Article du rav Yits’hak Roth, Yated Nééman, 13 juillet
Comme chacun s’en souvient, un lapsus d’un avocat a révélé aux yeux de tous la pure vérité. Lors d’une audience à la Haute Cour de justice concernant des pétitions demandant d’ordonner à l’État de cesser le financement des Yechivoth où étudient des jeunes qui ne s’enrôlent pas, et d’imposer des sanctions supplémentaires, on a vu l’avocat Gilad Barnea, représentant le mouvement « Imma ‘éra » (Maman est éveillée), se tourner vers un autre avocat lié aux organisations plaignantes et lui demander son avis sur les arguments qu’il avait présentés aux juges. « Qu’est-ce que tu dis de ce que je leur ai présenté, ça va en finir avec ça », a dit Barnea. Le second avocat lui a répondu directement : « Nous allons démanteler le monde de la Tora ». Cette déclaration a été faite alors que les deux hommes étaient assis à la table des avocats dans la salle d’audience, sans se rendre compte que les microphones de la salle étaient encore allumés et enregistraient leur échange.
Lorsqu’une guerre est menée contre le public orthodoxe (‘harédi), il est nécessaire de connaître ses objectifs pour savoir comment se défendre. C’est de la naïveté ou de la folie de penser qu’il s’agit ici d’un objectif ponctuel visant à recruter les étudiants de la Tora pour agrandir le vivier de combattants dans l’armée. Cet argument n’est qu’un écran de fumée pour masquer des objectifs plus profonds et plus vastes que le simple apport de quelques milliers de soldats supplémentaires à l’armée. L’utilisation de ces arguments est destinée à des fins de propagande, afin d’entraîner derrière elle un public aussi large que possible, y compris ceux qui portent la kippa tricotée (les sionistes religieux), les « idiots utiles » du camp de gauche. L’expression est attribuée à l’origine au leader de la révolution bolchevique, Vladimir Lénine, qui qualifiait ainsi les libéraux occidentaux qui soutenaient l’Union soviétique et défendaient ses crimes, alors même que le régime soviétique les méprisait et les exploitait pour sa propagande. Depuis lors, elle est utilisée pour décrire des personnes qui soutiennent aveuglément diverses causes sans comprendre qu’elles sont utilisées comme des instruments par ces mêmes forces qui ont des objectifs totalement différents. De la même manière, le public national-religieux qui combat le monde de la Tora ne comprend pas que la guerre est menée contre le judaïsme dans son ensemble, y compris le judaïsme que ce public représente lui-même.
Une campagne multidimensionnelle est menée dans le pays contre le public orthodoxe, visant non seulement à démanteler le monde de la Tora, mais à travers lui, l’ensemble de la communauté orthodoxe en Israël, et à partir de là, à dépouiller l’État d’Israël des vestiges de son judaïsme. Le journaliste Y. Meïr a révélé des propos tenus par une femme nommée Inbar Haroush-Giti qui, même si la majorité du public n’a jamais entendu son nom jusqu’à aujourd’hui, s’apprête à devenir un membre de premier plan du parti « Yashar ! » (Droit !) dirigé par Gadi Eizenkot. Cette dame peu respectable est une actrice centrale des projets de conscription et d’intégration des orthodoxes. Lors d’un panel auquel elle participait, elle a présenté sa longue expérience dans ce domaine. C’est elle qui a mis en place des projets tels que « Kodkod », les institutions de type Hesder « orthodoxes », « Ma’alot Tzur » (un programme de service et de formation professionnelle dédié aux membres de la communauté orthodoxe au sein de Tsahal), et d’autres encore, affirmant que les orthodoxes arrivés à l’armée y sont grâce aux projets qu’elle a fondés.
