en lumière une dangereuse équation instaurée par l’axe iranien.
Désormais, une frappe à Dahiyeh, dans la banlieue de Beyrouth, entraînera non seulement une riposte de Téhéran, mais ses alliés supplétifs se joindront immédiatement à la campagne.

Lors de l’opération Lion rugissant, il a fallu un mois entier à l’organisation terroriste yéménite pour intervenir.
Cette stratégie a été réservée pour une phase plus avancée du conflit, durant laquelle les Houthis ont majoritairement adopté une position neutre.
Cette fois-ci, ils ont également décrété un blocus naval contre les navires israéliens en mer Rouge.
À l’heure actuelle, ils n’ont pas annoncé la levée des restrictions suite au cessez-le-feu instauré.

Un porte-parole houthi a déclaré que l’axe iranien avait décidé de modifier l’équilibre régional et de faire étalage d’une « unité des fronts ».
C’est également ce qui justifiait le tir de missiles sur le nord d’Israël en représailles à la frappe contre le quartier général du Hezbollah à Dahiyeh.
Ce même porte-parole houthi a également inclus le Hamas dans l’axe, alors même que le front de Gaza était dissocié depuis longtemps des alliances du Hezbollah.
Il semble que ce soit là le souhait de l’axe iranien: reconstituer le réseau d’organisations terroristes qui encerclait Israël à la veille du 7 octobre.

On peut dire que le régime iranien a tout misé sur ce conflit. Si le président américain Donald Trump avait décidé de faire capoter définitivement les négociations via le Pakistan et de reprendre une guerre à grande échelle, plusieurs hauts responsables du pouvoir iranien auraient été tués.
Cependant, il semble que les généraux du Corps des gardiens de la révolution islamique, qui ont fait de Mojtaba Khamenei le guide suprême, soient profondément inquiets à l’idée qu’Israël puisse remporter une nouvelle victoire sur le front libanais. Plusieurs événements se profilent à l’horizon et doivent être bloqués au plus vite.

Premièrement, les dirigeants libanais sont sur le point de conclure un nouvel accord avec Israël, qui inclurait un nouveau plan de désarmement du Hezbollah. Deuxièmement, Israël a prouvé ces deux dernières années sa capacité à surprendre et à déstabiliser cette organisation terroriste.
Troisièmement, la situation du Hezbollah est loin d’être aussi favorable qu’il le laisse entendre par sa propagande.
Des centaines de ses terroristes ont été tués ces dernières semaines, ses hauts responsables sont traqués et l’organisation perd chaque jour davantage d’infrastructures. C’est pourquoi Téhéran est prêt à prendre un risque considérable pour le sauver de justesse.

Un cessez-le-feu sur le front libanais, ou du moins une limitation des frappes, servirait plusieurs objectifs de l’axe iranien. Premièrement, le Hezbollah attribuerait à Téhéran le mérite d’avoir rétabli le calme et présenterait les pourparlers israélo-libanais à Washington comme un échec.
De plus, cette pause lui permettrait de poursuivre ses efforts pour saboter les négociations.
Les menaces proférées au Liban contre le président Joseph Aoun et Nawaf Salam, qui s’efforcent de parvenir à un accord, se multiplient de jour en jour. Enfin, profitant du calme relatif, le Hezbollah pourrait reprendre le renforcement de ses capacités.

Pour contrecarrer le plan iranien, Israël devra poursuivre le démantèlement du réseau d’organisations terroristes. Parallèlement à la conclusion d’un accord avec Beyrouth incluant un plan de désarmement efficace et une aide américaine à l’armée libanaise – même si cette dernière représente un moindre mal compte tenu de ses capacités limitées –, Israël doit frapper les dirigeants politiques du Hezbollah, notamment le secrétaire général Naïm Qassem et ses alliés parlementaires. Il n’y a aucune raison de s’engager dans un jeu de dupes et de mener de nouvelles frappes symboliques à Dahiyeh.

Comme en 2024, Israël doit rompre avec l’équation et s’efforcer de créer une nouvelle réalité dans le nord du pays.

JForum.fr avec ILH

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