Au début de son intervention, sans qu’on lui pose la question, elle a mis en garde contre les initiatives qui pourraient maintenir Netanyahou au poste de Premier ministre, ce qui, selon elle, est « très, très dangereux pour l’État d’Israël ». Et dans la foulée, elle a enchaîné sur un autre sujet dangereux pour l’État d’Israël – selon ses dires, bien sûr : la société orthodoxe. Inbar-Giti a parlé de la méthode : « Écoutez, pour recruter des orthodoxes – et c’est celle qui a été directrice générale d’‘A’harai’ (Suivez-moi), celle qui a construit ‘Kodkod’, celle qui a fondé les ‘Yechivath Hesder orthodoxes’, celle qui a fait ‘Ma’alot Tzur’ qui vous le dit –, croyez-moi, les orthodoxes qui sont actuellement dans le personnel de Tsahal s’y trouvent à la suite d’un projet que j’ai mis sur pied. Pour faire cela, il n’y a pas le choix. Il faut démanteler l’autonomie orthodoxe. Ce n’est pas seulement du recrutement. C’est démanteler l’autonomie orthodoxe. Les observateurs attentifs qui liront tous les textes que nous avons écrits, tant sur l’éducation que sur l’économie et le service, y verront exactement cela. »
Elle a ajouté par la suite : « Nous nous attaquons à tous les aspects de la vie orthodoxe, et nous ne permettons pas à l’autonomie orthodoxe d’exister, car elle affaiblit l’État d’Israël et le rend moins sûr et moins viable économiquement. » Plus tard au cours du panel, lorsqu’on lui a demandé avec quels rabbins elle dialoguait, Haroush-Giti a répondu qu’au fil des ans, elle avait travaillé avec de hauts rabbins du secteur orthodoxe, mais a ajouté : « La dernière chose à faire est de parler aux rabbins qui se trouvent au sommet de la pyramide de l’autonomie orthodoxe – il faut court-circuiter les intermédiaires. »
Ainsi, pour quiconque avait encore un doute, tel est l’objectif unique et absolu : « démanteler l’autonomie orthodoxe », couper le lien de la jeune génération avec les grands de la Tora, et « sauver » l’État d’Israël du « danger orthodoxe ». Il ne s’agit pas de solutions éducatives ni de sujets ciblés, mais du démantèlement de l’identité orthodoxe. Une tentative de changer l’identité ‘harédi. Cette femme dit ouvertement qu’elle souhaite contourner les rabbins et intervenir dans tous les domaines de la vie orthodoxe. Il ne s’agit pas ici d’une question d’enrôlement ou de solutions pour ceux qui n’étudient pas, mais d’un plan global destiné à détruire de l’intérieur le public orthodoxe.
Tous ceux qui se tournent vers ces organismes qu’elle a contribué à créer collaborent, directement ou indirectement, à l’objectif que toutes ces structures se sont fixé : démanteler non seulement le monde de la Tora, mais, que D’ nous en préserve, l’ensemble du public orthodoxe. Cela commence par l’armée, se poursuit dans le milieu universitaire – sur les ravages et la destruction que ce dernier apporte à quiconque franchit ses portes, il conviendrait de consacrer un autre article –, par le biais de collaborateurs achetés ou naïfs, qui agissent pour couper le public orthodoxe de ses dirigeants et de ses guides spirituels, que D’ nous protège.
La propagande menée contre les partis orthodoxes, contre les représentants orthodoxes, accompagnée d’appels à désobéir aux grands de la Tora, fait partie de ce même projet visant à tout déraciner. Il est fort probable – même s’il n’y en a pas de preuves – que quelqu’un finance tout ce projet. Quelqu’un qui veut démanteler le judaïsme, détruire le public orthodoxe et, à travers cela – comme l’a révélé cette porte-parole –, provoquer l’éviction de la droite du pouvoir et porter la gauche aux responsabilités. C’est une campagne globale, draconienne, dotée de tentacules déployés dans toutes les directions, et quiconque ne le comprend pas ferait bien d’écouter les révélations qui sortent de temps à autre de la bouche des porte-paroles qui mènent cette bataille. Ce sont des jours d’épreuves difficiles, et il est impératif de connaître ces ennemis dangereux qui veulent extirper l’âme de la nation juive, à l’instar des pires ennemis du judaïsme à travers toutes les générations.
Yitzhak Roth
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